Thème 4

Contributions

Vous trouverez dans cet article les contributions des syndiqués du SNES au thème 4 du congrès de Grenoble.

Date de publicationNom et prénom de la contributrice ou du contributeurQualitéTitre de la contribution
11/02/16 Marie Cécile Perilla Ecole Emancipée La grève est-elle disqualifiée ?
11/02/16 Claire-Marie Feret, Marc Hennetier et Anne Koechlin Co-secrétaires académiques Rouen Parité et rajeunissement ? S’en donner les moyens !
11/02/16 Thomas Brissaire, Camille Buquet Unité et Action Aix-Marseille, S4 - Secteur communication SNES 2.0 : la transition numérique
17/02/16 Jean-Jacques Mornettas Trésorier S4 La simplification des barèmes de cotisation
18/02/16 Benoit Teste S4 - Groupe de pilotage de l’observatoire de la vie syndicale L’animation de la vie syndicale dans les établissements, une priorité pour l’observatoire de la vie syndicale
22/02/16 Michel Laudon Unité et Action - Créteil Revoir notre position au sujet du conflit israélo-palestinien
22/02/16 Alice Cardoso S4 - Groupe métier Le travail sur le travail pour faire bouger la prescription !
23/02/16 Hervé Le Fiblec & Alain Dalançon Unité et Action Recherche historique et formation syndicale
24/02/16 Clément Vernédal Unité et Action Limoges Les logiciels libres : Au service de nos valeurs
01/03/16 Hugo Lassale, Alain Billate Unité et Action S3 de Bordeaux Le Snes lieu d’échanges de nos pratiques pédagogiques
02/03/16 Camille Buquet S4 Secteur comunication Le SNES et les médias : passer à la vitesse supérieure
02/03/16 Laurent Tramoni UA Aix Marseille Pour sortir de l’ornière de la division, proposer un processus d’unification syndicale qui entraine la fédération et la profession
02/03/16 Laurent Tramoni UA Aix Marseille Pour un syndicalisme enseignant en phase avec le réel de la profession
02/03/16 Laurent Tramoni UA Aix Marseille Pour un SNES à l’ère du numérique
03/03/16 Yvonne Benedetti Les colons israéliens en Cisjordanie : une escalade dans la haine et la violence
07/03/16 Nicolas Beniès EE Contexte de l’action syndicale
07/03/16 Amandine CORMIER / Véronique SERVAT Ecole Emancipée Créteil Mobilisation dans l’éducation prioritaire
07/03/16 Marylène Cahouet, Georges Bouchart, Daniel Rallet, Michèle Olivier élus retraités à la CAN Pour une FGR-FP pluraliste, unitaire et combative
07/03/16 Elisabeth Hervouet EE Créteil Féminiser les instances du SNES, c’est nécessaire, c’est possible … maintenant !
16/03/16 Matthieu Lieritz,Frank BOULLE et Sébastien SALMON secteur formation syndicale Sur la formation syndicale

La grève est-elle disqualifiée ?

Marie Cécile Perilla / Ecole Emancipée

Partant du constat que nous avons de plus en plus de mal à faire des grèves « majoritaires », beaucoup s’interrogent sur la pertinence de cette modalité d’action dans l’absolu, et lui cherchent des alternatives. On ne peut que regretter que les grèves ne soient pas davantage suivies, mais cette modalité d’action en est-elle disqualifiée pour autant ?

En ces termes, le problème est en réalité mal posé, et lorsqu’on se pose de mauvaises questions, on formule de mauvaises réponses. Quelques remarques à ce propos.

L’appréciation de l’impact d’une mobilisation n’est pas qu’affaire d’arithmétique. Une grève génère un militantisme important, crée du collectif, a une visibilité dans le milieu et au-delà dans l’opinion publique. Toutes choses beaucoup moins vraies pour bien d’autres modalités d’action.

Une grève « minoritaire » n’est pas nécessairement minorisante : les collègues qui ne se mettent pas en grève ne la considèrent pas forcément illégitime pour autant. La légitimité d’une grève vient d’abord de sa plate-forme revendicative, de ce que celle-ci représente pour les collègues : leurs préoccupations, leurs inquiétudes, leur colère. Le syndicat défenseur des intérêts des salarié-es est dans son rôle en leur offrant une perspective d’action à la hauteur des enjeux. Et l’enjeu d’une grève c’est aussi ce qui fait sa légitimité : lorsque notre avenir commun est engagé. Le code du travail par exemple mérite une grève, même dans la fonction publique. Le SNES avec la FSU serait dans son rôle en participant à une grève unitaire interprofessionnelle sur ce terrain.

Enfin, avons-nous sérieusement interrogé les alternatives à la grève ? Sont-elles plus mobilisatrices sans parler même d’efficaces ? La votation sur les salaires n’a pas rencontré un grand écho, et nous avons été bien en peine d’en faire quelque chose. Quand nous rassemblons 50 000 signatures sur une pétition, nous nous déclarons satisfaits. Mais 30% de personnels en grève dans le second degré cela représente 100 000 personnes… Cela doit nous faire réfléchir sur la disponibilité supposée supérieure des collègues aux actions moins exigeantes que la grève.
La question n’est donc pas « Peut-on encore recourir à la grève ? ». La bonne question est « Comment recréer du collectif et mettre les salariés dans l’action ? ». L’action syndicale ne se résume pas à la grève, mais elle ne peut en faire l’économie.
Nous devons donc travailler la valeur revendicative de nos actions, nous devons articuler de multiples modalités d’action dans une dynamique propulsive, nous devons construire des arcs unitaires porteurs de cette dynamique. N’oublions pas que notre première tâche syndicale est de ne rien céder.

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Parité et rajeunissement ? S’en donner les moyens !

Claire-Marie Feret, Marc Hennetier et Anne Koechlin / Co-secrétaires académiques Rouen

Le SNES comme la FSU ont, dans une logique de renouvellement, un double objectif de féminisation et de rajeunissement de l’appareil militant. Nous sommes attachés à ces objectifs et il nous paraît essentiel qu’un syndicat soit représenté par des militants qui ressemblent à la profession.
La question cruciale n’est pas, finalement, celle de cet objectif mais plutôt des moyens que l’on se donne pour y parvenir. Il s’agit donc de s’interroger sur notre fonctionnement.

On peut, en effet, se dire qu’on ne bouge rien puisqu’on arrive toujours à trouver les femmes dont on a besoin pour l’affichage. Cela pose de nombreux problèmes car entre cet affichage et la réalité, il y a parfois un gouffre. Finalement le prix de cette parité imposée est que ce sont toujours les mêmes militantes qui sont appelées partout, sans bénéficier parfois de la même formation qu’un militant homme. Ceci amène même un sentiment d’illégitimité. Sont-elles là pour leurs qualités propres ou pour leur sexe ?

On peut, sinon, se demander pourquoi les femmes ne veulent pas militer et on peut étendre ce questionnement aux jeunes collègues. Alors, il s’agit d’adapter nos fonctionnements à ces nouveaux militants et non d’exiger d’eux l’inverse. Nous savons tous que le travail militant est chronophage, qu’il est déjà parfois difficile de mener à bien notre métier à côté et que le tout est souvent incompatible avec vie familiale et vie personnelle.

