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Un film de Tomas Lunak (République tchèque)

"Aloïs Nebel" Sortie en salles le 14 mars 2012

Alors que le régime tchèque est chancelant, Aloïs Nebel, le chef de gare d’une petite ville de province vit seul avec les fantômes de son passé.

L’apparition d’un étranger va bouleverser son existence terne.

Réfugié dans gare centrale de Prague, son chemin croisera celui de celle qui va lui faire découvrir l’amour, une planche de salut qui le tirera du brouillard de ses souvenirs.

L’action du film de Thomas Lunak se situe sur deux périodes, celle de 1945 et celle de 1989 autour de deux événements qui ont marqué l’histoire tchèque de ces dernières années : l’expulsion des allemands des Sudètes en 1945 et la Révolution de velours en 1989.

Les sudètes, une minorité allemande qui vivait dans les régions frontalières de la Tchécoslovaquie furent chassés du pays après la défaite en 1945 et leurs biens confisqués. En retour de quoi, l’État Tchèque renonça à demander des dommages de guerre à l’Allemagne.

Aussitôt après la nomination d’Alexandre Dubcek à la présidence de l’Assemblée fédérale, Vaclav Havel, leader des manifestations, récemment libéré, est nommé Président de la République tchèque. Ce bouleversement qui s’est déroulé sans heurts et sans effusion de sang a été appelé "La Révolution de velours".

Le film de Tomas Lunak est l’adaptation d’une bande dessinée éponyme en trois volumes pour lequel l’auteur, Jaroslav Rudis, s’est inspiré des années cinquante et de l’esthétisme du réalisme socialiste.

Pour garder au film l’originalité du graphisme de la BD, le cinéaste a opté pour la rotoscopie, une technique assez ancienne qui consiste à dessiner image par image les contours d’une figure préalablement filmée en prises de vue réelles.

Ainsi le tournage du film se déroule de façon classique avec des acteurs et de vrais décors.

A la suite de quoi, les plans sont surlignés pour finir par ressembler à des dessins faits à la main. L’avantage de cette méthode est que l’authenticité et la fluidité des mouvements sont respectées et que les personnages conservent les expressions que leur ont données les comédiens.

Le procédé technique utilisé donne au film, à mi-chemin entre le cinéma traditionnel et la bande dessinée, un côté désuet rendant à la fois le charme du graphisme naïf et l’austérité du contexte historique. Les personnages et, principalement celui d’Aloïs Nebel, y gagnent en authenticité traduisant l’émotion, la passivité et la soumission dans un registre différent de celui qu’auraient donné des comédiens à visage nu.

Francis Dubois

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