25 novembre 2006
Dès le début du processus de délocalisation du CNDP, la FSU du SCÉRÉN a interrompu la parution de sa Lettre, souhaitant mettre toutes ses forces au service de l’intersyndicale : le dernier numéro publié date du 3 janvier 2003.
Près de quatre années ont passé - et pourtant il est troublant de constater à quel point les Lettres nos 16 et 17 sont « raccord », comme disent nos collègues audiovisualistes. Relisons en effet la prise de position très ferme du SNES national (le syndicat de la FSU pour les enseignants du second degré) contre le transfert du CNDP à Chasseneuil-du-Poitou, prise de position sur laquelle s’ouvrait début 2003 la Lettre n° 16 : « Alors qu’actuellement les CRDP sont bien des établissements publics nationaux, cette délocalisation fait courir aux CRDP et aux CDDP le risque, à brève échéance, d’être gérés directement par les collectivités locales en tant que prestataires de services. Comment, en outre, ne pas voir se profiler la perspective d’une fusion CNDP/CNED, une fois arrivé dans la banlieue de Poitiers un CNDP exsangue, privé de la grande majorité de ses personnels et notamment de son encadrement ? [...] Le SNES s’oppose donc résolument à la délocalisation du CNDP, première étape du démantèlement du réseau SCÉRÉN et d’un affaiblissement des services publics. »
Raffarin parti enfiler des charentaises au Sénat, attendant son heure pour endosser le costume de président de la Haute Assemblée, la décentralisation n’est plus un objectif prioritaire du gouvernement de Villepin : l’attaque est menée directement contre les services de l’État, sans cesse appauvris, décimés ou privatisés. Remplaçons « collectivités locales » par « rectorats » dans le texte du SNES - et nous voilà en pleine actualité, avec l’expérience lancée en septembre 2006 dans « l’académie du numérique » d’Amiens, où le CRDP se voit intimer l’ordre de déménager pour être regroupé avec les services du rectorat et de l’inspection académique « sur une plate-forme unique et moderne » et former « un service déconcentré d’un nouveau genre, à la fois échelon régional et départemental de l’éducation nationale », le tout constituant « une administration rationalisée et performante ». En outre, depuis la visite du ministre à Chasseneuil le 14 septembre et son discours officiel au CNED, une épée de Damoclès pèse désormais sur le CNDP : l’annonce éventuelle d’une fusion entre le CNDP et le CNED - au profit de ce dernier. De fait, le schéma est limpide : si les CRDP perdent leur statut d’établissements publics nationaux et se diluent dans les services académiques, à quoi bon un CNDP chargé de les coordonner ? Oui, c’est bien le réseau SCÉRÉN tout entier qui est désormais menacé, comme nous l’avions pressenti il y a quatre ans. Après l’attaque initiale contre le CNDP, la menace est directe, générale et frontale - l’asphyxie financière de nos centres ayant été soigneusement programmée dans le cadre de la LOLF, pour prouver que notre réseau ne serait plus viable.
C’est pour contribuer, par notre travail d’information et de réflexion auprès des collègues, à la défense et à la relance du réseau que nous avons décidé de reprendre la publication de cette Lettre d’information de la FSU du SCÉRÉN, au fur et à mesure des échéances à venir.