23 décembre 2009
« Echapper à un péril pour se retrouver face à un péril plus grand encore ». L’expression semble avoir été inventée pour décrire la situation actuelle de l’Education. Personne n’a pu regretter le départ de Darcos. Il fut le ministre des suppressions de postes, le ministre des réformes autoritaires (Lycée, Lycée Professionnel, IUFM, supérieur…), le ministre des mobilisations contre sa politique. Personne, non plus, n’a vraiment eu d’espoir en voyant arriver Chatel. Son parcours, ses idées, la politique gouvernementale dans laquelle il s’inscrit inquiétaient.
Avec ce ministre, L’Education Nationale n’a aucun pilotage politique. Sa seule ambition semble être de casser plus vite, plus haut, plus fort le service public d’Education. Darcos a supprimé 11200 puis 13500 postes ? Chatel en supprimera 16000. Darcos avait promis une revalorisation ? Chatel donnera 100 euros aux nouveaux, et rien aux autres. Darcos avait reculé sur la réforme du lycée ? Chatel la mettra en place sans aucune concertation et en y ajoutant des thèmes qui lui sont chers (autonomie des établissements et renforcement du pouvoir des chefs d’établissements). Darcos avait annoncé l’élévation du niveau de recrutement ? Chatel clôt le débat en décrétant que les stagiaires feront 12 heures, que le concours sera en master 2, etc. Et Chatel en rajoute encore, pour ne pas oublier les collègues de collèges : généralisation du livret de compétences, de l’histoire des arts.
Il y a urgence à montrer la cohérence de cette politique et à construire la mobilisation. Informons nos collègues, les parents, les usagers. Après la grève du 24 novembre, le mouvement continue. Le 10 décembre, le SNES appelle tous les établissements à organiser une heure d’information syndicale. Partout, le 10 décembre, on débraye 1 heure en participant à cette réunion. Des initiatives de luttes sont prises partout (rencontres avec les parents, diffusion de tracts…) Au-delà de ces actions, le SNES estime qu’une action nationale d’envergure est nécessaire, et propose à ses partenaires d’organiser une grande manifestation nationale en janvier.
Jean Louis PEREZ, Secrétaire académique