La question des horaires des réunions est cruciale ! Les réunions après 17h ou le mercredi après-midi sont ingérables pour nombre de nos collègues. Elles empêchent de fait l’entrée en militantisme des jeunes et des femmes. Militer ne relève alors plus d’un choix mais souvent de sacrifices difficiles à accepter même pour les plus engagés d’entre nous.

Si ce premier blocage est vaincu, reste celui de nos fonctionnements internes souvent difficiles à comprendre. Prenons l’exemple d’un certain nombre de nos réunions. Entre les implicites qui excluent de fait les nouveaux arrivés, les interventions longues qui impressionnent et inhibent les plus jeunes, il est difficile d’y trouver sa place. Passons sur les redites, le manque de préparation des réunions et souvent l’absence de synthèse des avis émis. Ces réunions sont nombreuses, chronophages et finalement inefficaces car nombre de militants ne savent pas sur quoi elles doivent déboucher.

Rajeunir et féminiser impliquent donc de mieux accueillir les nouveaux militants, les accompagner sur le long terme. Cet objectif implique l’intégration plus rapide de jeunes militants, des passages de relais anticipés, ce qui ne passe pas nécessairement par une obligation statutaire. Il est nécessaire aussi de favoriser le travail collectif et le partage des dossiers, et donc des responsabilités.
Intégrer ces nouveaux militants c’est aussi leur demander ce qu’ils veulent et ce qui les repoussent et surtout en tenir compte !

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SNES 2.0 : la transition numérique

Thomas Brissaire, Camille Buquet / Unité et Action - Aix-Marseille, S4 - secteur communication

Depuis déjà plusieurs années, le SNES s’est efforcé de renforcer sa communication numérique. Celle-ci repose actuellement sur un site, une lettre de diffusion et une implantation sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter…). La présence sur les réseaux sociaux est une nécessité afin d’établir des liens avec les autres médias et les journalistes et de ne pas laisser le monopole de ces moyens de communication à d’autres : syndicats, mais aussi associations, groupes de pensée pédagogique.. ont depuis longtemps bien compris l’intérêt d’investir ces médias et d’y véhiculer une pensée souvent politiquement orientée, sous couvert de réflexion pédagogique. Concernant les réseaux sociaux, le SNES a en théorie une grosse capacité à augmenter sa présence : alors que notre nombre de syndiqués avoisine les 60 000, notre page Facebook n’est suivie que par 3000 personnes et notre compte twitter, 3200. Il faudrait, autant que possible, et ce dès l’adhésion, proposer de suivre et d’interagir avec nos comptes dans tous les types de communication, mais aussi dans les stages et les réunions, à tous les échelons du syndicat.

Par ailleurs il est absolument nécessaire d’envisager de diversifier encore notre présence sur les médias numériques. Dans cette optique, les sections locales, les militants doivent s’emparer des outils du type blogs, pages, comptes personnels sur les réseaux sociaux, avec l’appui des secteurs communication et FTS. Une politique volontariste devrait être menée en ce sens pour les y inciter en leur fournissant aide technique et formation. Ces nouveaux outils permettent en effet de présenter le métier de manière personnelle, de créer du lien en croisant les expériences, mais aussi et surtout d’intéresser les autres médias, toujours à la recherche d’anecdotes et de points de vue.

Si la communication numérique « descendante » du SNES est actuellement en pleine progression, les carences les plus importantes se situent dans les communications « horizontale » et « ascendante ». Par exemple, on voit se développer, notamment sur les réseaux sociaux, des groupes d’échange entre pairs : c’est un terrain d’information, d’action, de syndicalisation, sur lequel le SNES ne peut se permettre d’être absent. A cette fin, le développement d’outils de type forum, espace de discussion en temps réel et la formation des militants à ces outils « 2.0 » semblent nécessaires. Outre l’aspect collaboratif, ces espaces permettraient sans doute aussi d’attirer plus facilement vers nous les générations de « digital natives » que les formats de communication plus traditionnels peinent à mobiliser.

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La simplification des barèmes de cotisation

Jean-Jacques Mornettas / S4 - Trésorier

Le congrès peut en adopter les principes et la CA de juin en adoptera les modalités comme cela avait été le cas pour le paiement en ligne.

Les barèmes ont été simplifiés cette année en arrondissant le montant de la cotisation à l’euro supérieur.

Une nouvelle piste de simplification serait possible en allégeant la lecture d’ un barème unique dans l’année, par la suppression des frais de prélèvements. Le montant d’un prélèvement se calculerait simplement par division du montant de la cotisation par le nombre de prélèvements et arrondi aux 10 cts supérieurs. Il n’y a donc pas d’arrondi pour 10 prélèvements (ni 5 ni 2).

48 % des syndiqués paient par prélèvement automatique, en petite diminution au profit du paiement par carte bancaire.

Supprimer purement et simplement les frais de prélèvements de 0,40 € par prélèvement revient à priver le Snes de plus de 100 000 € de cotisations, près de 0,9 %.

Le prélèvement automatique (si possible renouvelable) est le meilleur moyen de fidéliser des adhérents et de payer une cotisation plus indolore. Il est de plus renouvelable en ligne ce qui économise du temps militant par rapport au traitement d’un chèque dont la gratuité à l’avenir n’est plus certaine.

Nous pouvons donc faire le choix de favoriser ce mode de paiement en répartissant tous les frais bancaires (prélèvements, rejets, impayés par chèque , frais de CB...) sur l’ensemble des adhérents, certains l’étant déjà comme les frais de CB. Ca peut conduire à une augmentation de 0,9 % de la cotisation, mais à une baisse du montant des prélèvements d’une vingtaine de centimes (augmentation de la cotisation de 1 ou 2 euros mais diminution de 4 euros pour un prélevé en dix mensualités).

D’autres pistes sont à étudier comme la fusion des barèmes certifiés, CPE et Copsy, la simplification des situations particulières.

Rendre plus facile l’acte d’adhésion n’est certes pas suffisant mais absolument nécessaire pour notre syndicat.

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L’animation de la vie syndicale dans les établissements, une priorité pour l’observatoire de la vie syndicale

Benoit Teste / S4 - Groupe de pilotage de l’observatoire de la vie syndicale

Le texte préparatoire du thème 4 donne aux observatoires de la vie syndicale une nouvelle feuille de route qu’il faudra enrichir par les propositions des congrès académiques. Faire un état des lieux du militantisme, coordonner les réflexions et les actions qui se mènent dans chaque académie, aider à la mutualisation des outils existants et proposer des pistes d’actions pour renforcer et revitaliser notre maillage militant, tel a été l’objectif de l’observatoire national installé par le congrès de Marseille, son action devra être amplifiée. Mais l’observatoire doit désormais entrer dans une phase nouvelle de son travail, sans doute plus difficile, qui consiste à faire des propositions plus profondes de réorganisation à partir de cet état des lieux.

