Actualité théâtrale

Saison 2013- 2014

Athénée-Théâtre Louis Jouvet, Paris

Du 25 au 28 septembre "Pierrot lunaire" mélodrame musical d’Arnold Schoenberg d’après l’œuvre d’Albert Giraud, suivi de "Paroles et musique", texte de Samuel Beckett, direction musicale Maxime Pascal. Musique Morton Feldman. Mise en scène Nieto.

L’introduction du parlé -chanté-le fameux sprechgesang de ce "Pierrot lunaire" n’est pas le moindre des scandales. Les poèmes décadents d’Albert Giraud n’ont rien perdu de leur parfum qui mêle l’odeur du vin à celle du sang, du soufre à celui de l’absinthe dans un envol de "sinistres papillons noirs". "Je n’aime pas qu’on mette mes mots en musique" avait déclaré Beckett. "Il est très rare que je me serve de mots" avait dit de son côté Feldman. De cette curieuse communion d’esprits allait naître l’adaptation par Feldman d’une pièce écrite par Beckett pour la radio.

Du 3 au 19 octobre "Lucrèce Borgia" Texte de Victor Hugo. Mise en scène Lucie Berelowitsch.

Encore éprouvé par l’accueil réservé au " Roi s’amuse" (la pièce n’aura tenu qu’un seul soir) Victor Hugo écrit en quatorze jours cette flamboyante "Lucrèce Borgia" qui ne se prive pas plus des outrances du grand guignol que de celles du mélodrame. Pour l’interpréter, la metteuse en scène formée au Gitis de Moscou, a fait appel à Marina Hands.

Du 7 au 30 novembre "Pantagruel" Texte de François Rabelais. Mise en scène Benjamin Lazar.

Tout comme Pantagruel, Olivier Martin-Salvan, co-adaptateur et Benjamin Lazar ont pour les mots, un appétit monstre. L’occasion de croiser Panurge ou Epistémon, d’entendre parler le germanique ou de déguster "la profiterole de l’indulgence" n’est pas à manquer.

Du 14 au 30 novembre "C’est la faute à Rabelais" Théâtre musical et burlesque. Texte Eugène Durif. Mise en scène Jean-Louis Hourdin.

Quand ce n’est pas la faute à Voltaire, c’est celle à Rousseau et voilà que maintenant on cherche des crosses au père de Gargantua. Saltimbanques de hasard, passagers d’un éphémère bastringue, Eugène Durif et Pierre-Jules Billon reviennent à l’essence même du théâtre de tréteaux. L’un est loquace, l’autre est lapidaire comme Auguste et Clown blanc, comme Laurel et Hardy…

Du 6 au 8 décembre " Pantin pantine" Conte musical de Romain Didier. Texte Allain Leprest. Mise en scène Jean Manifacier.

C’est l’histoire d’un enfant toujours pressé, dont la manie est d’aller trop vite en toute chose, en gourmandise, en amitié, en tendresse, en vélo. Un jour, Pantin glisse de vélo et sa tête heurte fatalement le trottoir. "C’est un pari ambitieux que celui d’Allain Leprest et Romain Didier que d’écrire sur la mort d’un enfant"

Du 12 décembre au 5 janvier "La grande duchesse" d’après "La grande duchesse de Gérolstein." Opéra-Bouffe de Jacques Offenbach et Ludovic Halévy. Direction musicale Christophe Grapperon. Mise en scène Philippe Béziat.

Intrigues, incompétences, complots, passe-droits et courtisaneries. Si elle ne cache pas qu’elle aime la compagnie des militaires, la grande duchesse n’en offre pas moins un aperçu ironique du théâtre des opérations. Après " Les Brigands", "Le docteur Ox" ou encore "Croquefer/Tulipatan" la Compagnie "Les Brigands" devait un jour se mesurer à ce monument d’Offenbach.

Du 14 au 19 janvier 2014 "The rape of Lucretia" Opéra de Benjamin Britten. Livret Ronald Duncan d’après l’œuvre d’André Obey. Mise en scène Stephen Taylor.

Dans cette pièce écrite au lendemain de la guerre, il est question de la brutalité des hommes à laquelle fait écho l’univers des femmes esseulées. Chez Britten, qu’il s’agisse des enfants de "Tour d’écrou" ou du flamboyant " Billy bud", l’innocence est toujours perdue, corrompue, pervertie, violentée…A la suite du succès de son précédent opéra "Peter Grimes" Britten écrivit en quelques mois, ce "Viol de Lutèce".

Du 24 au 30 janvier "der kaiser von Atlantis" Opéra de Victor Ullmann. Livret Peter Kien. Mise en scène Louise Moaty.

