8 juillet 2009
Le livre vert de la commission Hirsch se fixe pour objectif de déboucher sur une loi d’orientation et de programmation pour la jeunesse. Si la volonté d’appréhender dans leur globalité les conditions faites aux jeunes à leur entrée dans la vie active est positive, force est de constater que les propositions manquent pour le moins d’ambition.
Alors qu’on aurait pu attendre une avancée dans la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans, le texte se contente d’une vague obligation pour les communes de prendre en charge tous les jeunes sortant du système éducatif sans le Bac et risque de se réduire, une nouvelle fois, à des parcours d’insertion sociale non qualifiants.
L’appel constant au développement de l’apprentissage et à des organismes de formation extérieurs accrédite l’idée que l’Education nationale ne pourrait être pensée pour tous les jeunes. En outre, est perpétuée l’illusion que ce mode de formation en alternance peut être une solution pour les élèves en difficulté.
Les préconisations sur l’orientation traduisent un renversement complet de la conception actuelle qui se veut progressive, inscrite dans le temps de la formation initiale et du développement personnel et social des adolescents. Réduite à l’information sur les débouchés et à l’insertion, l’orientation assurée par une agence extérieure serait rapidement transformée en un placement en fonction des besoins locaux et à court terme. Où sera alors l’égalité de l’accès aux études et à la qualification ?
Prenant prétexte des 6% d’une classe d’âge sortant sans qualification du système scolaire, le livre vert prend le parti de démanteler le service public d’orientation de l’Education nationale au profit d’un service territorialisé s’adressant à tous publics. Ignorant délibérément la spécificité du public scolaire, il transpose des problématiques et des solutions concernant les jeunes adultes à la recherche d’une insertion. Aucune étude fiable ne permet d’affirmer que la régionalisation et le recours à des services à distance constitueraient une amélioration de la qualité et de l’indépendance des intervenants, particulièrement à l’heure ou le CEREQ formule ces interrogations.
Le SNES dénonce fortement la poursuite d’un projet idéologique marqué par des impératifs d’économies budgétaires et de renoncement à une politique ambitieuse d’élévation du niveau de formation et de qualification de toute la jeunesse. Il défend une conception de l’orientation qui doit être un véritable levier de motivation et de réussite, qui concourt au développement des jeunes et qui est assurée par des conseillers d’orientation-psychologues dont la formation est déjà un gage de qualité et de déontologie.