Cahier de textes numérique (CTN)

Cahier de textes numérique (CTN)

La nouveauté de la rentrée 2011 qui touche tous les collègues est l’entrée en vigueur de la circulaire sur le Cahier de Textes Numérique (CTN) qui abroge l’ancienne circulaire de 1961 sur le cahier de textes. D’après le ministère la moitié environ des EPLE en possèderait déjà un par l’intermédiaire des ENT. Les autres EPLE vont devoir s’équiper. Dans ce cas, il faudra veiller à ce que les équipes pédagogiques soient consultées par le chef d’établissement pour le choix et le financement ! De même, il faudra déterminer les besoins locaux en équipement et les faire porter auprès des collectivités. Par ailleurs, une charte utilisateurs doit être rédigée (si elle n’existait pas déjà) et validée en CA (car annexe du règlement intérieur pour les élèves). Le Snes rappelle que les personnels ne sont pas concernés par une telle charte. Enfin, il faut demander une formation en cas de nouvel équipement, ou pour les nouveaux collègues, dès la pré-rentrée.

Le CTN est un document réglementaire (comme l’était le cahier de textes papier). Il concerne une classe, ou un groupe lorsque les élèves de classes différentes suivent ensemble le même enseignement. Ce n’est pas un document public car son accès est réservé à une population bien définie. C’est le chef d’établissement qui la définit, et distribue les identifiants et mots de passe y afférent. Il peut déléguer la distribution à un administrateur. Le mot de passe doit pouvoir être changé par l’utilisateur. Identifiant et mot de passe sont valables pour une année scolaire. Les droits d’accès sont fermés dans les 3 mois dès lors que l’utilisateur n’a plus vocation à accéder au CTN. Le CTN utilise les données relatives aux emplois du temps des classes ou groupes (mais pas ceux des enseignants) : donc soit le CTN est interconnecté avec la base des emplois du temps des classes, soit il faudra y intégrer cet emploi du temps. Les collègues prenant des responsabilités Tice doivent avoir connaissance de toutes ces contraintes techniques qui vont alourdir encore plus leur travail. Il faut aussi demander à connaître les paramétrages possibles et ceux établis par l’administration (qu’il est toujours possible de négocier), afin de savoir qui peut faire quoi.

L’enseignant accède en écriture au CTN de sa classe, dans sa discipline. Il accède aussi en lecture au
CTN de sa classe (pour pouvoir connaître les travaux donnés par exemple), ainsi qu’à tous les CTN. Il doit
pouvoir ne saisir qu’une seule fois ce qui concerne plusieurs classes ou groupes. Il peut aussi saisir avant,
pendant et après, les informations relatives à son enseignement, et pouvoir les masquer jusqu’à ce qu’il
décide de les offrir en accès « lecture ». Un enseignant doit pouvoir accéder à ses cahiers de textes pendant
5 ans et créer des sauvegardes numériques de son CTN.
Elèves et parents n’ont qu’un accès en lecture au CTN de la classe concernée, ou du groupe lorsque
les élèves sont dans plusieurs classes différentes.
Les CPE, et autres personnels de la vie scolaire selon autorisation du chef d’établissement, ont un accès
en lecture à tous les CTN. Il en est de même pour les CoPsy pendant leur service dans l’établissement.
Le chef d’établissement et son adjoint ont accès en lecture à tous les CTN. L’un ou l’autre peuvent
« viser » le CTN après lecture : dans ce cas, le ministère recommande que ça bloque la possibilité de modifier les périodes antérieures à la date de visa électronique. Dans ce cas, il faut demander que les collègues soient prévenus à l’avance.
Les corps d’inspection doivent pouvoir consulter en lecture le CTN « dans le cadre de leurs missions ». Le
chef d’établissement leur ouvrira alors un accès « à la demande », et ils viseront le CTN lors de leur visite
mais il n’est pas précisé si c’est une visite numérique, ou physique. Il faut exiger que l’obligation soit faite
au chef d’établissement de prévenir l’enseignant concerné en cas d’ouverture d’accès du CTN à un
inspecteur.

En ce qui concerne les documents, il n’est nulle part, dans les recommandations ou la circulaire, fait état
de qui prend en charge les documents non numérisés pour qu’ils le deviennent. Le chef d’établissement
est responsable des données informatisées relatives à son établissement. Ce qui figurera dans le CTN
en fait partie. Il faudra faire attention aux éventuelles pièces jointes dans le CTN, en particulier en ce qui concerne les droits d’auteurs et la propriété intellectuelle. Comme les textes de lois dans ce domaine sont particulièrement incompréhensibles, il s’agit d’obtenir qu’une circulaire nationale précise ce qui est et n’est pas autorisé par ces lois, et ce qui « appartient » ou non aux enseignants. Une motion peut-être déposée en ce sens au CA.

En l’absence de précisions réglementaires de l’Administration, le SNES conseille de mettre le
minimum dans le CTN : sommaire du cours, n° et page des exercices, nom du fichier disponible sur le
réseau pédagogique (si besoin). Le problème des documents non numérisés reste entier.