Elections présidentielles 2017

Dans les urnes et dans la rue

FAIRE DU 1er MAI UNE GRANDE JOURNÉE DE MOBILISATION ET DE RASSEMBLEMENT
contre le front national pour faire avancer les droits sociaux, promouvoir la paix, la justice sociale, l’éducation et la démocratie.
Retrouvez les lieux des défilés sur nos sites académiques.
À Paris, les organisations syndicales FSU, CGT, FO, Solidaires, unies en 2016 contre la loi Travail, défileront derrière une banderole unitaire
Pour en finir avec les reculs sociaux qui font le terreau de l’extrême droite
LE DÉFILÉ PARTIRA DE LA PLACE DE LA RÉPUBLIQUE À 14 H 30

Les instances du SNES-FSU se sont réunies mardi, deux jours après le verdict des urnes plaçant deux candidats en lice, Emmanuel Macron et Marine Le Pen arrivée deuxième avec 21,3 % des votes, au premier tour de la présidentielle.

La gravité de la situation, celle ouvrant la possibilité de voir accéder au pouvoir la candidate d’un parti que nous n’avons cessé de combattre, un parti d’essence anti- démocratique, xénophobe et liberticide, appelait une expression forte du SNES-FSU en tant qu’organisation syndicale porteuse de l’intérêt général.
Les analyses auront à être affinées (sociologie de l’électorat, évolution du nombre de voix par rapport aux précédents scrutins...) mais l’urgence était là.

Le SNES-FSU prend position
La quasi-absence de réactions spontanées immédiates devant le danger de l’extrême droite, à la différence d’avril 2002, a illustré les évolutions produites après plus de quinze ans de politiques résolument converties au libéralisme et assujetties à la finance, le travail de sape du FN désormais considéré comme faisant partie du paysage politique. Or, il n’est et ne sera jamais un parti républicain susceptible à un moment d’incarner l’alternance. Particulièrement dangereux pour une partie de nos compatriotes, facteur de divisions et de haines, ce parti, en accédant à la présidence de la République ferait courir les plus graves dangers à notre pays.
C’est pourquoi, suivant en cela les principes qu’il n’a cessé de défendre, le SNES-FSU se devait de s’adresser à nos professions. Il le fait en étant conscient du mécontentement, des déceptions de tous ceux qui avaient eu foi en la construction d’une société plus juste, de services publics développés, d’une amélioration sensible du système éducatif et que l’hypothèse de voir comme rempart au FN un épigone de François Hollande, promoteur de politiques encore plus nocives, détournerait des urnes. Il appelle à faire barrage au FN immédiatement en n’exonérant pas de leurs responsabilités les gouvernements précédents, en se préparant à mobiliser avec d’autres pour empêcher les attaques contre notre modèle social contenues en germe dans le programme d’E. Macron. Après la présidentielle viendront les législatives.
Le 1er mai, première étape de mobilisation, doit lier fortement les deux dimensions, celle du refus de l’extrême droite, celle de l’expression de nos revendications ; plus nous serons nombreux, plus le message adressé à E. Macron sera explicite : pas de blanc-seing mais la volonté de rassembler les forces progressistes du pays pour garantir les droits, réduire les inégalités, améliorer le pouvoir d’achat de tous.

SANS ILLUSIONS
La nécessité de faire échec au FN, clairement établie comme une priorité par le SNES-FSU, ne nous fait pas oublier les inquiétudes que suscite le programme d’Emmanuel Macron, notamment sur les domaines de la Fonction publique et de l’Éducation.
La stratégie consistant à mêler des thématiques tantôt de gauche, tantôt de droite masque mal la filiation réelle avec les politiques antérieures. Le maintien annoncé de l’objectif de 3 % de déficit budgétaire oblige le candidat à prévoir une réduction de la dépense publique. Sans surprise, cela se traduira entre autres mesures par la suppression de 120 000 fonctionnaires. Comme dans le même temps, E. Macron promet de limiter à 12 élèves les classes de CP et CE1 en zone prioritaire, pas besoin d’être grand clerc pour savoir qui sera frappé par les redéploiements... dans une période où croissent les effectifs du secondaire.
Sur la Fonction publique et l’Éducation le label « moderniste » abonde : E. Macron entend « moderniser » le statut des fonctionnaires, revoir le mode de calcul des pensions pour le rapprocher de celui qui existe pour les salariés du régime général, « moderniser » le baccalauréat – comprenez réduire le nombre d’épreuves et y amplifier la place du contrôle
continu, confier la formation professionnelle aux Régions. Enfin, vient le retour de la valorisation de l’autonomie des établissements couplée à celle du possible recrutement des
enseignants par les chefs d’établissement. Un projet par conséquent entretenant encore beaucoup de flou mais clairement d’essence libérale.

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