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Apprentissage : la vérité des prix (2006)

« Alors qu’il y a chaque année 150 000 jeunes
sans diplôme ni qualification (1), lorsque
j’évoquais l’apprentissage on me répondait
que ce n’était pas notre culture ». Ainsi de Gilles
de Robien à Édith Cresson, l’apprentissage est
encore présenté comme l’outil à développer pour
lutter contre les sorties sans qualification. La réalité
est certainement plus nuancée.Le SNES a mis
en garde les parents contre « le miroir aux
alouettes » que présente l’apprentissage (voir communiqué
de presse sur le site du SNES).
Car l’apprentissage génère lui aussi des sorties
sans qualifications (voir encadré).

Si, pour les formations dans ses secteurs traditionnels,
l’apprentissage est pour le collégien un
moyen, voire le seul moyen, pour acquérir un
niveau de qualification, cela ne peut être profitable
qu’aux jeunes ayant un vrai projet de formation,
conscients des difficultés et des particularités
de ce statut de salarié en formation initiale.
En développant une campagne promotionnelle sur l’apprentissage,le gouvernement et les Régions risquent
de mettre en difficultés nombre de jeunes
qui n’ont pas appréhendé l’ensemble des questions
relatives à ce mode de formation. Plutôt que de publicité, c’est donc d’information dont ils ont
besoin.

Thierry Reygades thierry.reygades@snes.edu

(1) Édith Cresson,France 2,12-6-2006,Madame le Premier
ministre confond encore tout : 150 000 jeunes sortent
chaque année du système éducatif sans diplôme (hors
BEPC) dont 60 000 sans qualifications, c’est-à-dire qui
n’ont pas terminé leur parcours de formation.

Soit 360 000 jeunes en contrat d’apprentissage dont 250 000 en formation de niveau V (CAP, BEP) d’une durée de deux ans. Sachant qu’environ 25 % des contrats sont rompus en cours de formation et principalement lors des deux premiers mois. Questions : Combien de jeunes sortent sans qualifications des formations par apprentissage  ? Réponse : 250 000 × 25 % ≈ 30 000 jeunes .... 2 Conclusion : environ la moitié des jeunes sans qualification sont issus de l’apprentissage. Gilles de Robien et Dominique de Villepin qui s’essaient à l’épreuve de philo du bac devraient également tester leurs connaissances en arithmétique.

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