A la découverte de l’établissement

Et l’éducation prioritaire ?

Après les RAR, le programme ÉCLAIR imposé en 2010 a démantelé et dévoyé l’éducation prioritaire au profit d’une déréglementation pour les élèves comme pour les personnels. Le creusement des inégalités sociales et la libéralisation de la carte scolaire notamment ont encore accentué les difficultés des établissements qui recrutent sur des territoires défavorisés.
Après de longues discussions, une réforme de l’éducation prioritaire (EP), mise en place à la rentrée 2014 dans 102 établissements, a été étendue à un total de 351 collèges labellisés REP+ à la rentrée 2015. Dans ces établissements, chaque heure d’enseignement est pondérée à hauteur de 1,1, reconnaissant les difficultés d’exercice et libérant ainsi du temps pour mieux faire notre travail.
Les REP+ sont complétés de 740 établissements REP.
La nouvelle carte de l’éducation prioritaire a été définie à partir de quatre indicateurs nationaux (taux de boursiers, taux de PCS défavorisées, taux de redoublants à l’entrée en Sixième, taux d’élèves résidant en zone urbaine sensible), chaque rectorat ayant pour tâche d’ajuster modérément la carte proposée par le ministère après dialogue avec les membres de la communauté éducative.
Force est de constater que, dans la majorité des rectorats, cette carte n’a pas été établie dans la transparence, conduisant à une rupture de confiance et à de nombreux conflits.

REP comme REP+ doivent recevoir les moyens à la hauteur de leurs besoins pour améliorer sensiblement les conditions d’étude des élèves et de travail des personnels afin de centrer les efforts sur les apprentissages scolaires et assurer le même niveau d’exigence pour tous les élèves.
La réduction du temps de service répond partiellement à une de nos revendications et ne doit pas donner lieu à comptabilisation par les équipes de direction : elle est bel et bien destinée à reconnaître la charge de travail particulière des personnels qui exercent en éducation prioritaire. En tout état de cause, les personnels doivent revendiquer de garder la main sur les modalités d’organisation du temps ainsi libéré.
Malgré ses promesses, le ministère refuse le principe d’une éducation prioritaire qui inclurait les lycées. Tous les lycées autrefois labellisés sont donc entrés dans le protocole dit de la clause de ­sauvegarde dès septembre 2015. Il y a statu quo jusqu’en 2017, que cela concerne les primes et les bonifications pour les mutations pour les personnels en place avant 2015.
Nous continuons de demander l’élargissement du nombre d’établissements classés en éducation ­prioritaire.
du temps ainsi libéré. |

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