Journées de réflexion disciplinaire et stages académiques

Colloque sur l’enseignement de l’histoire, Paris, 14 et 15 mars 2008 organisé par le SNES et le CVUH

L’enseignement de l’histoire n’est décidément pas celui de temps définitivement révolus : l’actualité s’invite régulièrement dans nos cours, bon gré mal gré, et d’autant plus quand journalistes ou hommes politiques s’en mêlent.

Ainsi, ces dernières années, on a pu lire dans les journaux que des contestations d’élèves rendraient difficile, voire impossible l’enseignement du génocide des Juifs, de l’esclavage ou de l’islam ; on fait mine de découvrir que l’inculture religieuse de la jeunesse serait telle qu’il faudrait inventer un « enseignement du fait religieux », au mépris de la réalité des programmes et des pratiques ; or la demande d’enseignement du fait religieux pose problème aux enseignants : à quelles pressions contradictoires (famille, institutions), à quelles injonctions peu compatibles avec le souci de laïcité devons nous faire face dans la réalité de cet enseignement ?

D’autre part, si nous avons finalement échappé à une obligation légale de présenter « les aspects positifs de la colonisation », nous sommes en première ligne face à l’injonction présidentielle de transformer un jeune militant communiste fusillé en 1941 en une icône censée édifier la jeunesse de 2007.

Comment se débrouiller face à la double difficulté de traiter des questions qui font à la fois l’objet d’intérêt et de réactions particulières des élèves, et également d’instrumentalisation par le pouvoir ou des mouvements d’opinion ?
Comment prendre en compte dans nos pratiques pédagogiques, dans notre posture d’enseignant, ces questions chargées d’actualité ? Comment utiliser de façon positive cet intérêt pour certaines questions historiques pour mieux transmettre les savoirs et les méthodes de notre discipline, pour en assumer pleinement les finalités civiques sans dévoyer les autres missions de l’enseignement de l’histoire ? Comment en faire autant d’occasions de mettre en activité les élèves, pour mieux croiser approche scientifique et engagement citoyen ?

C’est pour faire le point sur les problèmes posés par l’enseignement de ces « questions sensibles » que le SNES et le CVUH organisent en partenariat un colloque les 14 et 15 mars prochains.
La journée du vendredi sera plus axée sur la question de l’enseignement des questions vives avec Charles Heimberg, Benoit Falaize, Laurence Pierrepont (entre autres).
Le lendemain, d’autres interventions d’historiens permettront de faire le point sur les avancées historiographiques sur l’histoire coloniale (Françoise Lantheaume), l’histoire de l’Afrique (Catherine Vidrovitch), l’histoire de l’immigration (Gérard Noiriel), l’histoire de la République (Olivier Le Troquer et Sylvie Aprile). Des ateliers, les deux après midi, permettront de présenter des pratiques enseignantes (notamment sur l’enseignement de l’esclavage) avec le GFEN et le CRAP, ou encore de discuter des évolutions souhaitables des programmes pour mieux prendre en compte ces questions sensibles.

Nous espérons que ce colloque accueillera le plus grand nombre de collègues possibles.
Parlez en autour de vous, relayez les informations que nous ne manquerons pas de vous diffuser dans quelque temps.

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