Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Rodrigo Sepilveda (Chili)

"Aurora" Sortie en salles le 24 février 2016.

Sofia Olivari est une enseignante d’une quarantaine d’années. Elle est mariée avec Pedro mais leur couple n’a jamais pu avoir d’enfant. Aucune des tentatives d’adoption qu’ils ont lancées n’ayant abouti, ils récidivent sans grand espoir sachant que le nombre des demandes est de très loin supérieur au nombre d’enfants adoptables.

Alors qu’avec Pedro, ils viennent de constituer un nouveau dossier, Sofia apprend que le corps d’un bébé a été découvert dans une décharge.

Elle décide d’offrir une sépulture à l’enfant mais la procédure s’avère bien plus compliquée qu’elle le croyait.

La seule possibilité pour procéder à un enterrement serait une adoption post-mortem mais pour cela il faut prouver que l’enfant a été vivant, qu’il a respiré. Faute de quoi, en tant que fœtus, il n’a droit qu’à la fosse commune.

Or, le médecin légiste est dans l’incapacité de tester les poumons de l’enfant puisque, pendant qu’il a séjourné dans la décharge, les viscères ont été dévorées par des prédateurs.

Pour Sofia, offrir une sépulture au bébé, devient une absolue nécessité.

Cinéma : Aurora

Le film de Rodrigo Sepilveda s’inspire d’une histoire vraie, celle de Bernarda Gallardo dont les médias se sont emparés pour donner à l’affaire un écho national.

Bernarda Gallardo, dans un combat qu’elle mena seule contre un système obtus, devint une sorte d’Antigone des temps modernes luttant pour donner à un mort une fin de vie décente.

Qui est la Sofia du film de Rodrigo Sepilveda ? Est-elle la réplique fidèle de Bernarda ?

Agit-elle en militante déterminée du droit à la sépulture ou bien une personne qui dans son acharnement, n’a pas résolu une partie de ses problèmes psychologiques ?

Le point de vue du réalisateur étant celui d’un observateur, maintient une certaine distance avec le personnage.

Cette absence de prise de position, du moindre jugement, épaissit le mystère sur les agissements de Sofia quand ils deviennent obsessionnels et que, totalement disponibles aux démarches auprès du juge ou du médecin légiste, elle prend le risque de mettre son couple en danger et à cause de ses absences répétées, de perdre son poste d’enseignante.

Ce n’est pas non plus l’issue du récit qui éclairera sur les raisons pour lesquelles elle frisera un morbide qui risquera de prendre le pas sur une démarche maternelle.

Un film dérangeant par son sujet. Une œuvre forte magistralement mise en scène et interprétée avec force.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Mémoires d’un condamné »
    Jules Durand, docker-charbonnier au port du Havre et syndicaliste modéré, est condamné à mort en novembre 1910 pour un crime qu’il n’a pas commis. « Le Dreyfus des ouvriers » sera innocenté par la cour... Lire la suite (21 octobre)
  • « Tous les rêves du monde »
    Pamela est une jeune fille portugaise de la deuxième génération. Elle vit en France et elle est parfaitement intégrée à la société française. Cependant, très attachée à sa famille restée fidèle à la... Lire la suite (20 octobre)
  • « Laissez bronzer les cadavres »
    Au bord de la Méditerranée, en plein été, sous un soleil de plomb. Pour cacher leur butin, deux cent cinquante kilos d’or en barre, fruit de l’attaque d’un fourgon, Rhino et ses comparses ont trouvé... Lire la suite (15 octobre)
  • « Bricks »
    La fabrication des briques espagnoles incarne la réussite puis la faillite économique d’un pays. La destruction d’un matériau symbolique sacrifié par la crise, par l’abandon de chantiers de... Lire la suite (15 octobre)
  • « The square »
    Christian est un homme divorcé qui aimerait consacrer plus de temps à ses deux jeunes enfants. Conservateur d’un musée destiné à exposer des œuvres d’art contemporain, il appartient à cette catégorie... Lire la suite (14 octobre)