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Analyse de la partie LV de la circulaire de rentrée 2010

Les LV dans la circulaire de rentrée 2010 http://www.education.gouv.fr/cid508...

« 1.4.2 Stimuler l’apprentissage des langues vivantes L’amélioration des compétences orales des élèves est désormais indissociable du recours au numérique. De plus en plus de ressources numériques interactives sont aujourd’hui disponibles tandis que des outils comme la diffusion par baladeur permettent d’accroître le temps d’exposition à la langue, d’enregistrer simplement les élèves et d’évaluer leurs compétences orales. Durant l’année scolaire 2010-2011, chaque établissement doit pouvoir proposer dans une ou plusieurs classes de langues une utilisation de la diffusion par baladeur. Un guide d’utilisation de cet outil expliquant comment réaliser ce projet dans l’établissement sera disponible avant l’été. Les écoles et les établissements pourront aussi utiliser le dispositif de jumelage en ligne « eTwinning » pour favoriser les échanges en langues étrangères tout en utilisant les outils numériques. »

→ Tous les gadgets n’y peuvent rien : les élèves doivent avoir du temps d’exposition à la langue, à la radio, à la télé, plutôt que sur des MP3 pendant les récréations que les règlements intérieurs des établissements ont tendance à interdire… Par ailleurs, souvent l’équipement informatique ou technique des établissements est ridicule. Demander la généralisation du travail de balado-diffusion montre bien que le ministère essaie de compenser, de façon inadaptée, le peu de temps, d’espace et de moyens consacrés à la compréhension et à l’expression orales. Notre demande d’effectifs et d’horaires décents est donc plus que jamais d’actualité ! Cela sans compter la charge supplémentaire de travail que cela représenterait pour l’enseignant d’écouter le travail de chaque élève sur ses supports numériques ! Travail qu’il faudrait que celui-ci fasse encore un plus. Quand on pense que certains enseignants, de LV2 par exemple, ont parfois 7 ou 9 classes, on ne peut pas encore leur en demander plus ; d’autant que d’après le Ministère les groupes de compétences sont censés permettre le développement des compétences orales puisque les groupes seraient allégés. Paradoxe ?

Dans le rapport de l’IGEN de Langues de novembre 2009, intitulé Modalités et espaces nouveaux pour l’enseignement des langues, nous trouvons des éléments allant dans notre sens : « La principale difficulté réside actuellement dans la mise à disposition des élèves de fichiers son correctement identifiés en termes de degré de complexité et de difficulté au regard des objectifs d’apprentissage (définis selon les niveaux de compétence du Cadre Commun de Référence pour les Langues : de A1 à B2 dans le cadre scolaire). Une deuxième difficulté consiste à mettre à disposition des fichiers son libres de droits que l’on peut numériser et installer sur un ENT. Fort heureusement, les éditeurs accordent aujourd’hui des facilités pour cette activité en fournissant les fichiers son utilisés dans les manuels au format audio compressé (MP3), format qui permet un stockage et une lecture aisée sur un simple baladeur numérique. Une limite importante à l’activité réside sans doute dans l’inégal équipement des élèves en lecteurs MP3. Certes, la plupart d’entre eux possèdent ce type d’équipement, mais tous ne sont pas dotés de la fonction dictaphone qui permet à l’élève d’enregistrer directement son expression orale sur le baladeur. L’équipement des élèves étant une limite susceptible de créer une fracture sociale, les collectivités territoriales se sont souvent engagées dans des expérimentations visant à fournir par convention avec le recteur, des outils appropriés (baladeurs MP3, IPOD) à l’usage de la baladodiffusion. Par ailleurs, en l’absence d’Espace numérique de travail, l’activité de mise à disposition des élèves de fichiers son et vidéo est relativement lourde et difficile à mettre en oeuvre, car la gestion de la ressource sonore et du travail rendu par l’élève doit se faire dans l’établissement avec un ensemble de contraintes techniques qui peuvent s’avérer dissuasives pour générer une application pédagogique généralisable. Pour pallier ces difficultés, certaines collectivités ont mis en oeuvre des espaces réservés au podcasting sur le réseau académique et départemental de l’ENT. »