Comme le pointe le texte préparatoire, ce congrès doit en priorité avancer sur la place du S2 dans notre organisation. Le but est évidemment d’être au plus près des collègues pour animer la vie syndicale dans les établissements. On sait que le délitement d’une partie de notre réseau de S1 a joué un grand rôle dans notre recul aux dernières élections professionnelles et que sans S1, la syndicalisation ne peut pas progresser. On sait aussi que les déclarations de bonnes intentions sur la nécessaire revitalisation des s1 ne suffisent pas si elles ne s’accompagnent pas d’une réflexion en profondeur sur l’organisation de l’ensemble du SNES pour répondre à cet objectif. Si on se donne comme objectif impérieux que les sections d’établissement aient un référent qui les suit au quotidien (que ce référent soit un animateur de bassin, le S2 directement voire le S3 dans certaines académies), alors il faut consacrer une part des moyens syndicaux à cette tâche essentielle d’animation d’un bassin ou d’un département : le calcul des moyens syndicaux attribués aux académies pourrait donc en effet intégrer le nombre et la taille des départements de chaque académie, en plus du nombre de syndiqués et du nombre d’agents, dans une proportion qui reste à déterminer. Nous devons aussi obtenir un statut plus clair de délégué syndical d’établissement ayant une véritable protection, dans le contexte néo managérial de mise en difficulté de nos s1. Au-delà, c’est tout le SNES qui doit être dans une perspective d’appui à ceux qui sont en charge de l’animation du réseau de S1 et doit chercher à les intégrer au mieux dans le fonctionnement de l’appareil militant, car comment par exemple le passage dans les établissements peut-il être efficace si ce ne sont pas des militants qui ont contribué à l’élaboration des mandats et de la stratégie du SNES qui l’assurent ? Pour passer dans les établissements, pour faire le lien avec la SD FSU, pour toutes les taches militantes, de quels outils les s2 pensent-ils nécessaire de disposer, quelles sont les forces que nous pouvons mettre en face de ces demandes, l’ensemble de l’organisation doit se saisir de ces questions pour faire vivre un observatoire de la vie syndicale utile et efficace.

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Revoir notre position au sujet du conflit israélo-palestinien
Michel Laudon / Unité et Action - Créteil

Dans la partie « solidarités internationale et combat pour la paix » du thème 4 des rapports préparatoires du congrès de Grenoble du SNES, il est question uniquement que de la Palestine, aucun équilibre dans l’analyse alors que le texte commence par « Pour une paix juste et durable ». Rien pour citer un seul exemple sur la situation des droits des femmes et de la liberté de la presse (et syndicale !) à Gaza aux mains du Hamas. Le SNES est engagé avec le Collectif National Palestinien et actif avec la campagne BDS que désapprouvent la plupart des universitaires et intellectuels israéliens ainsi que les militants du camp de la paix.
Aucun soutien n’est donné de la part du SNES à ce camp de la paix, il n’est jamais évoqué dans la presse syndicale de même que le droit d’Israël à vivre dans des frontières sûres et reconnues ce qui est la base d’une « une paix juste et durable »
Pour le SNES il n’existe donc pas d’autres questions internationales ? Pas de problème : en Afghanistan, en Syrie, en Irak, en Iran, au Pakistan, en Corée du nord, au Népal, en Turquie, en Biélorussie, en Russie, au Yémen, en Egypte…etc. ? et que dire plus près de nous de certains états européens ?
La critique de la politique du gouvernement israélien est normale et souhaitable comme doit l’être aussi celles des pays cités précédemment, mais il semble que cela soit une curieuse obsession du SNES ( et aussi de la FSU ). Aucun autre conflit dans le monde a l’honneur d’être aussi couvert de manière unilatérale par la presse syndicale du SNES et la FSU et le seul évoqué à tous les congrès. Pour preuve depuis les 2 dernières années 11 articles : US mag 727 ( 1 page) ; supplément US mag 737 (1 page), US 739,741, supplément US 741 ( 3 pages dans les textes du congrès du SNES en 2014), 743 ( 1 page), supplément US 745( 1 page d’entretien avec Schlomo Sand), 748( 2 colonnes) 748 ( 2 colonnes)et dans POUR 178 et 182
Il est temps que nous abordions le conflit israélo-palestinien de manière plus équilibré afin d’avoir une parole crédible et de nous interroger sur la pertinence de notre participation au BDS

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Le travail sur le travail pour faire bouger la prescription !
Alice Cardoso / S4 - Groupe métier

L’effet des réformes que nous subissons de plein fouet, n’est pas que structurel. Au travers de la réforme des lycées, de la réforme des collèges, celles des programmes, ce sont bien les pratiques, les manières de faire, le rapport de chacun à son propre travail qui sont attaqués. C’est bien pour cela que le sentiment de malaise des personnels est si profond.
Ces stratégies sont bien connues dans les entreprises, pour déposséder les professionnels de leurs repères, de leurs savoir-faire et pour les désigner comme des passéistes, refusant le changement.
Ces injonctions ignorent délibérément la complexité du travail réel et, conduisent chacun, dans un contexte d’affaiblissement des collectifs, à se retrouver souvent seul pour y faire face.
Les collectifs de travail sur le travail initiés par le SNES, visent justement à permettre aux professionnels de passer leur métier au crible de l’activité quotidienne, de ses contradictions et des dilemmes dans lesquels chacun est pris.
L’effet premier de ces débats et controverses est de « déculpabiliser » les collègues qui prennent conscience de la communauté de leur expérience et ne se « sentent plus seuls dans leur métier ». Dans chaque métier, chacun des collectifs se rend compte de la pluralité des manières de faire qui ne se résument pas à des « bonnes pratiques ». Ils discutent des lignes rouges à ne pas franchir, au risque de perdre le sens de leur activité. C’est l’expérience que nous enseignent les collectifs de travail développés depuis 4 ans, dans les académies, sur le métier d’enseignant, de documentaliste, de CPE et de Co-Psy. C’est aussi cela qui amène de jeunes collègues au SNES.
Ces prises de conscience collectives deviennent en effet, des instruments de développement non seulement du métier, mais de la revendication et de l’action syndicale. Elles donnent une épaisseur concrète au quotidien du métier qui du coup habite chacun et fait revenir le réel du métier dans les discussions avec l’administration. Ce peut être une arme redoutable car les caractéristiques des réformes imposées sont leur ignorance du quotidien de l’exercice professionnel et des imprévus auxquels il confronte. Nos décideurs n’aiment pas que le réel des métiers revienne sur la table des négociations car c’est le domaine des professionnels, de leur expertise et ils en sont dépourvus.
L’expérience des collectifs, outre la reprise en main collective du métier qu’elle porte, doit aussi donner des ressources, complémentaires aux autres formes d’action, pour faire « bouger la prescription » et amener les décideurs à tenir compte de l’expertise de ceux qui travaillent . Des pistes sont possibles, dans le sens de nos mandats de Marseille sur l’évaluation des personnels, pour intervenir plus concrètement, sur les critères de qualité du travail qu’actuellement l’administration a d’autorité définis.

