LV au collège et au lycée

SELO : Analyse des nouveaux textes de 2010

Sections européennes et de langues orientales

Dans le cadre du développement de l’enseignement des langues vivantes, des sections européennes ont été mises en place, depuis longtemps, aussi bien au collège qu’au lycée (circulaire n°92-234 du 3-09-1992, circulaire n° 2000-009 du 13/01/2000).

L’esprit de la circulaire est d’offrir l’accès à ces sections à tous : c’est pourquoi on parle de « section » et non de classe.

Non mentionnées dans le cadre de la réforme du lycée 2010, les sections européennes sont, dans le dernier BO (BO n°11 du 18 mars 2010), suggérées en ces termes : « L’utilisation de la langue étrangère comme moyen de communication dans d’autres disciplines doit être développée progressivement, en série L mais aussi dans les autres séries ».

Les élèves des sections européennes sont invités à se présenter à la certification B1 dans la langue étudiée.

Commentaires du SNES.

La circulaire de 1992, aux contours flous, avec parfois des déclinaisons académiques, est toujours en vigueur.

Presque 20 ans après leur création, il faut faire un état des lieux de ces sections : elles présentent un réel intérêt mais ce sont souvent, non pas des sections mais des classes qui favorisent par ailleurs la concurrence entre les établissements, renforcée par l’assouplissement de la carte scolaire.

Il y a une grande différence entre le collège et le lycée qui tient au fait qu’au collège il y a rarement une DNL (discipline non linguistique) mais un enseignement de 2h supplémentaires à charge de l’enseignant de LV. Au lycée, il n’y a pas d’horaire DNL fixé nationalement et cet enseignement repose sur des enseignants (souvent d’histoire - géographie) dont les modalités de recrutement sont très diverses, selon les académies.

La question qui est posée est donc de savoir quelle DNL doit être mise en place au lycée, à hauteur de combien d’heures et avec quel recrutement des enseignants. Cette question se pose d’autant plus que la réforme du lycée en cours prévoit une « nouvelle » DNL de littérature pour les Terminales L, cette fois-ci à charge des professeurs de langue.

Quant aux certifications auxquelles peuvent se présenter les élèves volontaires, le SNES les condamne pour leur caractère marchand et coûteux (les organismes certificateurs appartiennent à des consortiums qui tirent profit du « marché des langues »), pour la menace qu’elles représentent sur les diplômes et pour leur caractère inégalitaire. En effet, seuls les élèves de sections européennes peuvent bénéficier de leur gratuité ; ils sont donc souvent, de fait, les seuls à les passer.

En outre, la durée de validité de ces certifications a un caractère limité et leur utilité sur le marché de l’emploi n’est pas avéré.

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