Elèves non francophones

Classes d’accueil pour élèves non francophones

Le BO Spécial n° 10 du 25/4/02) contient les textes de référence relatifs à la scolarisation des nouveaux arrivants et des enfants du voyage. Pour ce qui concerne la scolarité des " élèves nouvellement arrivés en France ", c’est la circulaire n° 2002-100 du 25 avril 2002 qui fait référence.

Ces classes d’accueil « scolarisent de façon temporaire les seuls élèves nouvellement arrivés en France pour lesquels la maîtrise insuffisante de la langue française ou des apprentissages scolaires ne permet pas de tirer profit immédiatement de tous les enseignements des classes du cursus ordinaire. »

Dans le second degré, l’accueil et l’évaluation des jeunes de 11 à 16 ans est assuré par les CIO, tandis que la MGI (Mission générale de l’insertion) est quasi systématiquement mise à contribution pour les plus de 16 ans.

La circulaire 2002-100 distingue 2 types de classes d’accueil (CLA) selon le profil scolaire des jeunes :
- Les CLA-NSA (classes d’accueil pour élèves non scolarisés antérieurement) avec un effectif limité à 15 élèves (" sauf cas exceptionnel ") pour faire acquérir la maîtrise du français dans ses usages fondamentaux et enseigner les bases de l’écrit, en lecture et en écriture (connaissances de base correspondant au cycle III de l’école élémentaire) ;
- Les CLA (pour les élèves normalement scolarisés antérieurement) : l’effectif n’est pas limité puisqu’il doit être " comparable à celui des classes du cursus ordinaire de l’établissement ".

Quel que soit le type de classe, le texte prévoit que les élèves soient le plus souvent et le plus rapidement possible intégrés dans les classes ordinaires.

Les projets des CLA font partie du projet d’établissement. Le texte recommande néanmoins 12 heures de français au moins et l’enseignement d’une langue vivante étrangère (si possible la première langue de scolarisation) dans l’établissement ou avec le concours du CNED. L’horaire global de l’élève doit être identique à celui des autres élèves inscrits dans les mêmes niveaux.

Selon le ministère, 40 000 élèves non francophones ont été accueillis au cours de l’année scolaire 2004-2005 dont 17 800 en collège et 2 800 en lycée. 830 CLA (classes d’accueil) ou MAT (modules d’accueil temporaires) ont été implantés cette même année dans 751 collèges et 81 lycées. Près de 2 000 jeunes de 16 à 18 ans ont été par ailleurs pris en charge par la MGI ou des GRETA.

Commentaires du SNES
Si nous souscrivons à la logique d’intégration qui sous-tend les textes de 2002, nous estimons que cette intégration doit être progressive et maîtrisée par les équipes pédagogiques et ne peut en aucun cas se baser sur des considérations d’ordre purement comptable. Les effectifs des CLA devraient être systématiquement limités (à 10-12 pour les NSA, 15 pour les autres) et les équipes pédagogiques ne devraient subir aucune pression pour intégrer trop tôt un élève dans une classe ordinaire, sous prétexte qu’il faudrait libérer de la place pour d’autres jeunes en attente. Il y a un équilibre à trouver entre le maintien injustifié d’un jeune dans une structure « protégée » et l’intégration à marche forcée dans une structure ordinaire qui pourrait renforcer ses difficultés s’il n’a pas acquis suffisamment d’aisance dans la maîtrise de la langue ou s’il n’est pas suffisamment familiarisé avec le fonctionnement scolaire. Si le texte prévoit, pour le jeune intégré dans une classe ordinaire, qu’un "soutien puisse continuer à lui être dispensé", les établissements en ont de moins en moins les moyens du fait des suppressions d’emplois massives dans le 2nd degré. Nous aurions aimé que la circulaire garantisse une dotation minimale pour les CLA (au moins 30 heures). Le problème reste entier pour les élèves peu ou non francophones dont la dispersion géographique ne permet pas le regroupement en CLA. Le texte prévoit que des enseignements spécifiques de français soient mis en place (modules d’accueil temporaires assurés quelques heures par semaine par un enseignant itinérant) mais, sur le terrain, la solution relève davantage du bricolage en l’absence d’enseignants spécialisés en nombre suffisant.