US 762 du 30 avril 2016

Enquête Histoire-Géographie réalisée en 2012, parue en ... 2016

Une enquête de la DEPP sur les acquis des élèves en histoire géographie et éducation civique en fin de Troisième vient de paraître... il était temps ! Comment expliquer sa parution quatre ans après sa réalisation, et après la publication des nouveaux programmes ?

Ce dossier se compose de deux parties, l’une sur le primaire, l’autre sur la fin du collège. L’enquête présentée pour le collège est riche de renseignements, montrant une évolution des scores (échantillon d’environ 3 000 élèves) entre 2006 et 2012. Il fait le constat « d’un glissement général des performances vers le bas », dans des proportions quasi identiques pour l’histoire, la géographie et l’éducation civique. Les garçons sont moins nombreux que les filles aux plus bas niveaux de l’échelle et plus nombreux dans les hauts niveaux.

Vite oubliés

En histoire, les exercices portant sur les repères factuels sont peu réussis lorsqu’ils interrogent l’ensemble du programme depuis la Sixième. Cela pose à nouveau la question de l’intérêt de contenus factuels pléthoriques vite oubliés. En géographie, les questions ont porté sur les repères spatiaux, la lecture de paysages. Il ressort que la perception d’anthropisation des paysages est très problématique. Pour l’éducation civique, les résultats viennent démentir les discours ambiants : les élèves ont plutôt bien assimilé les principes républicains. La laïcité est connue de huit élèves sur dix, ainsi que la notion de discrimination. Par contre, les principes les plus mal identifiés sont la « souveraineté populaire » et la démocratie sociale. Dommage que l’on n’ait pu disposer de cette étude avant l’écriture du programme d’EMC...

Donner les moyens de réussir

La conclusion de l’étude mérite cependant d’être soumise à débat : « réussir en histoire-géographie nécessite bien l’assimilation d’une culture historique, géographique et/ou civique en classe et hors la classe. Cela pose en retour la question de la capacité du collège à influencer les pratiques culturelles des élèves dans le sens d’une plus forte appropriation des contenus fondamentaux (...) ». Mais cela pose aussi la question de la capacité du collège à assurer, à tous ceux qui n’ont que l’école pour apprendre, les moyens de réussir cette appropriation des contenus disciplinaires.

Alice Cardoso

Pour analyse plus détaillée, voir en ligne : http://www.snes.edu/Dossier-Enquete-de-la-DEPP-sur-les-acquis-des-eleves-en-histoire-geo-et.html

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