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Action du 16 juin 2010 devant l’Assemblée nationale Le SNES, le SNEP et le SNUEP reçus par les groupes parlementaires

Des non-titulaires de Poitiers, Besançon, Reims, Grenoble, Montpellier, Aix-Marseille, Créteil, Versailles, Paris, Nice, Toulouse, Rouen, Dijon, Bordeaux etc. ont fait le déplacement à Paris ce 16 juin 2010 pour interpeller les parlementaires sur les engagements de Nicolas Sarkozy sur la titularisation.
Il s’agissait également de revenir sur le projet de loi annoncé dans un premier temps à l’automne puis repoussé finalement au printemps 2011 et sur lequel les députés auront à plancher. Le SNES-FSU, le SNUEP-FSU et le SNEP-FSU ont été reçus par les groupes parlementaires UMP, puis la gauche démocrate et républicaine et enfin par le groupe parlementaire parti socialiste (PS).
De 11h à 14h, les collègues venus de toutes les académies ont pris la parole pour dénoncer la situation dans leur académie et le maintien dans la précarité. Des députés comme Gilbert Mathon député PS de la Somme,
Jacqueline Fraysse, députée gauche démocrate et républicaine, Jean-Marc Ayrault, Président du groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche à l’Assemblée nationale et Yves Durand, Membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation sont venus à la rencontre des collègues non-titulaires pour échanger sur leur condition. Des non-titulaires arboraient des panneaux "je suis non-titulaire depuis 10 ans et toujours pas titularisé !", "je suis non-titulaire depuis 5 ans ; l’Etat doit me titulariser !", "Flexible à gogo, corvéable à merci, rentable et ... jetable." Deux grandes banderoles FSU traversaient la place :

" Maitres auxiliaires, contractuels, vacataires
Ni précaires, ni chômeurs, titulaires ! "

ou " Contre la précarité, pour des emplois stables et pérennes
Un plan de titularisation ".

Pendant que les collègues faisaient l’animation sur la place, une délégation FSU composée de Vincent Lombard, responsable des non-titulaires pour le SNES et non-titulaire, Anne Galmiche, responsable des non-titulaires pour le SNEP et Nicolas Duveau, co-secrétaire général du SNUEP, accompagnés de collègues non-titulaires de Nice, Grenoble, Poitiers était reçue par les groupes parlementaires. Pour l’UMP, Jean-François Copé ne nous a pas reçus personnellement mais ce fut Jacques Grosperrin, député UMP et membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation. Il a indiqué que "le gouvernement était très sensible à la question des non-titulaires et que ce n’était pas un problème de gauche ou de droite". Il allait rencontrer d’ailleurs le premier ministre après notre audience et nous a assuré qu’il aborderait avec lui la question. Quant à Marie-Hélène Amiable, secrétaire de la commission des affaires culturelles et de l’éducation pour la gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, elle est revenue sur les interventions du PC de la loi de la finance "face, a-t-elle affirmé, à un gouvernement qui veut casser la Fonction publique et plus précisément l’éducation nationale". Elle a évoqué " le refus du ministère d’afficher les effectifs, de livrer un bilan pour ne pas inquiéter les parents d’élèves" et a craint que " ce que Sarkozy a annoncé, ce soit du vent avec seulement une poignée de personnes titularisées." Enfin, Jean-Marc Ayrault et Yves Durand allaient interroger le gouvernement sur la situation des non-titulaires dans le cadre de l’examen du rapport Picq sur "L’éducation nationale face à l’objectif de la réussite de tous les élèves". Ils nous ont affirmé également : " Si le parti socialiste revenait aux responsabilités, nous engagerions la titularisation des non-titulaires et un plan pluriannuel de recrutement. "
La délégation a à chaque audience alerté sur la dégradation de la situation des non-titulaires depuis plusieurs années, rappelé les engagements de Nicolas sarkozy, dénoncé le maintien dans la précarité pour des milliers de collègues en raison de la réduction drastique du nombre de postes aux concours et de l’absence de mesures de titularisation pour l’instant. les collègues présents à ces audiences ont évoqué leur situation , représentative de ce que vivent les collègues au quotidien : absence d’évolution d ela rémunération, déclassement en vacataire ; CDD à répétition, CDI qui n’apporte pas grand chose...

