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Un film d’animation de Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier (France)

"Ernest et Célestine" Sortie en salles le 12 décembre 2012.

Dans le monde conventionnel des ours, on ne peut pas imaginer qu’un des leurs, si marginal soit-il, puisse se lier d’amitié avec une souris.

Ernest, clown et musicien, ne s’est sans doute jamais posé la question. Il s’était toujours rangé à l’opinion générale jusqu’à ce qu’il trouve, un jour de famine, dans une poubelle, une souris endormie.

Célestine est une orpheline en rupture de bans avec le monde souterrain des rongeurs.

Ernest ne voit en elle qu’un mets providentiel mais Ernestine, qui a son franc-parler, se rebelle contre la cruauté des ours et les idées toutes faites des deux communautés.

Un jour qu’Ernest s’est introduit dans la cave où le propriétaire de "La maison du sucre" entrepose sa réserve de confiseries, qu’il est surpris et emmené dans le fourgon de la police, Ernestine lui sauve la mise. En reconnaissance de quoi, Ernest l’aide à voler un sac de dents pour le compte d’un cabinet dentaire de souris, elle qui est une très mauvaise récolteuse de quenottes sous les oreillers des enfants.

L’amitié les saisit et, alors qu’ils sont l’un et l’autre recherchés par la police, ils se retirent dans la cabane d’Ernest où ils coulent une vie heureuse.

Mais un jour, la police retrouve leur trace. Ils sont arrêtés et sont jugés…

Le producteur Didier Brunner possédait vingt petits livres illustrés par Gabrielle Vincent et le soir, il lisait à sa petite fille qui s’en trouvait enchantée, les aventures de l’ours et de la petite souris..

L’auteure des ouvrages qui s’était toujours opposée à la transposition de son œuvre au cinéma, décède en 2000 et en 2008, les éditions Casterman proposent les droits d’adaptation pour une série. Didier Brunner profite de l’opportunité et suggère une adaptation cinématographique pour un long métrage d’animation qui respecterait la qualité des dessins de Gabrielle Vincent.

Ainsi est né le projet d’ "Ernest et Célestine".

Il ne restait plus à Didier Brunner qu’à relever le défi.

Il lui fallait trouver quelqu’un pour écrire un scénario qui ne devait pas reprendre la récit d’un des albums mais être un récit original et respecter l’esprit de Gabrielle Vincent et il pensa à Daniel Pennac.

Et pour réaliser, il s’adressa à l’École d’animation La Poudrière où la directrice le dirigea vers Benjamin Renner qui sortait à peine de l’école.

Une autre difficulté était de rester fidèle au style graphique de Gabrielle Vincent, son traitement des décors à l’aquarelle, ses traits légers qui s’estompent et disparaissent, ses esquisses avec des lignes fortes qui ne cherchaient pas à recréer le volume.

Tout cela, depuis l’idée du long métrage d’animation jusqu’à la collaboration de Benjamin Renner en passant par Daniel Pennac pour le scénario, étaient sans doute les choix qui convenaient puisque le résultat est un film merveilleux qui peut convenir autant à un public de petits qu’à un public d’adultes. Tout le monde trouve son compte avec ce film aux différents niveaux de lecture, réalisé avec autant de drôlerie que de délicatesse, soutenu par un graphisme d’une époustouflante beauté.

"Ernest et Célestine" est l’occasion d’aborder avec les petits le thème des différences, celui des à-priori et des carcans sociaux et d’avoir une explication sur… l’utilisation que font les souris légendaires des toutes les quenottes qu’elles troquent sous l’oreiller, pendant la nuit, contre une pièce de monnaie !

A voir absolument. Le plaisir est garanti.

Francis Dubois

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