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En mars à Dijon, projections gratuites au bar "l’Annexe" à Dijon

Se retrouver chaque lundi autour d’un film documentaire puis discuter ensemble des maux dont souffre notre société, voilà ce qui proposé chaque lundi soir par une association à l’Annexe (47 rue Devosge à Dijon, 03 80 72 38 71). Journée de la femme, journée mondiale de l’eau, semaine du développement durable, ce programme est rythmé par les rendez-vous institutionnels. Chaque troisième lundi de chaque mois, la projection-débat est organisée en collaboration avec ATTAC.

Les évènements qui frappent actuellement les Antilles apportent un éclairage particulier sur cette France au-delà des océans. Nous en profiterons pour voir un exemple de chantier d’insertion à la Réunion.
le 02/03 à 20h30 : Le Titanic apicole : la terreur pesticide de Dominique et Ananda Guillet (France - 135’ - 2008)
Les Abeilles transhument vers le néant. Les Abeilles désertent par centaines de milliards. Les ruches se vident en moins d’une semaine. C’est une nouvelle catastrophe, qui s’annonce d’amplitude planétaire, car les abeilles pollinisent 40 % des récoltes agricoles et une grande partie de la flore naturelle. Cette catastrophe se nomme "syndrome d’effondrement des colonies". Ce film documentaire est un cri d’alarme. Que deviendrait l’humanité sans les Abeilles ? C’est aussi un réquisitoire implacable contre les empoisonneurs publics, les Monsanto, les Bayer, les Basf, les Syngenta, etc... Ainsi que le demandait Roger Heim, Président de l’Académie Nationale des Sciences, en 1965, dans son introduction au "Printemps Silencieux" de Rachel Carson : « Quand mettra-t-on les empoisonneurs publics en prison ? »
Dans ce film, l’empoisonnement des abeilles, de l’humanité et de la biosphère est dénoncé par de très nombreux lanceurs d’alerte : Fabrice Nicolino (journaliste), Jean-Pierre Berlan (INRA), Christian Vélot (CNRS), Professeur Bonmatin (CNRS), Professeur Belpomme (cancérologue), Dominique Guillet (Kokopelli), Cécile Fléché (anciennement Affsa), Patrick Drajnudel (Etoiles des Abeilles) et de nombreux apiculteurs de France (Maurice Coudoin, Franck Alletru, etc), de Suisse et des USA. La partie adverse est représentée par Jean-Charles Bocquet, directeur de l’UIPP, le lobby des pesticides, et Jean-Paul Faucon, chef d’unité au laboratoire de pathologies des abeilles de l’Afssa de Sophia-Antipolis. Dans ce film-documentaire, les réalisateurs exposent l’affaiblissement et l’effondrement des colonies d’abeilles suite à l’épandage massif de pesticides depuis des dizaines d’années, la corruption des hautes administrations et de l’INRA, la collusion entre ces administrations, les industriels des pesticides et les scientifiques "indépendants" (mais néanmoins à la solde de l’agro-chimie), la complicité des coopératives agricoles, les mensonges de l’UIPP (le lobby des pesticides), la lâcheté et la duplicité de l’Afssa, les fondements mortifères de l’agriculture moderne, le refus d’écouter les lanceurs d’alertes... Ce film se termine sur un appel, du journaliste Fabrice Nicolino, à la révolte, un appel à se révolter tout de suite, maintenant, contre les industriels pesticideurs, un appel à les poursuivre devant les tribunaux, un appel à dénoncer les crimes contre l’humanité perpétrés par l’industrie des pesticides.
le 09/03 à 20h30 : A Bamako, les femmes sont belles de Christiane Succab-goldman. (France - 64mn - 1995)
à l’occasion de la journée de la femme du 8 mars
"A Bamako, les femmes sont belles", dit la chanson. La réalisatrice, guadeloupéenne donc "une africaine perdue à jamais", part à la rencontre sensible et respectueuse des femmes de Bamako et de Ségou qui construisent le Mali. Une vingtaine d’entre elles, de milieu et de niveau d’éducation différents, parlent de leur quotidien et le film fait ressortir la force de chacune.
Toutes parlent de leur vie professionnelle, des réseaux d’entr’aide qu’elles mettent en place, que ce soit dans une clinique ou pour des services juridiques. Aissa est maintenant exploitante de carrière, mais elle est issue d’une famille de pécheurs, est devenue coiffeuse, puis tisseuse, et dirigea une entreprise qui l’emmena jusqu’à New York. En 1991, les femmes se sont révoltées contre le gouvernement militaire, l’armée a ouvert le feu sur elles. Deux jours après, le gouvernement est tombé. A Ségou, une coopérative de femmes a réussi à avoir une fontaine. Elles ont vendu l’eau en temps de sécheresse ; maintenant, elles ont fondé leur troupe de théâtre. La polygamie est une douleur et l’excision une tradition qu’elles dénoncent. Clairement, ces femmes sont sortie de l’ombre, "elles ont les yeux ouverts".
le 16/03 à 20h30 - Les soirées d’ATTAC : La crise.
Désormais, chaque troisième lundi de chaque mois ATTAC animera avec les colporteurs une soirée autour de la mondialisation.
Le monde est en crise. La crise n’est pas seulement économique, elle est aussi alimentaire, écologique et sociale. Durant cette soirée nous feront le point sur ces différents aspects de la crise, ses conséquences et les solutions à inventer.
le 23/03 à 20h30 : Jordanie, l’eau en héritage ? de Bernard Boespflug. (France - 52mn - 1999)
à l’occasion de la journée mondiale de l’eau du 22 mars
Enjeu majeur au cœur des préoccupations géostratégiques, "nouvel or noir", l’eau, son partage, son économie, son retraitement et ses capacités de développement s’étudient ici, en Jordanie, depuis les terres agricoles de la vallée du Jourdain jusqu’aux rues de Ammân, la capitale. Agriculteurs, ingénieurs et hommes politiques témoignent de son histoire et des perspectives.
"Dans un pays aride comme la Jordanie, les ressources en eau sont limitées et celui qui possède les sources peut nourrir son peuple." Sur l’antique site de Petra, le guide confirme que les Nabatéens se sont inclinés devant les Romains quand ceux-ci ont découvert les sources et leur système de canalisations. L’enjeu de l’eau se mesure aujourd’hui aux efforts d’organisation et de rationalisation des autorités à partir de différents ouvrages : le centre de distribution de Wadi Moussa, la station d’épuration de ZAI ou le centre de contrôle de Dirar, informatisé pour piloter le réseau d’irrigation de toute la vallée. Néanmoins, les terres cultivées de la vallée du Jourdain aussi bien que la ville d’Ammân sont soumises au rationnement. En effet, la Jordanie, qui a vu en 1952 sa population doubler en une semaine avec l’arrivée des réfugiés palestiniens, possède peu d’eaux de surface, les seules rivières importantes étant frontalières.

