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Un film de Yuval Adler (Israël – Belgique)

"Bethléem" Sortie en salles le 19 février 2014.

En 2005, à la fin officielle de la seconde intifada, dans Bethléem-sud, Sanfur, un jeune palestinien vit dans l’ombre d’Ibrahim, son frère aîné qui dirige un réseau important d’opposition à Israël.

Razi, un agent des services secrets israéliens qui recrute des informateurs dans les territoires occupés, a tissé, au fil du temps, des liens fraternels avec l’adolescent.

S’appuyant sur l’amitié réelle qui les lie, il lui soutire des renseignements.

Sanfur qui est redevable à Razi d’avoir évité que son père ne croupisse en prison, s’acquitte de son rôle d’indic tout en tentant de rester loyal avec son frère.

Mais en passant d’un camp à l’autre, en multipliant les mensonges qui le disculpent, il commet des erreurs.

Lorsque les services secrets découvrent que Sanfur participe aux activités de son frère, ils mettent Razi au pied du mur. Celui-ci devra-t-il donner une seconde chance à l’adolescent auquel il est profondément attaché ou répondre aux ordres ?

Mais lorsqu’ Ibrahim tombe sous les tirs israéliens, Sanfur est saisi d’un violent désir de vengeance.

Yuval Adler tenait à réaliser un film sur les coulisses des services secrets israéliens et plus spécifiquement sur les informateurs palestiniens ; de quelles façons se passent leur recrutement et leur gestion par les agents secrets.

Quatre années d’écriture ont été nécessaires, la lecture d’ouvrages sur le sujet et de nombreux entretiens avec des recruteurs israéliens et d’anciens informateurs.

Le recrutement est souvent un travail de longue haleine. Il s’agit parfois au départ, comme dans " Bethléem" , d’un enfant dont on a pris soin, d’un lien qui s’est établi sur de nombreuses années jusqu’à fonder une complicité réciproque.

Le film de Yuval Adler repose sur la relation Sanfur-Razi, sur une connaissance l’un de l’autre telle, qu’ils sont capables d’inclure dans la confiance qu’ils se témoignent une part de trahison ou de mensonge qu’ils ont appris à mesurer.

Sanfur est une tête brûlée, un garçon impatient de brûler les étapes. Sa duplicité convient sans doute aux interrogations qui l’agitent et à l’attachement qu’il a pour cet homme de l’autre camp qu’il admire.

Razi est un père de famille aussi sensible que charismatique, totalement dévoué au combat qu’il mène.

"Bethléem" ne prend jamais parti. Il reste fidèle au point de vue de chacun des protagonistes et supprime du déroulement les symboles habituels du conflit (check points, attentats, attaques suicides…)

C’est sans doute cette neutralité de jugement qui a fait que le film a été vu par les israéliens qui se déplacent rarement pour un film sur le conflit, que certains juifs le trouvent pro-palestinien, que les palestiniens le trouvent pro-israélien et que certains juifs le trouvent…pro israélien.

Quant aux services secrets, ils projettent le film aux futurs agents pour qu’ils s’engagent en connaissance de cause…

Francis Dubois

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