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Un film de Chad Chenouga (France)

« De toutes mes forces » Sortie en salles le 3 mai 2017.

Nassim est élève de première dans un grand lycée parisien et vit seul avec une mère profondément dépressive. Au retour d’un week-end avec des amis, il la retrouve étendue au sol, morte.

Suicide ou prise massive d’antidépresseurs... Il lui faudra, dans un second temps, qu’il ait accès à son dossier de la DDASS pour que Nassim connaisse enfin la vérité.

A la reprise des cours, l’adolescent annonce froidement à ses camarades le décès de sa mère mais invente qu’il a été recueilli par un oncle alors qu’il se trouve dans un foyer en banlieue éloignée ou, malgré la bienveillance de la directrice, il a du mal à s’adapter, n’ayant aucune affinité avec les autres pensionnaires.

Dès lors, Nassim va naviguer entre deux vies, le lycée où il côtoie des garçons et des filles issus de milieu bourgeois et le foyer fréquenté par de jeunes banlieusards.

Deux univers qui ne doivent à aucun prix, se rencontrer.... Jusqu’au jour où...

Cinéma : De toutes mes forces

Après avoir réalisé un premier film, « 17, rue Bleue » dont le scénario puisait dans les souvenirs de son adolescence douloureuse auprès d’une mère en perdition, « La Niaque », une pièce de théâtre donnée en 2011 à Nanterre Amandiers, où il racontait son placement en foyer, il entreprend de tourner « De toutes mes forces » sur un scénario voisin...

Dans ce film de Chad Chenouga, tout sonne juste depuis l’atmosphère d’un lycée des beaux quartiers jusqu’à celle d’un foyer pour adolescents issus du bas prolétariat et chaque personnage est finement dessiné depuis les pensionnaires avec des portraits contrastés qui échappent tous au cliché jusqu’aux encadrants, même parmi les plus en retrait du récit.

Mention spéciale à Yolande Moreau qui interprète le rôle de la directrice entre main de fer et cœur sur la main avec une belle sensibilité.

«  De toutes mes forces » est un film généreux sans la moindre trace d’angélisme ou de misérabilisme et la personnalité de Nassim, par son charisme en dépit de ses fluctuations d’humeur, joue en quelque sorte le régulateur de l’équilibre constant du récit.

De la même façon qu’il jouait auprès de sa mère dépressive un rôle de responsable, il prend sa vie en main et trouve, dans le dédale des épreuves qu’il traverse, une ligne favorable à son épanouissement.

L’écriture minutieuse, le justesse des dialogues, la parfaite maîtrise des articulations du scénario apportent au film dans sa progression dramatique, une fluidité sans pour autant faire l’économie de l’aridité du sujet.

Francis Dubois

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