Apprentissage

DIMA : un "apprentissage junior" bis ?

La circulaire de rentrée (n°2008-042 du 4-4-2008) annonce la création d’un nouveau dispositif qui s’apparente en de nombreux points à l’apprentissage junior, le DIMA, « Dispositif d’Initiation aux Métiers en Alternance ».

Les quelques lignes que la circulaire consacre à DIMA ne renseignent que partiellement sur le dispositif, et n’indiquent pas s’il y aura un cadrage national, ni même quelles seront les modalités d’entrée en vigueur pour la prochaine rentrée.

On apprend que DIMA concerne des élèves âgés d’au moins 15 ans, qui suivront une année entière de formation en alternance, en LP ou en CFA. Et, changement important par rapport à l’apprentissage junior, ces élèves resteront sous statut scolaire jusqu’à 16 ans.

La circulaire précise que DIMA remplace l’apprentissage junior et les CPA, mais qu’en revanche, il vient compléter les dispositifs d’alternance en 4ème. On peut donc craindre que cela n’aboutisse ainsi à la constitution de filières ségrégatives au sein même du collège, avec palier d’orientation précoce (dès la 5ème), éviction anticipée du cursus général, parcours fléchés pour les élèves en difficulté, et sortie rapide du système éducatif avec une formation initiale réduite (il est prévu que DIMA cantonne les élèves à l’acquisition du seul socle commun, mais cet objectif, très insuffisant, n’est même pas garanti : en effet, comment un élève qui suit une grande partie de son enseignement en alternance pourrait-il combler des lacunes déjà importantes au départ ?

Mis à part le fait que l’élève reste sous statut scolaire, avec DIMA, la logique est exactement la même qu’avec l’apprentissage junior. Il ne s’agit donc nullement d’un parcours de réussite pour ces élèves en difficulté, et rien ne leur garantit l’accès à une qualification au terme de la scolarité obligatoire, pas même le niveau V : en effet, les fermetures de BEP risquent de les conduire en CFA, et l’on sait que le taux d’échec en apprentissage est élevé. Par ailleurs, le formations en apprentissage relèvent des compétences, et pour une bonne part, du financement des Régions : or, il se trouve que l’ARF (Association des régions de France) n’est jusque-là pas très favorable à de tels dispositifs ; elle avait protesté contre la mise en place de l’apprentissage junior, et aujourd’hui, elle dénonce l’absence totale de concertation avec le ministère au sujet de la création du DIMA.

On peut donc légitimement se demander si DIMA correspond à une demande, de la part des familles, ou encore des employeurs, ou s’il s’agit seulement d’un moyen d’éviction des élèves en échec, le plus rapidement possible…

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