1er juillet 2006
Il faudrait être aveugle, pour ne pas se rendre compte que dans un futur proche (déjà présent), la différence sociale, économique et intellectuelle, entre les hommes -celle qui fera que vous aurez une place dans notre société ou pas- tournera autour de la maîtrise de l’information ! Accès, compréhension et production d’information, seront les clés de l’intégration sociale.
Pendant des siècles, ceux qui savaient lire et écrire avaient le pouvoir (l’argent et les armes aident, mais ce ne sont que des outils).
L’école, publique et républicaine, a ramené les arrogants à plus de mesure, en offrant à chacun la possibilité de comprendre ce qui lui arrivait et d’interférer avec les visées manipulatrices de ceux qui avaient ce pouvoir. Il ne s’agit pas d’avoir accès, de posséder, d’utiliser, un ordinateur, une connexion, un téléphone (là aussi, nous sommes dans le domaine des outils), mais de comprendre ce qu’on nous "envoie" comme messages, pourquoi on nous les envoie et de savoir y répondre (ou les contrer).
Qui aujourd’hui enseigne cela ? Voilà pourquoi nous sommes dangereux pour l’institution, pour cette société et, voilà pourquoi, certains verraient d’un bon oeil que le Cdi retourne à l’état de bibliothèque/médiathèque, chambre froide stockant du savoir.
L’hypocrisie consistant à dire : nous vous donnons la culture, la science, la littérature. Elles sont là à portée de la main ou à portée de l’oreille, tant pis pour vous si vous ne comprenez pas. Si vous ne comprenez pas, c’est que vous n’en êtes pas digne. Pas digne de décider de votre sort et du sort du monde.
Cela est tellement évident, que nombre de bibliothèques, municipales ou autres, entament une lente évolution vers cette transmission de la maîtrise de l’information. Expos, conférences, séquences d’initiation à la recherche documentaire, lecture de documents, animations, débats... sont désormais de plus en plus à leur programme.
Devrions-nous reculer, alors qu’elles aussi avancent ? Devrions-nous baisser les bras devant la tartufferie institutionnelle ?
Désolée pour ceux qui avaient choisis d’être e-docs, pensant être tranquilles, nous sommes en première ligne, nous sommes sur le front !
Personne ne se battra à notre place, nous devons être -car nous le sommes- des militants.
Annick, Toulouse !