Ci-dessous le communiqué de presse de l’AEF :

AEF : Journée d’action des non-titulaires de l’Éducation nationale :
la FSU reçue par des députés

« Nous nous rassemblons aujourd’hui pour dénoncer la situation des
non-titulaires qui ne cesse de s’aggraver depuis 2003 et revendiquer
leur titularisation par le ministère de l’Éducation nationale. On est
arrivé à un stade où l’on détourne même l’usage des vacataires. On ne
fait plus appel à eux pour des besoins ponctuels mais bien pour des
besoins permanents », indique à AEF Vincent Lombard, secrétaire de la
catégorie « non-titulaires » du Snes-FSU.

Des personnels non-titulaires
du Snes-FSU, du Snep-FSU et du Snuep-FSU « de toutes les académies »
sont réunis mercredi 16 juin 2010, à proximité de l’Assemblée nationale,
à Paris. Une délégation doit être reçue par les groupes parlementaires
PS, Front de gauche et par Jacques Grosperrin, député (UMP, Doubs) et
membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de
l’Assemblée nationale.

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, s’était dit « tout à
fait prêt à envisager la titularisation progressive des contractuels »
de l’Éducation nationale, le 25 janvier 2010 (AEF n°126325
<http://www.aef.info/public/fr/abonn...> ).

La DGRH envisagerait une titularisation, non massive, basée sur la
reconnaissance des acquis professionnels (Raep) en aménageant des
épreuves aux concours existants (AEF n°132576
<http://www.aef.info/public/fr/abonn...> ).

« Il y a un besoin de remplacement difficilement couvert dans les
académies et pourtant on supprime encore des postes de titulaires »,
signale à AEF Catherine Mezaad, responsable des non-titulaires et
assistants d’éducation du Snes à Rouen (Seine-Maritime). « On a
l’impression que le gouvernement nie les besoins sur le terrain mais
analyse uniquement les budgets. Résultat : les rectorats sont au pied du
mur et se débrouillent comme ils peuvent avec les contrats précaires »,
ajoute-t-elle. « On assiste à des situations hallucinantes : un poste à
Grenoble par exemple divisé en trois emplois de vacataires »,
surenchérit Anne Galmiche, secrétaire nationale du Snep-FSU.

« CARRIÈRE DE NON-TITULAIRE À VIE »

« Le CDI n’est pas non plus une situation satisfaisante. Ils sont
baladés dans toute l’académie et le salaire est moins important »,
poursuit Vincent Lombard. « J’ai l’impression d’être coincé dans une
carrière de non-titulaire à vie », confirme à AEF Alain Cugnenc,
professeur d’arts plastiques depuis dix dans l’académie de Montpellier,
en CDI depuis quatre ans. « La différence de salaire est trop
importante, on ne prend pas en compte mes diplômes [un master], je n’ai
pas le droit à la mutation », poursuit-il. « Mes collègues ont
l’impression d’avoir une épée de Damoclès sur la tête : s’ils refusent
un poste même très éloigné de leur domicile, ils peuvent être rayés de
la liste des contractuels par le rectorat. »

« Le plus dur c’est de ne pas savoir d’une année à l’autre si l’on va
s’en sortir financièrement », confie à AEF Séverine, professeur
d’espagnol et vacataire depuis six ans dans l’académie de Grenoble. « Je
n’ai pas de couverture sociale et je n’ai eu au total que trois jours de
formation », ajoute-t-elle. « J’ai fais mes premiers jours de classe en
me basant sur mes propres souvenirs d’école. J’étais complètement
larguée. »

« On veut un plan de titularisation qui n’écarte personne et prenne en
compte la diversité des situations : vacataires, CDI... C’est pourquoi on
demande également une titularisation par liste d’aptitudes pour prendre
en compte l’ancienneté et les qualifications acquises », explique
Vincent Lombard. « On souhaite également une décharge pour que les
non-titulaires puissent préparer les concours, ce qui est impossible
quand on est, comme beaucoup de contractuels, sur deux ou trois
établissements en même temps », ajoute-t-il.

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