12 janvier 2012
Alors que le MEN a toujours mis en avant des arguments pédagogiques pour justifier sa réforme, le SNES n’a eu de cesse de souligner que cette réforme, loin de faire progresser les élèves, était avant tout un moyen de supprimer des postes. La réalité donne raison au SNES.
À la rentrée 2011, les effectifs en lycées général et technologique sont quasi stables (3 029 élèves de plus, soit une augmentation de 0,3 %), mais avec des disparités. La dernière génération creuse est entrée en Terminale (0,4 % d’élèves en moins), alors que les effectifs de seconde progressent de 1,3 %. La classe de Première est dans une situation contrastée : moins d’élèves en voie technologique (– 2 821 élèves, soit – 2,1 %) mais davantage en voie générale (8 065 de plus, soit + 2,5 %). La réforme du lycée conduirait-elle les familles à se réfugier dans la voie générale ?
Par contre, le nombre de classes diminue de 1,9 %, la Première absorbant 70 % de ces fermetures. La possibilité de regrouper les élèves dans le tronc commun permet, comme nous le redoutions, de supprimer de nombreux postes. Un tronc commun L/S au lieu de deux classes, ce sont 18 heures de cours balayées, soit l’équivalent d’un service de certifié. 516 classes de Première ont ainsi été fermées malgré la légère augmentation du nombre d’élèves, 7 divisions de moins pour chaque groupe de 30 élèves de plus ! Il est prévu 9 000 élèves de plus au lycée l’an prochain : combien de classes et de profs en moins ? Comment améliorer la réussite des élèves quand les conditions d’enseignement se dégradent ?
La rentrée 2012 se prépare sous de mauvais auspices. Le SNES appelle les collègues à regarder de près les dotations horaires, à faire le compte des heures manquantes, et à se mobiliser pour imposer d’autres choix !