Autour du Jazz

« Colors », Diego Imbert quartet Couleurs du temps.

Diego Imbert fait partie de ces compositeurs tentés par d’autres cieux, d’autres métriques. Contrebassiste, il multiplie les pièges pour le batteur, en l’occurrence Franck Agulhon qui sait les entourer pour qu’ils ne se referment pas sur lui. Les références au blues des premiers titres sont à relier avec l’héritage de Ornette Coleman et sa manière de dire au revoir au blues pour mieux y faire référence et lui donner une nouvelle vie. Il ne craint pas, sur « Purple drive » une métrique à 7 temps. Pour en saisir la difficulté, il faut aller voir le film « Whiplash ». Par un filmage superbe, Damien Chazelle montre ce jeune batteur aux prises avec la mise en place des métriques singulières. Rien d’évident.

Jazz : Diego Imbert

Pour son quartet sans piano, décidément à la mode ces temps-ci, il a associé les sonorités du saxophone ténor de David El-Malek et du bugle de Alex Tassel pour construire des couleurs musicales qui passent pour l’arc-en-ciel des métriques. Du 7 au 2 en passant par le 4 qui tient en trois tout en sauvegardant le rythme de la valse sous forme d’ombre chinoise.

Un album réussi, des musiques qui savent construire des univers. J’ai juste un regret. L’absence de mordant, de colère, de révolte pour obliger notre monde à avouer son impuissance à susciter de la fraternité. Malgré tout, il faut reconnaître qu’on s’y trouve bien dans ces compositions mais l’appel aux maîtres du free jazz devrait aussi se traduire par un peu de « sale », de dirty.

Nicolas Béniès.

« Colors », Diego Imbert quartet, Such distribué par Harmonia Mundi.

Le quartet sera en concert au New Morning pour le lancement de l’album le 21 mai à 20h30

Autres articles de la rubrique Autour du Jazz

  • Mémoires vivantes
    Frémeaux et associés proposent un travail de mémoire - doublé du plaisir de l’écoute – à travers trois parutions récentes. « De Manhattan à Saint-Germain-des-Prés » fait traverser une décennie... Lire la suite (13 octobre)
  • « Dreams and Daggers »
    D’abord une pochette étrange de ce double album Mack Avenue, écrite à la main et au design inhabituel, création de la dame qui ne se contente pas de chanter. Original mais pas très lisible pour le... Lire la suite (7 octobre)
  • "Live in San Francisco" Giulia Valle trio
    Giulia Valle, contrebassiste, cheffe d’orchestre et compositeure, mène une carrière des deux côtés de l’Atlantique. De ce côté-ci, elle incarne le nouveau du jazz de Barcelone, de la Catalogne et... Lire la suite (16 juillet)
  • "More Powerful" George Colligan,
    Le pianiste George Colligan fait partie de ces musiciens nécessaires. Il synthétise une grande partie de l’art de ce piano illustré par Chick Corea, Herbie Hancock, McCoy Tyner pour l’énergie avec... Lire la suite (16 juillet)
  • « Thelonious Monk, Les Liaisons dangereuse 1960 »
    S’en souvient-on ? Dans la fin des années 1950, les réalisateurs français de films appelés « noirs » faisaient souvent appel à des groupes de jazz pour la musique de leur film. La collaboration la plus... Lire la suite (2 juillet)