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Recherche historique et formation syndicale

Hervé Le Fiblec, Alain Dalançon / Unité et Action

Fondé il y a 30 ans par le SNES et animé par ses militants, l’IRHSES est l’institut de recherches qui permet légalement à notre syndicat d’organiser de façon autonome une formation syndicale pour ses militants.
Le choix fait de conserver les archives pour permettre le développement de la recherche historique par des chercheurs mais aussi par des militants est ancien. Il faut en effet croiser les regards des uns et des autres pour mieux comprendre le passé et ainsi être en mesure de critiquer le discours sur le syndicalisme fondé sur des approches et analyses qui, lui étant étrangers, sont souvent réducteurs ou caricaturaux, quand ils ne sont pas franchement hostiles. La méthodologie et les résultats acquis par ce type de recherches, que nous prônons et pratiquons, constituent à notre avis des fondements indispensables à toute formation syndicale.
Or, si l’IRHSES a progressivement trouvé sa place parmi les centres de recherche liés au mouvement syndical, grâce à sa participation à des colloques donnant matière à des articles, aux travaux menés dans le cadre du CODHOS (Collectif des centres de documentation en histoire ouvrière et sociale) ou à la rédaction de très nombreuses notices du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, Mouvement social, le « Maitron »), s’il a publié des livres et des articles sur l’histoire du syndicalisme enseignant dans son bulletin Points de repères, il manque encore d’une reconnaissance suffisante de la part de notre organisation syndicale et de visibilité dans sa communication.
Si l’intégration de ses contributions dans la politique de formation syndicale nationale s’est notablement améliorée depuis quelques années, les S3 (et plus encore les S2) utilisent encore trop peu les ressources de l’IRHSES, peut-être trop vu comme un club de retraités, voire d’anciens combattants.
Au moment où le syndicalisme dans son ensemble, et le nôtre en particulier, s’interroge sur son avenir, sur son efficacité, parfois sur ses fondements mêmes, la recherche historique et son utilisation pédagogique dans la formation syndicale sont des enjeux majeurs : trop souvent le constat est fait de la faible culture syndicale des jeunes militants qui pourraient s’investir dans le SNES et qui ne se sentent pas suffisamment armés pour le faire.
Il est donc important que le SNES s’appuie sur ce qui existe. Cela suppose de donner une plus grande visibilité aux travaux de l’IRHSES, à la fois sur le site national du SNES, mais aussi dans une presse syndicale rénovée.
Cela suppose aussi et surtout d’étoffer l’équipe militante de l’IRHSES, d’y faire venir des actifs. Mais pas seulement au niveau national. Les S3 et S2 devraient être plus sensibilisés à la nécessité de faire connaître notre institut et à participer à la création d’un réseau national de militants-chercheurs travaillant dans toutes les structures de notre syndicat, assurant la conservation et l’exploitation des archives et de la mémoire militante.
Prenons garde, si aucun gouvernement n’a voulu jusqu’à présent remettre en cause la reconnaissance des instituts et centres de formation syndicale, rien ne dit qu’à l’avenir, le SNES n’aura pas à justifier du maintien de l’agrément de l’IRHSES ; une offensive contre les syndicats après les prochaines échéances politiques n’est en effet pas à écarter.

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Les logiciels libres : Au service de nos valeurs

Clément Vernédal / Unité et Action Limoges

A l’heure du partenariat signé par la ministre de l’Éducation Nationale avec l’entreprise Microsoft, ou de l’organisation de « colo » Microsoft, il est temps pour le SNES-FSU de réaffirmer son engagement en faveur des logiciels libres.
Un logiciel est libre s’il garantit à tous ses utilisateurs les quatre libertés suivantes :
La liberté d’exécuter toutes les fonctionnalités du logiciel,
La liberté d’étudier le fonctionnement du logiciel,
La liberté de copier et diffuser le logiciel,
La liberté de modifier le logiciel et d’en publier les modifications.
Ces libertés permettent aux logiciels libres d’être dignes de confiance en favorisant la transparence et donc la sécurité. Ces libertés garantissent également l’indépendance et le respect des utilisateurs. Mais ce sont bien ces libertés qui favorisent le travail collaboratif, le partage et l’échange, socle de nos valeurs.
L’utilisation des logiciels libres permet également la production et le partage de documents dans des formats ouverts. Le SNES-FSU est déjà signataire de l’appel de l’April (Association de promotion et de défense du logiciel libre) pour l’interopérabilité dans l’Éducation Nationale. Les formats ouverts garantissent l’interopérabilité des des données qui peuvent donc être accessibles et modifiables par n’importe quel logiciel. L’interopérabilité favorise donc le partage et l’échange de fichiers tout en évitant la stratégie d’entreprises commerciales visant à rendre l’utilisateur captif de ses propres logiciels et formats fermés.
Dans l’exercice de nos pratiques syndicales nous nous devons de montrer l’exemple. Nous le pourrons en nous fixant des objectifs ambitieux mais aisément atteignables :
Augmenter la part de nos publications réalisées à l’aide de logiciels libres,
Utiliser exclusivement des logiciels libres pour le fonctionnement quotidien du SNES-FSU à tous ses étages (Logiciels de bureautique, application de messagerie, navigateur web, …),
Partager nos documents, entre les différents échelons de l’organisation syndicale, dans des formats de fichiers libres et interopérables, y compris à destination des syndiqués.
L’utilisation des logiciels libres dans notre pratique syndicale nous permettra de progresser également dans notre pratique personnelle et professionnelle, d’y sensibiliser les élèves pour faire progresser les valeurs auxquelles nous sommes attachés.

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Le Snes lieu d’échanges de nos pratiques pédagogiques

Hugo Lassale, Alain Billate /Unité et Action S3 de Bordeaux

Le Snes connaît des difficultés de syndicalisation. Son image positive auprès des collègues s’érode d’année en année. Les appels ou mails aux permanences sont moins nombreux. Les raisons sont essentiellement liées à son impossibilité à transformer positivement des mesures gouvernementales néfastes à la profession et à conquérir de nouveaux acquis. Ainsi son image de protecteur de la profession est amoindrie. L’essentiel des sollicitations concernent donc les aspects personnels de la carrière liés aux mutations, aux avancements d’échelon ou à des conflits au sein de l’établissement. Une fois ces demandes satisfaites, nombres de collègues ne voient plus d’intérêt à rester syndiqués.
Nous devons donc prioritairement redonné la volonté aux collègues de s’investir dans le champ collectif. Pour se faire le SNES doit, parallèlement aux aspects corporatifs, se présenter davantage comme un lieu d’échanges sur la pratique du métier permettant de proposer des banques de données de cours, des ressources pédagogiques…
Le besoin est réel comme en témoignent la vitalité des sites Internet et les nombreux participants à des stages à visée pédagogique. Notre syndicat n’est pas démuni dans ce domaine : un secteur contenu existe, des publications liées à l’enseignement sont produites dans le cadre d’ADAPT, un groupe métier fonctionne.
Ces potentialités restent trop cantonnées au niveau national. Il nous appartient de davantage les décliner au niveau académique, de recréer des commissions pédagogiques en charge d’animer l’organisation de stages liés aux disciplines, et plus généralement à toute question qui a trait à l’exercice de la profession enseignante. Le Snes devrait devenir un des lieux de réflexion et d’échanges sur le contenu de nos disciplines, expériences d’enseignement, innovations, expérimentations pédagogiques. Le Snes pourraient faire connaître les travaux de la recherche par le biais de stage, de liste de diffusion...
Ce serait donner un nouveau souffle à l’activité syndicale, intéresser des collègues qui ne sont pas préoccuper seulement par les questions corporatistes, combler un manque institutionnel lié à la faiblesse de la formation continue.

