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Compte rendu des AP (Aide Personnalisée) en seconde, Février 2011 (Reims)

19 mai 2011

 

Au terme des deux sessions, voici mon avis :

1) En tant que professeur principal, je souhaite dire que ce dispositif est chronophage : il alourdit, une fois de plus, la charge qui nous incombe et nécessite aussi de prendre sur les heures de cours pour le mettre en place, alors qu’il est déjà difficile de boucler les programmes. Une fois de plus, on nous impose une charge de travail supplémentaire sans indemnité. Par ailleurs, le professeur principal ne détient pas toutes les données pour orienter ou conseiller pertinemment un élève dans ses choix. De surcroît, peut-on réellement parler de choix, lorsque certaines matières et un quota par groupe sont imposés, sachant, également, que certaines classes se voient proposer deux AP de français, par exemple, alors que sur d’autres créneaux un seul est possible ? Que dire à l’élève qui rencontre de réels problèmes en SVT et qui souhaite un soutien, alors qu’aucun professeur de SVT n’apparait dans le dispositif ? Enfin, le professeur principal doit affronter le mécontentement des élèves, lorsque leurs voeux n’ont pas été respectés, ou encore, lorsque l’élève n’a pas été satisfait du contenu de l’AP. En règle générale, peu d’élèves ont trouvé une quelconque utilité à ce dispositif.

2) En tant que professeur de lettres participant à ce dispositif, mon avis est que le mélange des classes est tout-à-fait contre-productif et particulièrement anti-productif. En effet, comment remédier aux difficultés des élèves, lorsque le professeur n’a pas toutes les données concernant le contenu proposé en classe et leurs aptitudes en matières littéraires et linguistiques  ? Rappelons que, dans mon cas, les élèves viennent de 3 classes différentes, travaillant avec 3 professeurs différents et donc suivant 3 cours différents. Il va de soi qu’il est impossible de trouver un contenu approprié. A cela s’ajoutent le nombre excessif d’élèves et l’hétérogénéité. Alors que ce dispositif est sensé être une solution au problème de l’hétérogénéité dans les classes, il ne fait que l’accentuer.
Ainsi, le professeur se sent mal à l’aise, en porte-à-faux, puisqu’il ne parvient pas à être efficace et qu’il se trouve confronté à l’ennui, voire à l’attitude négative de certains élèves, mal orientés ou disposant de bonnes connaissances sur la notion abordée en AP. Quelle solution pour le professeur en cas de difficulté, puisqu’il est recommandé de ne pas faire du disciplinaire ?

L’AP ne remplit aucunement sa mission et n’est qu’une chimère, un mensonge dans les conditions dans lesquelles il est mis en place. Son appellation est abusive : où est la personnalisation ? Il est un gaspillage d’heures d’enseignement au détriment des heures de cours (cf suppression d’heures de cours en français, histoire-géo et sciences), mais aussi d’énergie pour nous, professeurs, qui nous efforçons, malgré tout, de faire correctement notre métier et de répondre au plus grand nombre. Il ne dépend que de notre conscience professionnelle. Loin de répondre aux besoins des élèves, il les prive d’une aide qui, loin d’être miraculeuse, a, néanmoins, fait ses preuves : l’Aide Individualisée qui permettait au professeur de proposer aux élèves qu’il avait réellement en classe un contenu efficace pour remédier à leurs difficultés repérées en classe ou dans les devoirs ou, au contraire, pour approfondir une notion. Le professeur était d’ailleurs libre de ne choisir que deux élèves (et jamais plus de dix !).

Isabelle HUBERT
(Gentille Organisatrice de l’Education Nationale)

 
 

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