Communiqués

Diplôme national du brevet : tous les moyens sont-ils bons pour faire du chiffre ?

Tous les moyens sont-ils bons pour le ministère pour afficher d’excellents résultats au brevet et publier des statistiques très favorables malgré les conditions calamiteuses de travail des élèves et des personnels dans les collèges ?

Lors de la délibération des jurys, souverains dans la délivrance du diplôme au vu des résultats obtenus en repêchant éventuellement les candidats aux résultats « tangents », des consignes précises semblent avoir été données aux présidents de jurys pour que le diplôme soit attribué à des candidats qui étaient très loin d’avoir obtenu la moyenne de 10 sur 20 : repêcher jusqu’à 8,5 de moyenne !
Déjà l’an dernier, des inspecteurs d’académie avaient fait pression sur certains jurys pour que le taux final de lauréats du diplôme soit au moins égal à celui de l’année précédente.

Mais la mascarade n’a pas lieu qu’à cette dernière étape. Le florilège que le SNES a réalisé à partir des nombreuses remontées d’établissements, montre que les enseignants ont également fait l’objet de pressions en amont des épreuves terminales pour qu’ils remontent les notes de vie scolaire et/ou celles de l’épreuve orale d’histoire des arts (passée en interne dans l’établissement) et pour que la maîtrise du socle commun via le livret personnel de compétences (LPC) soit validée pour un maximum d’élèves !

Cela n’a pas empêché le ministère d’annoncer au CSE du 7 juillet 2011 qu’il afficherait très prochainement un bilan très positif de l’évaluation du LPC.
Il se gardera sans doute de préciser que les enseignants ont été particulièrement déroutés par ce LPC qui comprend 98 items disparates et flous à valider, parfois sans lien direct avec ce qui est enseigné en classe, et qu’ils ont exprimé à plusieurs reprises et de multiples façons leur impossibilité de renseigner sérieusement ce livret.
Il se gardera sans doute aussi de préciser que les chefs d’établissement subissent également des pressions pour que leur établissement affiche un taux « présentable » de validation du socle (en lien avec le contrat d’objectifs qu’ils ont signé avec le recteur) et que c’est eux qui valident in fine les 7 compétences du socle, quoi qu’aient pu dire ou écrire les enseignants qui avaient eu les élèves en classe.

Le SNES considère qu’il est grand temps de mettre un terme à ces pratiques qui nuisent à l’image de l’institution et bafouent l’éthique et le professionnalisme de ses personnels.
Il exige l’abandon du LPC, de la note de vie scolaire et de l’épreuve orale d’histoire des arts telle qu’elle est imposée aujourd’hui sans aucun cadrage national.

Il demande solennellement au ministre de cesser de faire du « chiffre » en bradant un diplôme national, élément structurant du collège, qui garde une valeur symbolique et initiatique forte pour les élèves, et qui leur permet de passer quelques concours, notamment dans la fonction publique.

Il demande l’ouverture de discussions pour que l’évaluation des élèves soit plus soucieuse de repérer les réussites que de sanctionner les lacunes, mais sans démagogie, ni complaisance.

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