Communiqués

Diplôme national du brevet (DNB) : le leurre du Livret de compétences et de l’épreuve d’histoire des arts.

Communiqué de presse du SNES-FSU, du SNEP-FSU, du SNUEP-FSU

A la veille des épreuves terminales du DNB, le SNES, le SNEP et le SNUEP dénoncent la mascarade d’évaluation imposée aux personnels à travers le Livret personnel de compétences (LPC) qui se trouve ainsi totalement décrédibilisé et l’épreuve d’Histoire des Arts. Ils demandent à nouveau au ministère de renoncer au LPC et de supprimer cette épreuve d’histoire des arts. Ces dispositifs ne sont que des leurres agités par le ministère pour cacher l’abandon de toute ambition éducative au collège.

Pour la première fois en effet, les élèves de 3ème doivent, pour obtenir le DNB, avoir au préalable validé les 7 « compétences » du socle commun.

Cette validation a donné lieu à une véritable « foire aux dérives » de toutes sortes, bien loin de tout intérêt et de toute pertinence pédagogiques, comme le montre le « florilège » réalisé par le SNES.

Cette situation était prévisible au vu des 98 items qui composent le LPC, tant ils sont disparates, flous et, pour certains, non pertinents comme objets d’évaluation ou impossibles à évaluer sérieusement.

Dans les établissements, les stratégies ont été diverses : refus collectif de renseigner le LPC, validation systématique des 7 « compétences » pour tous les élèves afin de n’en pénaliser aucun pour l’obtention du DNB, solutions intermédiaires… Et là où les équipes ont accepté de « jouer le jeu » malgré souvent leurs fortes réserves, elles sont écœurées face aux pressions exercées ou aux évaluations modifiées dans leur dos par l’administration pour que l’établissement affiche des statistiques plus « présentables ».

Ce n’est pas la notion de « compétences » que rejettent les enseignants, qui évaluent déjà leurs élèves sur les compétences travaillées dans le cadre des programmes, mais la demande qui leur est faite de renseigner le LPC et de devoir satisfaire à des objectifs statistiques fixés d’avance.

Concernant l’autre nouveauté de cette session, l’épreuve d’histoire des arts (HDA) affecté d’un coefficient 2 au DNB, les personnels ont eu à cœur qu’elle se déroule au mieux malgré l’absence de cadrage national et de moyens de concertation.
Mais, là encore, la diversité de situations et les nombreux dysfonctionnements montrent que cette évaluation perd toute crédibilité : jurys composés de professeurs qui n’ont pas forcément enseigné l’HDA, critères locaux de notation imposés, notes systématiquement remontées par le chef d’établissement afin d’afficher des statistiques acceptables…

Le SNES, le SNEP et le SNUEP considèrent que doit s’engager une vraie réflexion, approfondie et concertée, sur l’évaluation des élèves – en lien avec les contenus enseignés - pour que celle-ci soit plus soucieuse de repérer leurs réussites que de sanctionner leurs lacunes, mais sans démagogie ni mascarade. Ils demandent que les moyens soient donnés aux enseignants pour que l’enseignement interdisciplinaire d’HDA soit organisé sérieusement et que soit définie une évaluation plus juste des élèves.

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