US 724 du 20 octobre 2012

Enseignements de spécialité : dégradation dare d’art

Enseignante dans un lycée de Montélimar en Arts visuels et
plastiques, option de spécialité pour la série littéraire ainsi
qu’option facultative toutes séries, Fabienne Delabarre constate
amèrement la dégradation qui touche cet enseignement.

Depuis toujours, cette discipline est une
spécificité de cet établissement de l’académie
de Grenoble. « Un pilier et une ouverture
culturelle dynamique pour les élèves » selon
Fabienne Delabarre. « En organisant des partenariats
entre la DAAC, le Château des Adhémar
(Centre d’art contemporain) et le lycée, les
élèves rencontrent ainsi régulièrement des artistes. Les cafés littéraires montiliens nous commandent
des projets artistiques, la médiathèque
également. »
Autant d’actions qui permettent de
dire que cette section artistique « fonctionne
très bien »
et assure « le rayonnement de l’établissement
 »
. Les inscriptions augmentent et les
résultats sont bons avec « cette année 100 % de
réussite au bac pour les Terminales L »
.

Plusieurs élèves de cette option ont intégré
des écoles d’art prestigieuses comme l’École
Royale des Beaux-Arts de Belgique ou Arts Déco.

À QUOI BON !

Malgré un bilan très positif, « il faut croire que cela
ne suffit pas à imposer les arts et la culture au
sein de notre établissement »
regrette Fabienne
Delabarre. À cette rentrée, la direction a fait
des choix drastiques fragilisant de fait cette
spécialité. « Regroupement des élèves de Première
et Terminale L, soit 22 élèves qui n’ont absolument
pas les mêmes programmes, en culture
(histoire de l’art) et en pratique artistique »
, ou encore « réduction des moyens horaires normalement
attribués aux L Arts plastiques (8 heures au
lieu de 10 heures), regroupement de tous les élèves
d’option facultative Seconde, Première et Terminale
avec réduction à 5 heures d’un enseignement
qui devrait se faire en 9 heures »
. Autant
de décisions qui dégradent profondément les
conditions d’enseignement et sont contraires à
l’intérêt des élèves.

Soutenue par ses collègues et les parents
d’élèves, elle veut se battre avant que la situation
ne se dégrade davantage. « Les élèves suivant
cette option méritent de travailler dans les
mêmes conditions que leurs camarades des autres
établissements »
estime-t-elle, ajoutant « qu’il
est bien évident qu’avec ces horaires réduits, je
ne pourrai assumer l’ensemble des programmes
qui me sont imposés »
. Une situation d’autant
plus injustifiée que l’ensemble des établissements
de l’académie applique les horaires réglementaires
en offrant des conditions d’enseignement
satisfaisantes.

Thierry Pétrault

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