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Le SNES et les médias : passer à la vitesse supérieure

Camille Buquet / S4 Secteur comunication

Le but de la communication institutionnelle « nouvelle génération » étant d’occuper au maximum le terrain médiatique par une stratégie de la sidération (« un jour, une nouvelle annonce »), elle se fait de plus en plus agressive. Pour preuve, l’augmentation considérable des conseillers communication au ministère depuis l’arrivée de Najat Vallaud-Belkacem. Cette stratégie nous place de fait dans une position de passivité : nous n’avons d’autre choix que de répondre à ces annonces plutôt que d’orienter le débat dans une direction qui permettrait au SNES de mettre en avant ses idées. Par ailleurs, le choix pertinent de ne pas décharger totalement nos militants nous handicape face à d’autres syndicats dont les militants, davantage disponibles, inondent les journalistes de propositions d’articles, d’interviews etc.

Pour remédier à cette passivité, le SNES doit définir une stratégie active de communication avec les médias. Pour cela plusieurs solutions peuvent être envisagées :

un SG chargé de cette stratégie média pourrait établir à l’avance un calendrier cohérent des sujets à médiatiser, selon l’actualité et les mandats du SNES que nous souhaitons mettre en avant, qui ne seront pas forcément à diffuser sur la forme « officielle » du communiqué de presse.
renforcer le réseau des correspondants communication au sein des académies afin d’être plus réactifs en établissant une liste de contacts en amont qui correspondront aux catégories « tarte à la crème » des médias : un stagiaire et un futur retraité à la rentrée, des enseignants grévistes etc.
développer et encourager la culture du « happening » qui permet souvent de relayer davantage une action très locale, qui ne serait pas forcément relayée sans. L’exemple des zombies de Colombes dans l’académie de Versailles est parlant à cet égard.
dans le cadre d’une culture médiatique qui met de plus en plus en avant des points de vue personnels, il est nécessaire d’encourager, à tous les échelons du syndicat, la rédaction de tribunes publiées dans la presse, en ne se limitant pas aux seules questions de métier mais en élargissant à tous les sujets éducation, ce qui permettraient de mettre en avant nos mandats votés collectivement.
encourager la rédaction d’articles plus courts sur les sites internet, national et académiques, proches des brèves, pour être davantage réactif face à l’actualité. Cette forme est plus susceptible d’être reprise dans les dépêches de l’AEF ou du Café Pédagogique par exemple, à l’affût de réactions à chaud. Par ailleurs, le S4 étant abonné à tous les flux RSS des S3, cela lui permettra d’être rapidement tenu au courant des actions locales et facilitera donc la communication interne.
les compétences nécessaires pour intervenir dans les médias télévisuels ou écrits n’allant pas forcément de soi dans notre culture syndicale, il est nécessaire de réfléchir à la nécessité de former les militants, surtout en responsabilité nationale ou académique, à intervenir dans ces médias.

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Pour sortir de l’ornière de la division, proposer un processus d’unification syndicale qui entraine la fédération et la profession

Laurent Tramoni/ UA Aix Marseille

Pour la première fois depuis près de 10 ans, le congrès national du SNES-FSU se tient après qu’un congrès national de la FSU a adopté un mandat sur l’unité et unification syndicale qui fait consensus dans la fédération et qui nous permet d’avancer : la FSU se situe dans une démarche qui propose aux organisations et aux salarié-es l’action unie sans exclusive autour des revendications (rejetant par la même la conception de la division irréconciliable du mouvement syndical) et pour les organisations qui le souhaitent de débattre ensemble, à tous les niveaux, de la construction d’un nouvel outil syndical et des étapes qui peuvent y conduire, permettant une avancée vers l’unification du syndicalisme. A cet effet, la FSU entend poursuivre et accentuer son travail avec la CGT et Solidaires, sans mettre de limites sur les forces qui pourront participer à cette construction. Elle peut se concrétiser par des formes d’association entre nos structures syndicales.
Cette situation présente pour le SNES-FSU deux avantages.
Le premier, c’est qu’elle permet de réinscrire la démarche du SNES-FSU dans un projet partagé par l’ensemble de la FSU, alors que, dans la période antérieure, les risques de déchirure de celle-ci étaient réels. Quoi qu’il advienne de l’unification syndicale, il n’y a pas d’avenir pour le SNES en dehors d’une fédération influente dans le champ de l’éducation, de la fonction publique d’état et de la territoriale, ce qui suppose de préserver une alliance solide avec les autres syndicats majoritaires dans l’éducation et le supérieur. Il est sain que le SNES-FSU ne se trouve plus obligé de jouer les avant-gardes sur ce sujet, au risque de se couper de sa fédération.
Le second, c’est qu’elle nous offre une occasion d’approfondir la réflexion sur le syndicalisme enseignant. Depuis le congrès de Perpignan en 2009, le SNES-FSU a fortement reculé en termes d’audience, de syndicalisation et de résultats électoraux. Il y a péril en la demeure. Après les élections de décembre 2014, nous devons redéfinir le lien qui unit les professeurs au syndicat majoritaire.
Notre attachement au syndicalisme enseignant de transformation sociale nous oblige à chercher sans cesse des entrées diversifiées dans le SNES-FSU de telle sorte que notre syndicat reste un syndicat de masse, un syndicat majoritaire, condition sine qua non pour qu’il reste utile au syndicalisme de transformation sociale.

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Pour un syndicalisme enseignant en phase avec le réel de la profession

Laurent Tramoni/ UA Aix Marseille

Après les élections de décembre 2014, nous devons redéfinir le lien qui unit les professeurs au syndicat majoritaire.
L’adhésion au SNES-FSU ne va plus de soi : Les collègues ne se syndiquent qu’épisodiquement et pensent le syndicat comme une entité qui leur est extérieure. Le vote pour les listes du SNES-FSU ne va plus de soi, même auprès de syndiqués ! La crise de la démocratie représentative n’épargne pas le syndicalisme et le SNES en particulier. Pourtant, la « soif » de démocratie directe est plus forte que jamais dans le champ social comme dans le monde éducatif. Comment s’appuyer sur ces aspirations légitimes pour repenser nos pratiques syndicales ?
Comment faire en sorte que l’appartenance au SNES redevienne un élément de l’identité professionnelle des personnels du second degré ?
Les controverses professionnelles, didactiques et pédagogiques, doivent être mieux prises en charge par le syndicat qui doit devenir le lieu d’échange et de débat d’une profession qui entend reprendre en main son métier et se réapproprier ainsi son travail. Il serait de ce point de vue intéressant que la formation syndicale investisse syndicalement les questions professionnelles, comme le suggèrent les textes préparatoires, tout comme la question du travail, riche de ses réserves d’alternatives. La section syndicale d’établissement est par excellence le lieu où les salariés peuvent partager la réflexion sur le concret de leur travail, en débattre, l’analyser, discuter les prescriptions, s’accorder sur la façon de faire un bon travail. Cela suppose que nous envisagions le rôle du S1 autrement que de façon descendante : il ne peut être que celui qui rapporte dans l’établissement la bonne parole syndicale élaborée ailleurs, il doit aussi être celui qui organise et rend possible le débat entre pairs.
De la même façon, les modalités d’action classiques, en particulier la grève, ne convainquent pas spontanément un grand nombre de collègues qui seraient pourtant prêts à s’engager à nos côtés, dans un premier temps au moyen de modalités d’action jugées moins connotées, comme l’a montrée l’opération GrainS de sable. Nos plans d’action nationaux doivent également plus systématiquement faire appel aux assemblées générales d’établissement pour que les équipes décident collectivement de modalités d’action qui rassemblent les collègues, facilitent l’entrée dans l’action du plus grand nombre sur le lieu de travail et construisent des collectifs de lutte qui convergent dans l’action vers des rendez-vous nationaux de grève. Nous faisons fausse route quand nous nous défions du local : c’est bien là que se construit la vie syndicale en articulation avec les démarches académiques et nationales.
L’établissement reste en effet le lieu le lieu le plus pertinent pour l’inscription de nos collègues dans la vie syndicale.