« 2.3. 2 Adapter le lycée à son époque
Donner de nouvelles ambitions à l’enseignement des langues La maîtrise de langues étrangères est aujourd’hui une compétence fondamentale pour les élèves, aussi bien dans la poursuite de leurs études, que pour favoriser les échanges culturels ou encore préparer une mobilité au sein de l’espace européen et au-delà. Ainsi, l’enseignement des langues vivantes est renouvelé dans ses modalités d’organisation comme dans ses contenus avec de nouveaux programmes en application à la rentrée. Il doit s’appuyer sur les outils numériques qui permettent aux élèves d’entretenir et de développer leurs acquis en apprenant à travailler en autonomie. À la rentrée 2010, l’enseignement par groupes de compétences en langues vivantes 1 et 2 est généralisé au lycée. Les horaires de LV1 et de LV2 ont été globalisés à cet effet et harmonisés entre les séries de la voie générale. Un alignement des horaires de langues vivantes dans les emplois du temps est préconisé pour faciliter ce mode d’organisation. La constitution des groupes est modifiable au cours de l’année. Elle est indépendante de la série, du statut de la langue choisie (LV1, LV2, voire LV3 pour certaines langues) et de l’organisation par classe. Le regroupement d’élèves de lycées généraux, technologiques et professionnels d’un même secteur est à encourager. Au lycée général et technologique, il convient de développer un partenariat avec un établissement scolaire étranger, inscrit dans la durée autour d’une véritable coopération éducative. Ce partenariat est porté par un projet ambitieux au niveau académique et doit figurer dans les projets d’établissement. Ce partenariat devra favoriser la mobilité des élèves, sous forme de séjours ou périodes d’études effectués dans l’établissement étranger partenaire et validés dans le cursus scolaire. On pourra s’inspirer en la matière du partenariat franco-allemand (cf. note de service n° 2006-184 du 21 novembre 2006 relative à la validation de l’année de seconde passée dans un établissement scolaire allemand - B.O. n° 44 du 30 novembre 2006). Les délégués académiques aux relations européennes et internationales (DAREIC) apportent leur concours à la mise en œuvre de l’ensemble de ces dispositions. Il convient par ailleurs de développer l’enseignement en langue étrangère de disciplines autres que linguistiques. L’utilisation de la langue étrangère comme moyen de communication dans d’autres disciplines doit être développée progressivement, en série L mais aussi dans les autres séries. C’est pourquoi l’enseignement de disciplines autres que linguistiques, proposé dans l’une des langues de la classe et dispensé conformément aux horaires et aux programmes en vigueur, sera étendu peu à peu, en tenant compte des ressources des établissements. »

→ La circulaire de rentrée ne fait que confirmer ce que nous avons écrit : une volonté de généraliser des groupes de compétences – sans recul critique (cela rappelle l’expérience des livrets de compétences) – qui ne sont qu’un superbe moyen de supprimer des postes, en plus d’être une offensive idéologique (vision utilitariste de l’enseignement) et pédagogique (ne penser le cours de langue que comme une série de tâches qui impliquent des compétences morcelables, identifiables de tous et évaluables en toutes circonstances). Cette volonté de généralisation ne doit pas occulter que l’article D312-17 du Code de l’Education rappelle que ces groupes ne sont pas obligatoires et doivent être soumis au C.A. Dans le rapport de l’IGEN de Langues de novembre 2009, intitulé Modalités et espaces nouveaux pour l’enseignement des langues, nous trouvons encore des éléments allant dans notre sens :
« Par ailleurs, en l’état actuel des textes, personne ne peut imposer les groupes d’activités langagières, ils ne constituent en aucune manière une injonction de l’institution et ils ne peuvent se mettre en place que sur la base du volontariat des équipes, en collaboration avec les équipes de direction. En tout état de cause, c’est le projet pédagogique préalable qui est fondamental pour la mise en place des groupes d’activités langagières. »
« En l’état actuel des programmes de lycée, recourir avec prudence aux regroupements verticaux d’élèves, dès lors que la compatibilité des programmes d’enseignement, conçus par niveau de classe, risque d’en être compromise. »
« Ne mettre en place les GC qu’avec les professeurs volontaires, conformément aux textes en vigueur à ce jour. Eviter donc la généralisation imposée des GC à tous les professeurs d’un niveau d’enseignement. »
« Un professeur, a fortiori s’il est le seul de l’établissement dans sa langue, peut mettre en place un enseignement par activités langagières et par niveaux de compétence. »

Sur le partenariat avec un établissement étranger, comme tout effet d’affichage, c’est très bien mais qu’en sera-t-il de l’aide et des heures pour l’organiser et du financement (pour quels élèves ? combien de temps ? avec quels objectifs ?) ? Quant au développement des DNL, pourquoi pas mais sur la base de quel programme et de quelle évaluation ? De plus, quelle formation – qu’il faudra massive et qui aura un coût – pour les collègues des disciplines non-linguistiques ? L’expérience actuelle des sections européennes a montré les nombreuses disparités qui existent selon les académies, les départements, les établissements sur les DNL et, sans cadrage national (pas de nouvelle circulaire depuis 1992), cette tentative de généralisation ne fera que les aggraver. Une fois de plus, les annonces médiatiques autour des LV doivent cesser et laisser place à une réflexion sérieuse sur l’offre actuelle sur l’ensemble du territoire et sa nécessaire harmonisation. Ensuite, il faudra admettre que développer l’apprentissage des langues a un coût et que le Ministère devra mettre les moyens nécessaires, à la hauteur de ses ambitions !

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