LV au lycée

Analyse des nouveaux livrets scolaires – parties langues vivantes

La nouvelle mouture des livrets scolaire des lycéens, entrant en vigueur dès cette année en classe de 1ère, est parue au BO spécial du 22 mars 2012 :
http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=59473
Ces livrets ont été fabriqués en catimini, et sont publiés sans qu’aucune concertation sérieuse n’ait eu lieu. En Conseil Supérieur de l’Éducation, l’écrasante majorité des organisations a demandé le report de l’examen de cette refonte, mais le Ministère de l’Éducation Nationale a fait la sourde oreille (une fois de plus).

En langues vivantes, il n’y a plus de référence aux programmes : il ne reste que le CECRL, sauf pour la littérature en Terminale L.

Toutes séries

Les compétences retenues (les 5 du CECRL) dans les grilles toutes séries rappellent les bulletins de compétences qui sont expérimentés ici ou là.

Les groupes de compétences risquent d’apparaître incoutournables pour réussir à remplir ce livret. En effet, ainsi il y aurait une adéquation entre l’organisation dans l’année et l’évaluation finale.

Ce livret partie langues vivantes part du principe que tout est évalué tout le temps : or, ni les effectifs ni le nombre d’heures de cours ne le permettent sérieusement. Les enseignants risquent de n’avoir qu’une note pour déterminer quel niveau du CECRL ils ont obtenu ! De toute façon, si les collègues ont plus de notes, il est rare qu’ils ne fassent une évaluation que d’une compétence lors d’une interrogation.

Sur la littérature en langue étrangère

La grille proposée pour la Première L a des critères flous comme "mobiliser des capacités créatives et expressives", compétence que l’on retrouve aussi en arts. Mais, quel niveau est attendu dans cette compétence ? Ici, les niveaux du CECRL n’apparaissent plus.

Sur la grille pour la classe de Terminale L

Elle propose en même temps des notes et des compétences donc le niveau du CECRL atteint serait déterminé à partir de la moyenne, ce qui est contradictoire dans la logique ministérielle, comme toujours (cf. programmes/compétences).

Or, dans une moyenne, il y a des devoirs de grammaire, conjugaison, vocabulaire, des exposés, des travaux à la maison...

De plus, comment juger d’un niveau du CECRL si l’enseignement ne se fait pas par groupes de compétences ? Il semble que ce livret devient encore un outil pour mieux imposer ces groupes.

Mais, même si les enseignants enseignent par groupes de compétences, il n’est pas sûr que les collègues auront plusieurs notes par compétence pour juger d’un niveau.

Enfin, pour caser les élèves dans un des niveaux du CECRL, il faudrait des évaluations nationales car, pour le moment, chaque enseignant détermine seul le niveau de CECRL correspondant à ses propres évaluations, à partir de dizaines de grilles du CECRL.

Or, faire le bilan du niveau des élèves que par les compétences du CECRL revient à dire que les savoirs des programmes ne sont plus évalués.

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