L’argumentaire du S1

Décompte des grévistes, qui a raison ?

, par Jacques Lacroix

La querelle de chiffres entre le gouvernement et les syndicats à propos du décompte des personnels en grève, pour traditionnelle qu’elle puisse paraître, n’en constitue pas moins un des éléments de la bataille actuelle.

Une fois encore, la communication des uns et des autres sur le décompte des grévistes a mis en évidence de grandes disparités entre les pourcentages donnés par le ministère d’une part et par le SNES-FSU d’autre part.
Si le décompte du nombre de grévistes est peu ou prou le même, c’est sur le nombre d’agents à prendre en compte comme dénominateur pour les taux que résident les différences... et les désaccords.
Le ministère prend comme référence l’ensemble des agents, qu’ils soient de service ou non.
Ainsi, au niveau d’un établissement, pour ce qui concerne les enseignants, c’est l’ensemble du corps professoral de cet établissement qui est pris en compte. Le taux annoncé (le pourcentage issu du calcul du nombre de grévistes par rapport au nombre total de professeurs) est donc celui des agents qui feront l’objet d’une retenue sur traitement.

Avoir effectivement cours
Le SNES-FSU, considérant que faire grève c’est cesser le travail, prend comme référence le nombre d’agents devant effectivement travailler, les « attendus ».
Ainsi au Collège Jean-Zay (voir tableau ci-contre), nous ne prenons en compte pour calculer le nombre de professeurs potentiellement grévistes que celles et ceux ayant effectivement cours à une heure donnée et qui ne vont pas assurer leurs cours parce qu’ils sont en grève. Si vous n’êtes pas censé faire cours (pas à l’emploi du temps, en stage – c’est hélas de plus en plus rare –, en arrêt de travail, en voyage scolaire...) vous n’êtes pas compté dans celles et ceux pouvant faire grève.
Le même principe s’applique pour les autres catégories.
Ces chiffres nous sont transmis par nos correspondants dans les établissements, secrétaires et trésoriers de S1 notamment, qui souvent les obtiennent auprès de la direction de l’établissement.

Étonnant non ?
Les deux logiques de décompte, celle du ministère et la nôtre, s’opposent donc : nous avons la conviction que notre méthode de décompte est plus proche de la réalité de
la vie des établissements que celle du ministère, purement financière, mais la grève n’est pas le seul espace où ce hiatus se manifeste.

Exemple

Collège Jean-Zay Nombre de professeurs dans l’établissement (A) Nombre de professeurs ayant cours à 9h (B) Nombre de grévistes (C) Pourcentage de grévistes selon le ministère (C/A) Pourcentage de grévistes selon le SNES-FSU (C/B)
50 30 20 20/50=40% 20/30=66%

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