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Un film de Taïka Waititi (Nouvelle Zélande)

"Boy" Sortie en salles le 12 septembre 2012

1984. Boy a une douzaine d’années. Il est Maori et vit chez sa grand-mère avec son petit frère Rocky et une flopée de cousins. Sa mère est morte et il n’a plus de nouvelles de son père depuis bien longtemps.

Mais il a conservé assez de souvenirs de celui-ci pour l’imaginer en héros, en samouraï invincible, en rugbyman, super star ou roi de la Pop.

En attendant, il vénère Michael Jackson, tente de s’habiller comme lui et connaît sur le bout des doigts, la chorégraphie de son tube "Thriller".

Par ailleurs, Boy qui rêve de faits d’armes et de Chardonnay, la fille dont il est amoureux, doit supporter son petit frère qui se sent nanti des puissances magiques, que sa défunte mère lui aurait transmises en mourant à sa naissance.

Un soir, un mystérieux guerrier fait son apparition. C’est Alamein, le père, tout juste sorti de prison après une peine pour l’attaque d’une station-service. Il pilote une superbe voiture, porte blouson de cuir et est le leader d’un gang poussif, "Les Crazy Horses"

Boy s’efforce de placer ce père à la hauteur de ses rêves et le suit dans son plan secret : retourner la prairie dans laquelle, il a, avant son incarcération, caché le butin d’un hold-up. L’ennui c’est qu’il a oublié l’endroit, même approximatif de la cachette.

Ici, le monde des adultes est montré du point de vue de Boy et le personnage du père est passé par le prisme des fantasmes que le gamin a nourris à son égard pendant toute la durée de son absence.

Ce qui fait de ce père peu recommandable, aux multiples carences, un personnage dynamique, délibérément optimiste, une sorte de héros moderne, entre adolescent prolongé et bandit au grand cœur.

"Boy" a connu un gros succès en Nouvelle Zélande grâce à ses ressemblances, dans le ton général, la tonalité des jeux, le rythme, avec une série télévisée comique "Flight of the Conchords" qui raconte les mésaventures d’un groupe de musique néo-zélandais et dont Taïka Waititi a réalisé quatre épisodes.

Mais ici, le cinéaste, derrière une apparente légèreté, aborde des sujets plus graves. Il joue à la fois sur la réalité (certaines situations du film sont autobiographiques) et sur des souvenirs imaginaires.

Il est fort probable que des clés nous feront défaut pour apprécier pleinement ce film très lié à une culture qui nous est complètement étrangère, à des ressorts dramatiques fonctionnant sur la dérision, sur une grande candeur narrative et un récit bâti sur des contrastes.

Pour donner à son film, une autre facette de la comédie, Taika Waititi, y inclut des dessins dont il est l’auteur et qui, souvent, sont associés aux pouvoirs magiques dont le jeune frère Rocky se croit nanti.

Au bout du compte, une œuvre singulière, assez déconcertante parfois, mais qui procure ici et là un vif plaisir et dont se dégage une fraîcheur dépaysante.

Francis Dubois

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