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Pour un SNES à l’ère du numérique

Laurent Tramoni/ UA Aix Marseille

Plus largement, l’adhésion au SNES-FSU devrait en effet être perçue comme l’entrée dans un collectif de pairs, solidaires, généreux et mus par une même conception du métier, une "communauté" au sens des réseaux sociaux. Les nouveaux outils numériques ne permettraient-ils pas de développer une offre de services plus étoffée et plus collaborative, permettant aux syndiqués de mettre en commun des ressources pédagogiques, de mener des débats professionnels ou didactique en ligne, d’échanger des préparations ? Ne pourrions-nous proposer à nos S1 des modèles de mails à adapter localement, mêlant informations nationales et informations locales, pour une diffusion indirecte par le S1 ? Ne pourrait-on penser à des services collaboratifs dans le domaine corpo, comme une bourse aux postes alimentée par les syndiqués ou les S1 eux-mêmes ? Ne pourrait-on enfin, en partenariat avec d’autres organisations syndicales ou mutualistes, mettre à disposition de nos syndiqués actifs comme retraités des services d’aide et d’accompagnement dans les démarches administratives de la vie quotidienne, l’action sociales, les crèches, le logement, les démarches liées à la perte d’autonomie ? N’y a-t-il pas lieu de relancer le dispositif réduc’snes, en particulier en province, de renouer avec l’esprit du SNES qui inventait dans les années 80 les premiers outils télématiques ? Les potentialités d’AEA se sont diversifiées, mais nos pratiques militantes n’ont pas suivi, faute de sensibilisation aux enjeux du numérique, faute d’un plan ambitieux de formation de nos militants.
De la même façon, les modalités d’action classiques, en particulier la grève, ne convainquent pas spontanément un grand nombre de collègues qui seraient pourtant prêts à s’engager à nos côtés, dans un premier temps au moyen de modalités d’action jugées moins connotées, comme l’a montrée l’opération GrainS de sable. Les réseaux sociaux peuvent être non seulement un outil d’information, mais aussi un terrain d’action, si nos modalités d’actions sont aussi pensés pour intégrer ces nouveaux outils (cf la pétition El Khomri).
Le thème IV du congrès du SNES-FSU de Grenoble nous offre l’occasion de réfléchir à de nouveaux outils syndicaux qui intègrent l’esprit et les pratiques qui se développent dans la sphère numérique, de les développer au niveau national et académique, et de les mettre à disposition de nos sections syndicales d’établissement. L’établissement reste en effet le lieu le lieu le plus pertinent pour l’inscription de nos collègues dans la vie syndicale, qui plus est dans un contexte accru d’autonomie. Imaginons de nouveaux outils pour que nos sections syndicales retissent des liens avec la profession sur le lieu de travail, pour que les collègues retissent grâce au SNES des liens horizontaux entre syndiqués.

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Les colons israéliens en Cisjordanie : une escalade dans la haine et la violence

Yvonne Benedetti /

Le retrait des colons de la bande de Gaza, organisé par Ariel Sharon en août 2005, n’était en rien le prélude à la décolonisation de tout le territoire palestinien. Qu’on en juge : le nombre de colons est aujourd’hui de 600 000 avec une judéisation progressive de Jérusalem-Est et un nettoyage ethnique de la vallée fertile du Jourdain (1)
Cette colonisation qui s’ajoute à la construction du MUR et des autoroutes de contournement réservés aux seuls Israéliens, a abouti à un émiettement de la Cisjordanie, la Cisjordanie elle-même coupée géographiquement de la bande de Gaza, la bande de Gaza elle-même sous blocus depuis 2006.
A cette évolution connue comme un obstacle à la Paix, je veux en rajouter une autre particulièrement inquiétante, celle de la violence des colons orthodoxes avec l’appui de l’armée israélienne (2)
Le basculement du sionisme "politique" au sionisme "messianique" date pourtant de la guerre des six jours, de 1967 (2). Il s’est manifesté par l’occupation du territoire palestinien alors même que ce territoire ne comptait plus que 22 % de la Palestine historique et par la campagne de haine et d’incitation à la violence. Il est responsable de l’assassinat de Yitzhak Rabin (3) et de l’échec des accords d’Oslo. Il porte également la responsabilité de l’échec de toutes les négociations entre Palestiniens et Israéliens depuis l’an 2000 (4)
Nous assistons à une escalade dans la haine et dans la violence des colons "idéologiques".
Nous assistons à la prise du pouvoir politique en Israël par les ultra- messianiques et ultra-nationalistes pour lesquels toute la Palestine doit être juive.

La FRANCE, l’UE, l’ONU doivent prendre des mesures en URGENCE : sanctionner l’Etat d’Israël jusqu’à ce qu’il accepte d’appliquer le droit international, qu’il accepte, en particulier, la reconnaissance de l’Etat de Palestine (5) avant toutes nouvelles négociations.

PS : 800 personnalités éminentes israéliennes ont signé un Appel, en décembre 2014, pour demander aux parlements européens de reconnaitre l’Etat de Palestine (4). Parmi ces 800 personnalités, le romancier Amos Oz, figure tutélaire de la "paix maintenant", observe quant à lui un boycott des manifestations officielles israéliennes.
(1) 50 000 Bédouins à ce jour contre 250 000 en 1967.
(2) cf le livre de Charles Enderlin "Au Nom du Temple"
(3) cf le film de Amos GitaÏ "Le dernier jour de Ytzhak Rabin"k
(4) cf sous les gouvernements de Barak, Sharon et aujourd’hui Nétanyahou.
(5) l’Etat de Palestine admis à l’ONU, le 29 novembre 2012, sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale a, enfin, redéfini l’Etat d’Israël sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Ouest comme capitale. Il faut savoir que l’Etat d’Israël est le seul Etat admis à l’ONU sans frontières définies.

