AFRIQUE DE L’OUEST

Atelier pour la promotion du Second Degré

L’ONU, via la campagne pour la réalisation des Objectifs du Millénaire et la Banque Mondiale, a poussé au développement du Primaire depuis 20 ans : le taux net de scolarisation est passé de 59 à 77% en Afrique subsaharienne (de 84 à 90% dans le Monde), mais le taux d’achèvement n’est que de 67%. Pour Siaka Traoré (1), « certains parents, pour des raisons économiques, n’arrivent plus à scolariser leur enfant, si bien qu’à l’âge de 10-11 ans, l’enfant (…) doit se livrer à de petites activités commerciales qui ne rapportent rien ; les cireurs de chaussure, les petits transporteurs de bagages, on ne peut pas bâtir l’avenir d’un pays sur cela. »

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Le taux de scolarisation dans le Secondaire reste très bas en Afrique subsaharienne. En Côte d’Ivoire, seuls 40% des enfants ont accès au collège, et 25% au lycée. De plus, l’Afrique subsaharienne est la région du monde où les taux de scolarisations entre garçons et filles diffèrent le plus.
Les infrastructures font cruellement défaut ; les effectifs sont partout pléthoriques, la centaine d’élèves par classe étant un minimum. La formation des enseignants est également souvent insuffisante, surtout lorsque le recrutement de précaires l’emporte sur le celui de professeurs-fonctionnaires, du fait des mesures d’ajustement structurel.
Les carences du secteur public sont une aubaine pour les établissements privés, qui prolifèrent. Dans la région de Ouagadougou (Burkina Faso), sur 354 établissements du Secondaire, 320 sont privés ! En Côte d’Ivoire, le nombre de places en 6ème dans le public est tellement réduit qu’un concours a été mis en place, en plus du certificat d’études ; de nombreux élèves recalés( mais reçus au certificat !) se tournent vers l’enseignement privé.
Au cours des échanges, la nécessité de développer le Secondaire a fait consensus, et ce, pour au moins deux grandes raisons : le développement de la démocratie et le développement socio-économique.
Agir pour promouvoir le Secondaire, c’est explorer toutes les voies de réussite. « L’enseignement technique et professionnel est une priorité importante car l’enseignement ne peut pas être que général », ajoute Innocent Assogba (2). Ces lycées sont pour l’instant extrêmement rares en Afrique subsaharienne.
Les échanges entre militants ont été particulièrement fructueux : « chacun a pu savoir comment les chosent se passent dans les pays voisins ; c’est extrêmement important en matière de lutte syndicale », observe Octave Bossa (3).

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Lors de l’atelier, les militants ont choisi de mettre en place des actions adaptées à leur pays. Au Bénin, l’accent va être mis sur la qualité de la formation des enseignants, en associant les parents d’élèves à certaines décisions : « la lutte syndicale ne peut aboutir sans la contribution des autres partenaires de l’Ecole » affirme Innocent Assogba (4).
Les Etats doivent accroître les investissements dans l’Education. « C’est là l’importance de l’intervention des organisations syndicales, par la pression, pour forcer à recentrer la politique éducative », estime Samuel Dembele (5).
Le caractère intersyndical des actions menées sera une condition de leur succès. Pour Mamadou Baro (6) « cela ne pose aucun problème, pour l’adhésion au projet. Il y a des actions qu’on mène déjà ensemble, avec les deux autres syndicats du Secondaire ».
Le SNES-FSU va poursuivre son soutien à ces organisations syndicales qui agissent concrètement pour le développement du Secondaire, des systèmes éducatifs et des conditions des personnels.

Dominique Giannotti, Florian Lascroux

(1) Sec. Gén. du SYNESCI, Synd. Nat. des Enseignants de Côté d’Ivoire
(2) Sec. Gén. du SYNAPES, Synd. Nat. des Professeurs de l’Enseignement Sec. (Bénin)
(3) Sec. chargé de la recherche synd. au SYNAPROLYC, Synd. Nat. des Professeurs de Lycée (Bénin)
(4) Sec. Gén. du F-SYNTER, Féd. des Synd. Nat. des Travailleurs de l’Education et de la Recherche (Burkina Faso)
(5) Sec. Gén. du SNESS, Synd. Nat. des Enseignants du Sec. Degré (Burkina Faso)

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