Les positions du SNES sur la formation des enseignants et CPE

Connaître le sujet

Depuis 2010, les enseignants et CPE stagiaires ont un temps de service très élevé devant leurs élèves (temps plein jusqu’en juin 2012, 3h de décharges théorique pour les enseignants et 6h pour les CPE depuis septembre 2012). La formation en alternance est réduite à peau de chagrin pendant l’année de fonctionnaire stagiaire, sous prétexte qu’elle a été faite auparavant en master ce qui est loin d’être le cas !
Pour couronner le tout, le temps de service et les modalités de formation diffèrent complètement d’une académie à l’autre.

Notre projet d’école.

Pour le SNES, l’École doit permettre la réussite de tous les jeunes, quelques soient leurs origines familiales ou sociales, les amener le plus loin possible dans leurs études, en fonction de leurs choix et de leurs résultats scolaires. Parvenir à cet objectif implique de démocratiser l’enseignement par l’élévation continue du niveau de culture et de qualification de l’ensemble de la Nation. En effet, l’évolution des connaissances, les débats et les enjeux économiques, sociaux, politiques qui engagent les futurs citoyens à des choix complexes imposent aux générations futures d’être plus qualifiées.

Pourquoi nous revendiquons une élévation du niveau de formation et de qualification ?

La création des baccalauréats professionnels, le développement des BTS, la création des licences professionnelles... ont permis une élévation générale des qualifications répondant aux progrès des connaissances et des techniques. Les objectifs d’amener 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat et celui d’amener 50% au niveau de la licence (bac+3) correspondent bien à cette nécessité.
Or les recrutements d’enseignants avant la licence ont progressivement été atteints en même temps que l’on élargissait l’accès au baccalauréat et qu’on entamait un processus de démocratisation de l’enseignement secondaire.
Donc, un point d’appui pour une nouvelle étape de démocratisation de l’enseignement secondaire mais aussi de démocratisation de l’enseignement supérieur est bien d’élever la qualification disciplinaire des enseignants, en l’articulant avec une meilleure formation professionnelle.

De plus, le SNES considère qu’enseigner est un métier de haute responsabilité sociale. L’enseignant est un concepteur capable d’adapter ses pratiques aux apprentissages des élèves, à leur hétérogénéité. Son niveau de recrutement, et donc son statut doivent le placer parmi les plus élevés de la fonction publique avec un recrutement au niveau master.

L’élévation du niveau de recrutement des enseignants et CPE doit donc aussi contribuer à l’élévation générale des qualifications. Dans ce cadre, les masters mis en place doivent être d’égale dignité avec les masters existants, c’est à dire d’un niveau disciplinaire solide et en lien avec la recherche.

Pour réussir l’élévation du niveau de recrutement, il faut aider les étudiants !

Il est indispensable que l’allongement de la durée des études soit facilité, notamment par divers dispositifs comme l’allocation d’autonomie, des pré-recrutements et des bourses qui permettent à tous les étudiants de mener leurs études jusqu’à leur terme sans que l’origine sociale ne soit un handicap tout en sécurisant les parcours dans le cas des pré-recrutements.

Une formation professionnelle impérative.

L’élévation du niveau de recrutement des enseignants a pour objectif d’assurer une meilleure qualification disciplinaire et professionnelle. Le SNES porte l’idée d’une formation conçue sur l’ensemble du cursus, depuis la licence jusqu’à la titularisation. Une formation d’abord disciplinaire à l’université, progressivement pré-professionnalisante en mien avec ma recherche et une véritable formation initiale professionnelle après la réussite au concours.

Différentes voies d’accès aux concours
Les cursus de masters disciplinaires spécialité enseignement seraient une des voies pour passer le concours, mais ne saurait être la seule. Le SNES s’est toujours opposé à la création de filières qui enfermeraient les étudiants dans une seule voie : celle de la préparation aux métiers de l’enseignement et de l’éducation.
C’est pourquoi la formation initiale professionnelle doit être conséquente après la réussite au concours et adapatée aux cursus antérieurs de chacun, dans le cadre d’une année de stage qui resterait une année pleine et entière de formation où l’alternance prendrait toute sa place.

Le projet du gouvernement au 6/11/2012
Pour les stagiaires de 2013/2014, l’année de stage serait conservée comme en 2012/2013, donc toujours aucune formation professionnelle !
A partir de juin 2013, un concours transitoire serait organisé avec écrit en juin 2013 et oraux en juin 2014. Entre temps les admissibles pourraient être contractuels 6h payé mi-temps, passer leur master 2 et préparer les oraux pour être stagiaires à temps plein en 2014 !
Enfin, un concours en fin de M1 serait organisé entre février et juin 2014. les lauréats seraient fonctionnaires stagiaires à mi-temps payés plein temps et devraient valider leur M2.

En l’état actuel, le contenu du projet du gouvernement est inacceptable car incompatible avec nos objectifs d’élévation du niveau de recrutement et de la qualification et d’amélioration de la formation des enseignants et CPE. En effet, la position du cocnours en fin de master 1 entraîne de fait une formation successive, l’organisation de la 2e année de master avec un stage en responsabilité est intenable et empêche toute élévation de la formation en lien avec la recherche, l’absence de pré-recrutements et l’insuffisance des aides sociales sont autant de points de blocage qui amène le SNES à ne pas accepter cette réforme.