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Contexte de l’action syndicale

Nicolas Beniès / Ecole Emancipée

Août 2007. La crise financière marque l’entrée dans une crise systémique du capitalisme semblable à celle de 1929 dans la mesure où elle oblige le mode de production à se transformer, à se refonder. Le syndicalisme se trouve obligé de répondre globalement en terme à la fois de politique économique et de défense des intérêts collectifs des salariés. Sur ces deux terrains, l’existence des services publics est essentielle.
La crise c’est le moment où les mutations commencent. Une forme du capitalisme est en train de disparaître et d’autres formes sont possibles. Le champ des possibles, contrairement à l’image que le gouvernement et le Medef veulent nous vendre, est immense. La vogue actuelle de la défense des « communs » est symptomatique de cette construction et apporte des éléments de réponse qu’il faut prendre en compte pour reconstruire un projet de transformation sociale, pour définir une société qui sorte des critères du capitalisme.
Reconstruire des utopies, refonder notre vision de la société est un impératif catégorique pour retrouver une légitimité.
Nous vivons deux crises fondamentales qui s’alimentent. La crise du capitalisme incluant crise écologique et mutations climatiques et celle du mouvement ouvrier dans ses fondations mêmes depuis, au moins, la chute du Mur de Berlin.
Nos organisations syndicales se sont structurées dans les « 30 glorieuses ». Bastions ouvriers et développement des services publics ont été les deux mamelles de la force du syndicalisme. Aujourd’hui, démantèlement des grandes entreprises en petites unités de production, sous-traitance, un capitalisme soucieux de rentabiliser son capital à court terme par l’intensification du travail d’un côté et de l’autre privatisation des services publics sapent les bases du syndicalisme qui n’a changé ni ses fondations théoriques ni ses structures.
La victoire de l’idéologie libérale dans les années 1980 a joué un rôle important dans le recul du « collectif » et la domination d’un « individualisme » exacerbé. Il en résulte un éclatement entre les générations, ainsi qu’une déstructuration du sentiment d’appartenance à une classe sociale. Une classe sociale qui a changé. La précarisation renforce l’éclatement. La féminisation de cette classe fait que les droits des femmes doivent faire partie intégrante de notre plate forme revendicative et des luttes quotidiennes.
La lutte des classes, du coup, se mène à sens unique. Le patronat sait défendre ses intérêts. Des intérêts à court terme qui ne répondent en rien aux nécessités posées par la crise systémique du capitalisme. Que le gouvernement actuel réponde à ces impératifs est un non-sens total.
Les réponses évidentes à la crise écologique et aux mutations climatiques sont une bonne boussole pour appréhender les capacités d’une nouvelle industrialisation. La crise agricole fait la démonstration qu’une des réponses se trouve à ce niveau, dans l’organisation différente de la production agricole en lien avec les besoins des populations. Loin de l’impératif de la compétitivité.
Les mouvements autour du « Commun » réunissent beaucoup de jeunes qui cherchent un avenir dans un monde de plus en plus barbare. Le syndicalisme se doit de répondre à ces aspirations. La profondeur de la crise oblige à renouveler à la fois nos outils théoriques et nos pratiques.

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Mobilisation dans l’éducation prioritaire-

Amandine CORMIER / Véronique SERVAT/ Ecole Emancipée Creteil

La réforme de l’éducation prioritaire annoncée sous Vincent Peillon dans le cadre de la politique de refondation a été finalement mise en œuvre sous la mandature de Najat Vallaud-Belkacem. Cette réforme, comme d’autres avant elle, se fait à moyens constants ce qui enclenche intrinsèquement un jeu de chaises musicales entre les collèges nouvellement classés et les collèges déclassés. Ce principe est globalement accepté par le SNES, qui, certes, conteste la nouvelle carte de l’éducation prioritaire, mais pas l’ADN de la réforme. Personne ne s’inquiète non plus auprès de l’institution du contenu des conventions d’accompagnement de sortie de l’éducation prioritaire qui sont très disparates selon les établissements.

Or les établissements sortant de l’éducation prioritaire, mais aussi d’autres qui n’y entrent pas se sont mobilisés bien an amont de l’annonce tardive de cette carte en CTM le 17 décembre. Pour certains, il s’est écoulé déjà plusieurs semaines de mobilisation avant l’officialisation de celle-ci. Des mobilisations importantes, embarquant dans leur sillage parents d’élèves, élu-es départementaux et municipaux qui se sont bien souvent débrouillées seules pour se synchroniser, se connecter, et partager leurs informations. Elles n’ont pas ménagé leur peine : occupations diurnes/ nocturnes, AG, rencontres avec les parents et les élu-es, coups de force auprès des instances académiques qui leur opposent une fin de non recevoir, démarches auprès des politiques, coups médiatiques, manifestations spontanées. Les personnels ont dû se débrouiller pour vérifier des chiffres légitimant leur classement/déclassement, ont du aussi encaisser les inégalités de traitement faites selon les territoires : Paris, Dijon, Romainville, villes sensibles et tenues par le PS ont obtenu bien mystérieusement et rapidement satisfaction de leurs revendications.
Dans le contexte actuel, avec les politiques éducatives et d’austérité successives qui n’ont cesse de dégrader les conditions d’apprentissage pour les élèves et les conditions de travail des personnels, le SNES aurait du mettre en œuvre dès les premières rumeurs un mot d’ordre de sanctuarisation, « aucun établissement ne sort de l’éducation prioritaire », et d’élargissement du périmètre. Celui-ci aurait été un précieux levier pour fédérer les luttes et harmoniser par le haut des plateformes revendicatives. Il n’en fut rien. Arrivés au 17 décembre, la manifestation nationale ne ressemblait qu’à une marche funèbre, elle n’avait pour les personnels engagés depuis plusieurs semaines dans la lutte qu’un terrible parfum d’amertume.
Le SNES n’a pas cru en ces mobilisations parce que fondamentalement il ne croyait pas dans les revendications alors qu’il aurait dû s’appuyer dessus pour essayer de l’étendre à tous les établissements car elle préfigurait la baisse générale des moyens en particulier des DHG. Le SNES doit réapprendre à gérer les mobilisations, car c’est comme ça qu’on créera le rapport de force indispensable au changement de politique dans l’Education Nationale.

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Pour une FGR-FP pluraliste, unitaire et combative

Marylène Cahouet, Georges Bouchart, Daniel Rallet, Michèle Olivier / élus retraités à la CAN

Le Syndicat des Enseignants, SE-UNSA, a décidé de se désaffilier de la FGR-FP, association de retraités, qui regroupe 47000 adhérents issus de syndicats, d’associations et d’adhérents directs de la Fonction Publique. C’est un coup porté à la seule organisation pluraliste de retraités, créée en 1936. Depuis cette date, elle a résisté à tout : Vichy, la scission syndicale de la CGT en 1947 et celle de la FEN en 1992. En 2014, les effectifs déclarés sont de 19899 pour les adhérents relevant de la FSU, 17310 pour ceux de l’UNSA (dont 15063 pour le SE), 1825 pour ceux de Solidaires, 1390 pour ceux de FO, 5807 pour les adhérents directs.
L’orientation de la FGR-FP est fondée sur la recherche permanente du consensus revendicatif. Elle participe à l’ensemble des actions (sauf celle du 24 novembre 2015, ce qui a provoqué bien des protestations) initiées par l’intersyndicale des « 9 », alors que la CFDT appuyée par l’UNSA refusent toute action de contestation de la politique du gouvernement.
La situation est grave : avec le départ du SE-UNSA, c’est presque un tiers des adhérents qui s’en vont. Cela pose d’abord la question du fonctionnement de la FGR-FP dont le budget va être singulièrement diminué. Dans le contexte actuel, cela renvoie aussi fondamentalement à la nature de la FGR-FP et, au-delà, à des choix de recomposition syndicale qui dépassent le seul niveau des retraités.
Quelles perspectives ? Pour le SNES, la FGR-FP est un outil original, pluraliste, particulièrement utile au moment où les attaques contre les retraités, mais aussi contre le code du travail et le statut de la Fonction Publique se précisent. La Commission Exécutive extraordinaire du 2 mars 2016 a voté l’affiliation de l’Association des Retraités Fonctionnaires de l’Education Nationale (ARFEN) qui vient d’être créée par deux anciens secrétaires généraux, tous deux syndiqués au SE-UNSA, pour donner aux adhérents retraités SE la légitimité de continuer à participer aux travaux de la FGR-FP de façon collective. Mais la question reste entière à terme : le SE-UNSA va dorénavant ne plus inscrire d’adhérents à la FGR-FP, tarissant ainsi une partie du renouvellement de la FGR-FP
Pour le SNES, il s’agit donc d’explorer toutes les pistes pour créer une dynamique favorable à l’élargissement de la FGR-FP à davantage de forces syndicales des trois fonctions publiques, et ce en consultant les adhérents.
Un syndicalisme des retraités de la Fonction Publique maintenant des liens étroits avec les actifs est indispensable.