C’est dans le camp de concentration de Terezin qu’a vu le jour "Kaiser von Atlantis" . Une œuvre sidérante à plusieurs titres : par les circonstances de son écriture (dans un camp dont les nazis voulaient faire une "vitrine des arts"), par sa modernité, par son orchestration excentrique née du hasard des instruments disponibles dans le camp. Au-delà de sa simple beauté, l’œuvre continue d’appeler tantôt avec de l’humour, tantôt avec du lyrisme, à vivre de toutes ses forces.

Du 7 au 12 février "King Arthur" opéra d’Henry Purcell. Livret John Dryden. Mise en scène Sybrand van der Werf.

Après "Didon et Enée" qui aura fait découvrir l’opéra à l’Angleterre, Henry Purcell compose la musique de "King Arthur" sur le poème de John Dryden. Un spectacle où on trouve mêlés chœurs, arias, danses et théâtre en une succession de tableaux. C’est bien de la légende du Roi Arthur dont il est question dans une version plus drolatique que martiale.

Du 6 au 22 mars " Un barrage contre le Pacifique" Texte de Marguerite Duras. Mise en scène Juliette de Charnacé.

En 1977, Marguerite Duras choisit d’adapter elle-même son premier roman pour le théâtre. On y retrouve intacts la sensualité, la violence, la tendresse et les élans de survie. Juliette de Charnacé a voulu traiter la pièce comme un opéra où toutes les démesures et les extravagances trouvent leur place.

Du 27 mars au 12 avril " Le faiseur de théâtre" Texte de Thomas Bernhard. Mise en scène Julia Vidit.

C’est au fin fond de l’Autriche, à l’auberge du "Cerf noir" d’Utzzbach que le grand Bruscon, accompagné de sa femme et de ses deux enfants doit présenter son colossal opus " La roue de l’Histoire" . Une pièce où se croisent Hitler, Kierkegaard, Churchill, Napoléon, Marie Curie…Les murs de l’auberge sont sales et les répétitions se passent dans les effluves de la porcherie et la préparation du boudin hebdomadaire.

Du 20 au 24 mai "Le Balcon" Opéra de Peter Eötvös. Livret Françoise Morvan d’après l’œuvre de Jean Genet. Direction musicale Maxime Pascal.

Planqués au Grand Balcon, les familiers de madame Irma, l’Évêque et le Bourreau, le Juge et le Chef de la police étouffent les cris de l’insurrection qui menace de faire tomber la ville en se vautrant dans de troubles plaisirs. Peter Eötvös a tiré de la pièce de Jean Genet un opéra de chambre. Il n’hésite pas à promener les faux-semblants de Genet du côté de Kurt Weill, du jazz ou des chansons de Brel.

Du 11 au 15 juin "La colombe" Opéra de Charles Gounod . Livret de Jules Barbier et Michel Carré. Suivi de "Le pauvre matelot" Opéra de Darius Milhaud. Livret de Jean Cocteau. Mise en scène Stéphane Vérité.

Que peuvent avoir en commun "La colombe" , opéra-comique de Gounod composé en 1860 et "Le Pauvre Matelot" , complainte fomentée par Jean Cocteau et Darius Milhaud, écrit soixante-dix ans plus tard ? D’un côté, une courtisane en quête de nouveaux artifices, d’un jeune homme ruiné mais riche d’un amour sans limites. De l’autre, dans le bar d’une ville portuaire, on trouvera une femme vertueuse mais sans scrupules qui attend le retour de son mari.

L’athénée-Théâtre Louis-Jouvet accueille les jeunes publics.

Pour les collèges et lycées le théâtre propose une formule abonnement "enseignement secondaire" : 3 spectacles à partir de 30 €.

A la carte et tout au long de la saison, un tarif spécial "enseignement secondaire".

Autour des spectacles : des rencontres avec les équipes artistiques avant ou après le spectacle, en vue d’une découverte des différents éléments d’une représentation.

Séances scolaires : A l’intention des jeunes spectateurs, l’Athénée propose des séances pour apprendre à regarder, à écouter et partager. Deux spectacles ont été choisis : Le conte musical " Pantin Pantine" d’Allain Leprest et Romain Didier et l’Opéra " Der Kaiser von Atlantis" de Viktor Ullmann.

Pour tous renseignements concernant les séances scolaires s’adresser à Alexandra Maurice au 01 53 05 19 39 / alexandra.maurice@athenee-theatre.com

Athénée. Théâtre Louis-Jouvet Square de l’Opéra Louis Jouvet 7 rue Boudreau 75 009 Paris.

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) 01 53 05 19 19

www.athenee-theatre.com

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