le 30/03 à 20h30 : La rivière de galets de Sylvaine Dampierre et Bernard Gomez. (France - 63mn - 2000)
Reportage dans un jardin d’insertion à la Réunion
L’île de la Réunion, département français de l’océan Indien, détient le record de chômeurs où les exclus sont presque majoritaires. D’autres modes d’intégration, de production et d’échanges ont été inventés. Exclus de la marche économique
mais encore profondément liés à leur terre, c’est pour se réenraciner avant même de se réinsérer que les personnages de ce film viennent au " jardin d’insertion ". Il s’agit pour eux d’y reprendre pied.

le 06/04 à 20h30 : Loire c’est noir. (France - 48mn - 2008)
A l’occasion de la semaine du développement durable du 1er au 7 avril
« Loire, c’est noir », l’histoire de l’effet papillon. Où un simple geste peut engendrer une catastrophe à l’autre bout du monde, au gré de réactions en chaîne. Voilà la mondialisation vue par Julien Merlaud, jeune documentariste nazairien de 22 ans. Dans son film, il veut montrer que tout est lié, que tous, nous avons une part de responsabilité dans les dérives du capitalisme, qu’elles soient économiques ou environnementales. Sur la forme, il passe du local à l’international, enchaîne les thèmes dans un zapping d’idées poussé à l’extrême. La première partie du film fait effectivement penser à un journal télévisé hystérique. Cela va du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes à la traite négrière à Nantes. On bifurque vers la corruption à grande échelle en transitant par l’affaire Clearstream ou le CPE. Le procédé peut être jugé hasardeux, gonflé, mais ce serait oublier que l’ambition du réalisateur est moins de faire du « journalisme pointu, je n’en avais pas les moyens, que de susciter la réflexion, les réactions ». Force est de reconnaître que ce patchwork d’images décousues engendre un sentiment de vertige, de confusion, assez évocateur du monde actuel.
Dans la deuxième partie, Julien Merlaud se recentre sur son sujet principal : les dégâts de l’aviation à outrance sur l’environnement. Il s’invite un peu partout, balade sa caméra entre écologistes, ingénieurs, ou représentants d’Airbus et Dassault (allant jusqu’à se faire passer pour un de ses membres à l’Aéroforum à Rennes, scène surréaliste) et démythifie la solution des alternatives écologiques aux actuels carburants. « Il faut avant tout changer les comportements et limiter l’utilisation de l’aviation aux longs trajets ». S’il se défend d’être cynique, il conclut tout de même son film sur une scène tristement ironique. Pour subvenir à ses besoins, il a récemment travaillé comme guide... chez Airbus

Chaque projection est suivie d’une discussion libre entre les participants. L’entrée est gratuite avec une participation aux frais d’organisation facultative laissée à la libre appréciation des spectateurs lors de la sortie. Aucune consommation n’est exigée.

Contact : Laurent HOUY-CHATEAU
Président de l’association Les colporteurs
lescolporteurs@laposte.net

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