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Affectation en ECLAIR : la déréglementation pour seul projet éducatif

Dans la poursuite de sa politique de déréglementation dont le programme ECLAIR est le cheval de Troie, le ministre vient d’annoncer que les postes d’enseignants en établissement ECLAIR seraient désormais pourvus sur une base nationale et non plus académique. Le ministère ajoute ainsi au dispositif ECLAIR une opacité totale des procédures d’affectation : aucun contrôle démocratique sur la régularité des affectations ne sera exercé par les commissions paritaires. Pour cela le ministère passe outre les garanties législatives prévues en matière d’affectation par le statut général de la Fonction publique.

Le SNES condamne cette décision qui, dans la lignée de la déréglementation menée par le gouvernement pour l’Education prioritaire et le second degré en général, poursuit la mise en place d’un système éducatif atomisé en petites entreprises d’éducation sous l’autorité de chefs d’établissements ayant pouvoir de recrutement et d’évaluation de personnels soumis à la contractualisation, entérinant l’abandon du cadrage national y compris en terme de contenus et d’exigences.
Le fait que les 911 postes « à profil » offerts dans ces établissements à la rentrée 2011 n’ont pas suscité l’enthousiasme chez les personnels a sans doute pesé dans cette décision du ministre. De nombreux postes laissés vacants ont in extremis été pourvus par des personnels TZR (titulaires remplaçants), stagiaires ou contractuels.

Tous les dispositifs fondés uniquement sur des procédures d’affectation ont toujours fait la preuve de leur inefficacité pour inciter à demander les établissements « difficiles » et stabiliser les équipes.

Les difficultés rencontrées dans les établissements de l’Education prioritaire ne viennent pas des modalités d’affectation des personnels ni des prétendues rigidité de leurs statuts mais essentiellement des conditions de travail qui leur sont offertes dans ces établissements.
C’est pourquoi le SNES porte l’exigence de l’amélioration des conditions d’emplois et de carrières de tous les personnels dans le cadre d’un mouvement national rénové, en agissant en premier lieu pour les personnels d’une éducation prioritaire relancée qui s’articulerait sur deux principes :
— maintenir le même niveau d’exigence pour tous les élèves ;
— reconnaître et valoriser les spécificités de l’enseignement en éducation prioritaire pour favoriser la stabilité des équipes pédagogiques et la qualité du travail.

Cette relance passe notamment par une augmentation de la part du budget de l’éducation consacrée à l’éducation, la réduction significative du nombre d’élèves par classe, le développement des dédoublements et du travail en petit groupe, la diversification des approches pédagogiques, l’organisation du soutien et de l’aide aux devoirs dans le temps scolaire avec des personnels qualifiés et en lien avec la classe…
Le SNES rappelle son exigence de l’abandon du programme ECLAIR et la nécessité d’une toute autre politique éducative.

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