Enseignements technologiques et apprentissage

Dossier : « Apprentissage : financements massifs, bilan mitigé »

Apprentissage, les grandes manœuvres (Dossier actualisé le 27/02/2011)

Une réglementation très régulièrement remaniée depuis 1983

L’objectif est d’appuyer le développement de l’apprentissage.
C’est encore le cas avec le projet de loi « relatif à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie », adoptée cet automne par le parlement.

Toute une politique est mise en œuvre, avec des moyens financiers importants. Entre 2004 et 2006 les montants estimés ont augmenté de 17 % pour passer à 6,6 milliards d’euros quand le nombre de d’apprentis augmentait de 11 % pour passer à 408 000.

Dans le discours dominant, l’apprentissage apparait comme la panacée universelle, économique et sociale :

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Sur pme.gouv.fr, le 25 févier 2004, « Des métiers sans jeunes » :
« De l’avis unanime de l’ensemble des acteurs consultés, l’apprentissage apporte une réponse très adaptée, d’une part au besoin de qualification puis d’insertion professionnelle des jeunes et d’autre part, à la demande des entreprises de recruter des salariés qualifiés et rapidement employables ».

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Laurent Wauquiez, Secrétaire d’État en charge de l’Emploi, le 02 juillet 2009 à Caen :
« Il est indispensable que l’on arrive à augmenter le nombre d’apprentis ».

Puis, dans les « Échos » du 27 août 2009 :
« Le but c’est que la France rejoigne dans les cinq ans les pays européens qui recourent le plus à l’alternance ».

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Nicolas Sarkozy le 15 juillet 2009 :
« ...Je lui (H. Proglio) ai demandé de rassembler les énergies des grandes entreprises de France, privées comme publiques, pour qu’elles s’engagent en faveur des formations en alternance, c’est-à-dire de l’apprentissage et des contrats de professionnalisation, dont nous savons tous qu’il s’agit d’une étape clef vers l’emploi durable.

Jusqu’en juin 2010, il y a zéro charges patronales pour l’embauche d’un apprenti. Toute entreprise de moins de 50 salariés qui embauche un premier apprenti ou qui recrute un apprenti supplémentaire, perçoit une aide de 1 800 euros. En vérité nous n’avons pas choisi cette somme de 1 800 euros au hasard. Cela revient à une prise en charge intégrale du coût du travail pour tout jeune apprenti supplémentaire ».

Les conseils régionaux vont le plus souvent dans le même sens.
- Daniel Brunel, vice-président du Conseil Régional d’Ile de France cite comme l’un des objectifs à atteindre « mobiliser davantage de ressources en orientant davantage le hors quota vers l’apprentissage » (AEF, 26/06/2008), le quota désignant les 52 % de la taxe d’apprentissage strictement dédiés à l’apprentissage et dont la formation professionnelle sous statut scolaire ne peut donc pas bénéficier.

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Xavier Bertand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé,
et Nadine Morano, Ministre en charge de l’apprentissage et de la Formation Professionnelle, indiquent que « les mesures nécessaires devront en effet être prises afin que l’engagement du président de la République de porter le nombre de jeunes en alternance à 800 000, dont 600 000 apprentis, d’ici 2015, soit rempli » (AEF, 09/02/2011).

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Xavier Bertand annonce une nouvelle loi pour mars 2011 (AEF, 11/02/2011) et dans une lettre à l’ARF (Association des Régions de France) (18/02/2011), propose aux Régions de « mobiliser tous les instruments de la politique de l’emploi » et de « participer activement à cet effort » en finançant « 15 000 entrées en formation supplémentaires » dans le cadre d’un partenariat avec Pôle emploi ; en pratique il s’agit de leur faire financer la moitié de ce plan. En retour, l’ARF dénonce « les choix contradictoires » du gouvernement (communiqué du 16/02/2011).

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Voir aussi :

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