Le premier traitement

Calcul du salaire

Le traitement (salaire) mensuel de tout fonctionnaire est le produit de son indice de rémunération par la valeur mensuelle du point d’indice 4,658075 e (valeur du 1/07/2016), augmenté après six ans de gel. La valeur du point d’indice passera à 4,686025 au 01/02/2017. L’indice dépend de son échelon et de son corps.
En effet, l’échelle de rémunération est composée d’échelon allant de 1 à 11 qui se gravissent progressivement au cours de la carrière (voir chapitre 4 « L’avancement », p. 46).
Pour calculer un traitement brut, il suffit donc de multiplier l’indice correspondant à son échelon par 4,65807 e.
En 2010, l’élévation du niveau de recrutement s’était accompagnée d’une revalorisation des débuts de carrière qui s’est traduite par une rémunération des stagiaires à l’échelon 3. Sous prétexte d’un recrutement un an plus tôt et d’un service à mi-temps, mais en réalité, surtout pour des raisons budgétaires, le ministère a supprimé cette disposition en août 2013. Les stagiaires lauréats des concours ouverts après août 2013 entrent de nouveau à l’échelon 1, puis passeront à l’échelon 2 au 1/12/2016.
La rémunération d’un professeur, CPE ou COPsy, recruté aujourd’hui représente deux tiers de celle perçue au même moment de la carrière par ces mêmes personnels appartenant à la génération de ses parents. Cette politique est néfaste pour la qualité du service public qui ne parvient pas à recruter les personnels qualifiés dont il a besoin. L’annonce gouvernementale d’une revalorisation de 1,2 % en deux fois en juillet pour moitié puis en février 2017 obtenue par nos actions est loin d’être à la hauteur du rattrapage des pertes subies depuis 2000. Le SNES-FSU, le SNEP-FSU et le SNUEP-FSU continuent de revendiquer un plan de rattrapage pour compenser ces pertes.
Les stagiaires auparavant titulaires ou non-titulaires de l’état peuvent être classés (voir p. 50) à un échelon supérieur.
Exemple : traitement brut de certifié débutant, 1er échelon, indice 349 : 1 625,67 e = 349 × 4,65807.
La valeur du point d’indice était gelée depuis le 1er juillet 2010 mais la retenue pour pension civile continuait d’augmenter chaque année entraînant mécaniquement une perte de pouvoir d’achat. Elle est au 1er janvier 2016 de 9,94 % du traitement brut. Elle sera de 10,29 % dès le 1er janvier 2017.

De modestes changements au 1er janvier 2017 pour les stagiaires 2016-2017

Les salaires des professeurs, CPE et CO-Psy sont systématiquement moins élevés que les salaires des fonctionnaires de catégorie comparable, du fait de la part des primes : en moyenne, ce salaire est égal aux deux tiers du salaire d’un cadre. En outre, les heures supplémentaires des professeurs sont décomptées comme des primes et jouent un rôle fortement discriminant, quand bien même elles sont sous-payées par rapport aux emplois. Le SNES-FSU, le SNEP-FSU et le SNUEP-FSU revendiquent la revalorisation des indemnités et l’intégration de la plupart d’entre elles dans le traitement comme faisant partie du processus de reconstruction de la grille.

Au 1er janvier 2017 dans le second degré, le protocole PPCR (Parcours professionnels, carrières et rémunérations) permettra à taux de pension équivalent, d’augmenter d’autant la pension de tous ceux qui partiront à la retraite. En effet, il prévoit dès le 1er janvier 2017 une transformation d’une partie de l’ISOE part fixe en son équivalent correspondant à 4 points d’indice. Ensuite au 1er janvier 2018 viendront s’ajouter la transformation d’une autre partie de l’ISOE en 5 points d’indice soit au total 9 points d’indice en deux ans. Il s’agit de 506,09 e bruts annuels qui seront transformés en points d’indice. Cette transformation n’impacte pas le traitement net mensuel : il s’agit d’une opération « blanche ». En revanche le calcul de la pension de retraite étant fait sur la base du dernier traitement indiciaire, cette mesure aura donc un impact sur les pensions de retraite.

