Contractuel

Bientôt des intérimaires dans l’éducation nationale ?

Le ministère de la fonction publique est en train d’élaborer une circulaire concernant le recours à l’intérim que permet désormais la loi sur la mobilité ; il a réuni les organisations syndicales mi- décembre 2009.

Toutes ont rappelé leur opposition à l’introduction de l’intérim dans la Fonction publique, attiré l’attention sur le risque de banalisation.

La FSU et le SNES ont insisté sur la mise en concurrence non titulaires et intérimaires que cette possibilité allait engendrer. Le projet de circulaire indique ainsi que l’interim doit être un mode de gestion alternatif aux non titulaires.

Alors même si du côté du ministère de l’éducation nationale, on se défendait de vouloir recourir à l’intérim, le ministère de la FP ne tient pas tout à fait le même discours… Il a même indiqué envisager de se tourner vers le ministère de l’éducation nationale pour qu’une circulaire sur la « bonne pratique de l’intérim dans l’éducation » soit rédigée.

On mesure tout le danger que représente l’intérim en termes de mise en concurrence entre non-titulaires et intérimaires et en termes de renforcement de l’omnipotence du chef d’établissement. (le SNES a d’ailleurs formulé ces observations dans le texte de la CA nationale des 12 et 13 janvier)

Ce recours à l’intérim est aussi à mettre en lien avec la volonté de renforcer l’autonomie des EPLE et les suppressions d’emplois d’administratifs dans les rectorats puisqu’il dispenserait l’administration d’organiser elle–même les procédures de recrutement. L’interim constitue ainsi une volonté d’ externaliser les missions. C’est une nouvelle attaque contre les services publics de la part d’un gouvernement qui n’hésite aucunement à livrer le service public ( et notamment le service public d’éducation) à l’appétit vorace du secteur privé et des agences d’intérim qui vont pouvoir bien s’engraisser.

Nous avons bien compris que même si cela coûtait plus cher que des agents non titulaires, c’était très flexible et cela allait concurrencer leur recrutement, sans parler des emplois de fonctionnaires bien sûr

Paragraphe Fonction publique du texte U et A adopté à la CA du SNES des 13 et 14 janvier 2010

"Fonction publique

Dans tous les secteurs de la Fonction Publique, la suppression systématique des emplois se poursuit remettant en cause la capacité des administrations et services publics à remplir leurs missions ; la réforme de l’administration territoriale l’illustre particulièrement. En réduisant l’emploi public, le gouvernement se prive d’un levier d’action contre le chômage et maintient des milliers d’agents non titulaires dans la précarité. Ces questions mériteraient d’être plus largement débattues au moment où débute l’élaboration du projet de loi de finances triennal 2011-2013.
Le gouvernement devrait bientôt rendre public son « agenda social » : négociations salariales triennales, retraites, situation des contractuels, droit syndical… Il importe donc dans ce contexte de reconstruire un rapport de force favorable aux personnels, d’autant que le ministre tente de contourner l’opposition des personnels pour imposer une « révolution » statutaire par la voie réglementaire.
Au-delà de l’externalisation des missions qu’il permettrait, le recours à l’intérim constituerait une dégradation supplémentaire des conditions de remplacement et une nouvelle menace pour le statut. Cette externalisation des missions mettrait en concurrence non titulaires déjà recrutés et intérimaires, aggraverait la rotation de personnels précaires et consacrerait l’omnipotence des chefs d’établissement.
La grève du 21 janvier est donc un rendez vous important pour tous les personnels."

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