campagne rentrée 2009 - budget

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La Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) vise à concrétiser dans chaque ministère l’objectif de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. C’est dans ce cadre que se préparent la rentrée 2008 et le budget 2009.

RGPP : l’enzyme glouton budgétaire

Les chiffres sont redoutables : sur la période 2009-2012 de l’ordre de 80 000 emplois devraient être supprimés à l’Education nationale.
Un tel objectif ne peut être approché qu’au prix de transformations considérables du système éducatif et de nos conditions de travail et d’emploi.

Dans ce contexte, le passage à 3 ans des bacs professionnels apparaît à la fois guidé par le souci d’économies d’emplois mais doit aussi être lu comme une première étape de transformations plus importantes susceptibles de déboucher sur une fusion des voies technologiques et professionnelles. Chacun en mesure toutes les conséquences tant pour les élèves que pour les personnels.

Cependant, les économies ainsi réalisées, même si elles sont substantielles, sont très largement en dessous des objectifs décrits ci-dessus.

En collège, les économies très importantes réalisées ces dernières années ne laissent plus guère de marge de manœuvre sauf à créer des voies d’éviction vers des formations professionnelles d’insertion (apprentissage par exemple) qui, bien sûr, seraient sous la responsabilité des Régions. Ce n’est pas non plus dans le premier degré que le gouvernement pourra dégager les économies qu’il prévoit, pas plus que dans l’enseignement supérieur où d’ors et déjà des engagements d’augmentation du budget ont été pris.

Le feu risque donc de se concentrer sur les voies générales des lycées avec des diminutions drastiques du nombre d’heures d’enseignement offertes aux élèves. Le battage médiatique sur les comparaisons internationales n’a sans doute comme but que de nous y préparer. Une diminution de 25% des heures dispensées dans les lycées d’enseignement général et technologique représenterait une économie de l’ordre de 25 000 emplois. On est encore loin des 80 000 prévus et c’est aussi sur les conditions d’emploi des personnels que le gouvernement devrait agir pour atteindre ses objectifs.

Imposer des heures supplémentaires, même revalorisées, permettrait à la fois de diminuer le nombre d’emplois et de faire des économies substantielles. Ainsi, imposer 3 HS à chaque prof permettrait la suppression d’environ 30 000 emplois. Par ailleurs, la suppression d’un emploi permet, à crédits constants, de créer l’équivalent de plus de deux postes en heures supplémentaires.

Si toutes ces descriptions paraissent apocalyptiques, on voit bien qu’elles sont le passage obligé pour permettre au gouvernement ne serait ce que d’approcher les objectifs qu’il s’est fixés.