Ces tableaux tiennent compte des revalorisations prévues du point d’indice de 0,6 % au 1er juillet 2016 puis au 1er février 2017 mais aussi de l’augmentation programmée de la retenue pour pension civile au 1er janvier 2017 tout comme le transfert primes ➙ points d’indice à cette même date.

Les métiers de professeurs, CPE et CO-Psy ont été dévalorisés tant du point de vue des conditions de travail que du point de vue de nos rémunérations ; Pour preuve, s’il en était besoin, le manque d’attractivité des concours de recrutement.

La perte continue de pouvoir d’achat du point d’indice subie depuis 30 ans, qui s’amplifie avec le gel actuel, produit des ravages. Même les revalorisations successives de nos grilles indiciaires ne suffisent pas à combler cette dévalorisation. Ainsi, la rémunération du dernier échelon de la hors-classe des certifiés (l’accès n’est pas automatique) est, en euros constants, de 3 % inférieure à celle du onzième échelon de 1982. Dans le même temps, la perte de salaire entre 2000 et 2016 pour un certifié au 8ème échelon représente l’équivalent de deux mois de salaire par an soit près de cinq jours par mois !

La nouvelle carrière et la nouvelle grille indiciaire proposées par le ministère en mai 2016 constituent une revalorisation et une amélioration globale de la carrière de tous les personnels qui, allant au-delà du transfert « prime/points », est un premier pas que le SNES-FSU, le SNUEP-FSU et le SNEP-FSU actent positivement. Cela doit constituer une première étape vers une revalorisation plus générale dans ­l’objectif de faire du corps des agrégés le corps de référence du second degré. Afin de bénéficier à tous et donc de limiter l’individualisation de la rémunération, la revalorisation de la rémunération doit être principalement indiciaire. Elle doit s’accompagner de l’indexation du point d’indice de la fonction publique sur les prix. Dans ce cadre, le traitement mensuel de début de carrière devrait se situer aux environs de 2 500 e brut (2 071 e net) ISOE comprise.

Le classement dans une catégorie définit les bornes indiciaires entre lesquelles se situent les indices de début et de fin de carrière de tous les corps. Il s’agit, avec les professeurs agrégés et certifiés et les CPE, de la catégorie A dite de "conception".

Le rattrapage salarial
Il doit mettre un terme au déclassement de nos professions et prendre en compte l’évolution de nos métiers.

Nous continuons à porter la revendication d’un rattrapage (sans oublier les pensions). Un service public d’Éducation de qualité exige la création d’un emploi public statutaire répondant à ses besoins et une rémunération et des perspectives de carrière pour ses personnels à la hauteur de leur qualification et de leur rôle social. Notre socle revendicatif que nous opposons à l’individualisation des rémunérations et des carrières et aux tentatives de bouleverser l’évaluation reste le suivant : reconstruction de la grille indiciaire (dont intégration des échelons terminaux des hors classes dans une carrière normale) ; avancement accéléré et raccourcissement de la durée de la carrière ; développement de la promotion interne ; création d’agrégations dans toutes les disciplines et spécialités ; revalorisation des indemnités existantes, mesures spécifiques à l’entrée dans le métier. C’est l’objectif des négociations que nous exigeons aujourd’hui dans la perspective de l’agrégation revalorisée comme référence pour tous en terme de recrutement, de rémunération et de temps de travail.

Pour une dynamique d’unification
Dès la mise en place du recrutement au master, nous affirmions la nécessité de construire les processus d’unification entre actuels et nouveaux recrutés.

Dans ces processus, nous veillerons à ce qu’aucune inversion de carrière ne puisse se produire. Ces processus doivent s’appuyer à la fois sur des dispositifs d’intégration de tous avec reconstitution de carrière dans le corps des agrégés revalorisés par concours internes et liste d’aptitude sur des critères clairs et barèmes. L’unification sera ainsi progressivement réalisée. La rémunération est un élément de l’attractivité du métier, donc des recrutements et par conséquent de l’évolution du service public d’éducation. Alors que la profession se renouvelle massivement, comment attirer les jeunes vers nos métiers de moins en moins bien rémunérés, de plus en plus pénibles, avec une mobilité géographique et professionnelle limitée et une reconnaissance sociale insuffisante ?

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