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Féminiser les instances du SNES, c’est nécessaire, c’est possible … maintenant !

Elisabeth Hervouet / EE Créteil

Rares sont celles et ceux qui ne considèrent pas que féminiser nos instances est aujourd’hui une nécessité pour le syndicat. La contribution de responsables UA pour le congrès FSU, par son existence même est significative. Nos professions sont en grande majorité féminine. L’étude menée à l’initiative du SNES par une sociologue et une ergonome montre que le fait d’être une femme constitue une entrave à la progression de carrière, ce qui doit nous conduire à des revendications spécifiques. Les adhérent-es du syndicat sont majoritairement des femmes. Souvent les secrétaires de S1 le sont aussi. C’est au niveau des secrétariats départementaux, des CA Académiques, des secrétariats académiques et de la CA Nationale que la différence se forme. Le syndicat est féminisé, nos instances ne le sont pas.
L’objectif est donc partagé. Le congrès de Marseille l’a montré en adoptant la modification statutaire proposée par l’Ecole Emancipée qui affirme que les instances du SNES doivent tendre vers la parité. Reste à s’en donner les moyens. Bien sûr les textes de congrès reprennent tous les deux ans les mêmes préconisations : faire en sorte que les réunions soient plus accessibles, permettre de concilier vie personnelle et familiale et vie militante (congrès de Reims). Rembourser les frais de garde d’enfants, favoriser des rythmes militants moins contraignants, tout cela est nécessaire mais semble parfois proche de vœux pieux et surtout les évolutions sont trop lentes, finalement rien ne change vraiment.
La seule façon d’avancer dans la bonne direction est de mettre en place quelques éléments contraignants. La contribution de Rouen pointe deux problèmes aux demi-mesures actuelles : « le prix de cette parité imposée est que ce sont toujours les mêmes militantes qui sont appelées partout, sans bénéficier parfois de la même formation qu’un militant homme. Ceci amène même un sentiment d’illégitimité. Sont-elles là pour leurs qualités propres ou pour leur sexe ? » Mais outre le fait que la question de la légitimité effleure rarement les hommes, ces problèmes sont justement liés au fait que nous ne sommes pas dans la contrainte collective mais dans celle de l’individu, d’où naît la culpabilisation des femmes.
Les femmes ne sont pas, par nature, moins capables de prendre des responsabilités que les hommes. Si elles ont ce sentiment c’est que bien souvent elles se sentent isolées du simple fait que, justement, l’appareil syndical n’est pas féminisé. Le préalable c’est donc de changer l’organisation. Puisque toute organisation tend à se reproduire à son image, pour changer l’organisation il faut imposer la présence de femmes. C’est pourquoi l’Ecole Emancipée fait une nouvelle proposition de modification statutaire : faire en sorte que les listes pour les CAA et CAN comportent au moins autant de femmes que d’hommes. Nous sommes capables de le faire pour les élections professionnelles, comment en serions-nous incapables pour des élections internes ? Si les listes sont paritaires, les élues deviendront plus nombreuses. Et s’il y a plus de femmes élues, plus de femmes prenant des responsabilités, elles montreront à l’ensemble des syndiquées que c’est possible, qu’il y a de la place pour elles aussi. Ce qu’une porte-parole ne peut pas faire seule, la présence de femmes à tous les niveaux de l’organisation le fera.
Il est temps maintenant d’oser la féminisation !

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Sur la formation syndicale

Matthieu Lieritz, Frank BOULLE et Sébastien SALMON / secteur formation syndicale

Quels pourraient être les principaux objectifs de notre politique de formation syndicale ?
D’abord l’établissement : dans les s1, les militant(e)s doivent être réarmé(e)s à la négociation avec les directions et au travail de conviction en direction des personnels. L’action syndicale dans les instances locales doit être repensée collectivement, dans le but de dépasser les difficultés de constituer un rapport de force dans le climat de « déconflictualisation » actuel.
La dimension fédérale de l’engagement militant ne doit pas être oubliée. Les déceptions rencontrées en terme de résultats, lors des dernières échéances électorales, ont prouvé que la dimension fédérale est insuffisamment connue de la part des syndiqués. D’où l’importance de mettre en place des parcours de formation militante, combinant formation syndicale nationale et fédérale.
En direction des syndiqués, la question de la formation au métier et à sa professionnalisation se pose. Faute de formation initiale et continue de qualité, la formation syndicale peut-elle intégrer cette dimension dans ses plans de formation ? La demande s’est accrue depuis plusieurs années.
L’apport de l’IRHSES et de l’Institut de recherche de la FSU, par leurs interventions dans certains stages contribue à enrichir la formation.
La formation nécessite l’adéquation entre besoins académiques et départementaux, et offre de formation nationale, d’où la création des correspondant(e)s académiques de la formation syndicale. Cette fonction pourrait fusionner avec celle de correspondant(e) de l’observatoire de la vie syndicale. Missions : faire connaître au national les besoins locaux, mettre en commun tous les outils de formation de l’échelon départemental à l’échelon national. L’accès du plus grand nombre au « nuage national » doit être mis en débat pour déterminer les limites de son accès.
Formation et syndicalisation : les militant(e)s doivent davantage être en capacité de proposer le bulletin d’adhésion et de convaincre le non-syndiqué de « prendre sa carte ». Doit-on passer par des stages spécifiques ou des interventions dans tout type de stage ou de JRD ? Le congrès à Marseille a voté un mandat sur une formation en direction des « nouveaux adhérents ». L’objectif est de fidéliser les nouveaux syndiqués en leur proposant une offre de formation attractive, dans un parcours de formation sur deux ans. S3 et S2 sauront se saisir de cet outil.
Enfin, la construction d’un nouvel outil syndical, si nécessaire dans un contexte d’offensives toujours plus brutales contre le salariat, passe aussi par la multiplication de formations intersyndicales, et notamment au plus près du terrain, avec les organisations qui se retrouvent dans cette démarche, à commencer par la CGT, mais aussi Solidaires.

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