Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Volker Schlöndorff (Allemagne 1969)

"Baal" Sortie en salles le 26 novembre 2014.

"Baal" est la première pièce que Bertolt Brecht a écrite. Il a vingt ans à l’époque et fait de son personnage central un poète errant incarnant la rébellion excessive, passionnée et conduite à l’autodestruction.

En 1969, Volker Schlöndorff qui a réalisé quatre années auparavant " Les désarrois de l’élève Torless" et qui est devenu avec Wim Wenders, Werner Herzog, Rainer Werner Fassbinder et Margareth von Trotta l’un des chefs de file du nouveau cinéma allemand, signe une adaptation personnelle de " Baal" dans l’Allemagne de son temps.

Rainer Werner Fassbinder alors encore inconnu y interprète le jeune poète anarchiste errant à travers les forêts et le long des autoroutes, que son appétit pour la vie, l’amour et l’alcool conduit d’expériences sexuelles multiples en aventures dangereuses.

La rencontre entre l’interprète et le personnage est fusionnelle. Elle est d’une grande efficacité et constitue l’intérêt essentiel de la réalisation.

Après la diffusion du film de Schlöndorff à la télévision ouest-allemande, la veuve de Bertolt Brecht s’opposera à ce que "Baal " fût montré de nouveau, au prétexte que les causes sociétales de la rébellion du personnage y étaient insuffisamment expliquées.

Aujourd’hui la décision d’interdiction a été levée et pour la première fois, " Baal" va connaître une sortie en salles.

Cinéma : "Baal"

Au départ du projet, Volker voulait autant fixer sur la pellicule le ciel bavarois que le corps de l’homme Baal. Mais au fur et à mesure du tournage, il pouvait chaque jour mesurer un peu plus à quel point Fassbinder était fait pour le rôle.

Devant la caméra, Baal humiliait la femme de son mécène, il réduisait à l’esclavage une maîtresse mineure, poussait à la mort un jeune admirateur, rejetait violemment son amie enceinte, en étranglait une autre et finissait par mourir d’épuisement dans la forêt.

" Baal " est une réalisation datée, typique des années de l’après soixante-huit et une adaptation très personnelle de la pièce de Bertolt Brecht passée par le prisme de l’interprétation violente et provocante de Fassbinder.

On voit ce film surtout comme le témoignage cinématographique d’une époque, un regard sur un jeune comédien qui deviendra un réalisateur essentiel du cinéma allemand.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • "Corps et âme"
    Maria est la nouvelle responsable-qualité recrutée par une entreprise d’abattage de bêtes dont Endre est le directeur financier. Lorsque Maria, personnage inhibé et solitaire, voit apparaître en... Lire la suite (22 octobre)
  • « Brooklyn Yiddish »
    Menashé habite et travaille dans le quartier juif ultra orthodoxe de Brooklyn. Modeste employé dans une épicerie, il a du mal à joindre les deux bouts. Cependant, après la mort de sa femme, il... Lire la suite (22 octobre)
  • « Mémoires d’un condamné »
    Jules Durand, docker-charbonnier au port du Havre et syndicaliste modéré, est condamné à mort en novembre 1910 pour un crime qu’il n’a pas commis. « Le Dreyfus des ouvriers » sera innocenté par la cour... Lire la suite (21 octobre)
  • « Tous les rêves du monde »
    Pamela est une jeune fille portugaise de la deuxième génération. Elle vit en France et elle est parfaitement intégrée à la société française. Cependant, très attachée à sa famille restée fidèle à la... Lire la suite (20 octobre)
  • « Laissez bronzer les cadavres »
    Au bord de la Méditerranée, en plein été, sous un soleil de plomb. Pour cacher leur butin, deux cent cinquante kilos d’or en barre, fruit de l’attaque d’un fourgon, Rhino et ses comparses ont trouvé... Lire la suite (15 octobre)