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Un film de Terence Davies (Royaume-Unis - Belgique).

« Emily Dickinson, a quiet passion » Sortie en salles le 3 mai 2017.

En Nouvelle Angleterre, au XIXème siècle.

Dans son pensionnat de jeunes filles de bonne famille, la jeune Emily Dickinson se singularise par un comportement sans détours et ses doutes vis à vis des discours évangéliques qui y sont professés.

Face à ces attitudes rebelles, son père décide de la ramener au domicile familial pour le plus grand bonheur de sa sœur Vinnie et de son frère Austin.

Très attachée à sa famille, Emily Dickinson n’a jamais supporté de se retrouver éloignée des siens auprès de qui elle sera amenée à passer la plus grande partie de sa vie.

Passionnée de poésie, elle obtient de son père l’autorisation d’écrire la nuit et caresse l’espoir d’être un jour publiée.

Au fil des années, Emily poursuit sa recherche de la quintessence poétique. Sa rencontre avec une jeune fille indépendante et réfractaire aux conventions sociales va renforcer sa tendance à se rebeller et dès lors, elle n’hésite plus à s’opposer à quiconque voudrait lui dicter sa conduite.

Personnage énigmatique devenu mythique, Emily Dickinson a été, après sa mort, considérée comme l’un des plus grands poètes américains.

Cinéma : Emily Dickinson

Le film de Terence Davies retrace la vie de la poétesse depuis son départ du pensionnat de jeunes filles jusqu’à sa mort après qu’on a découvert que les crises douloureuses dont elle souffrait étaient dues à une forme d’insuffisance rénale incurable.

Terence Davies la présente comme une vieille fille en devenir puis comme un personnage tellement entier dans ses jugements et tellement rigoureuse tant vis à vis des autres que vis à vis d’elle même qu’elle apparaîtra, passée la trentaine, comme une célibataire définitive que seule, l’écriture de la poésie qui la maintient dans un état d’émotion, lui épargne d’apparaître comme une femme aigrie.

De facture très classique, «  Emily Dickinson » s’attache à une reconstitution de l’époque et du milieu bourgeois auquel appartient la famille Dickinson, particulièrement soignée.

Les personnages flirtent avec le stéréotype. Mais là encore, le soin qu’on a mis à les dessiner les sauve le plus souvent du cliché.

La nature enjouée de Vinnie fait contraste avec la sévérité des jugements d’Emily.

Le choix qu’a fait Terence Davies de couvrir la totalité de la vie d’Emily Dickinson, laisse une impression de durée et de redites et rend le récit presque à chaque fois, prévisible. Et même si les personnages sont attachants, les retrouver à chaque étape de leur vie, égaux à eux-mêmes et sans grande surprise, est parfois lassant.

Mais la reconstitution est parfaite, les comédiens superbes et lorsque le récit pénètre dans l’intimité des personnages, qu’il bouscule la rigidité des postures et des comportements, le film respire.

Mais la grande rigueur du récit est aussi un atout majeur du film.

Le public qui aime les belles reconstitutions appréciera «  Emily Dickinson  »

Francis Dubois

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