SNES - FSU

3.1. Qui sont nos élèves ?

Et maintenant, comment relancer la démocratisation ?

18 novembre 2009

 

Il ne suffit pas de mettre tous les élèves dans un même creuset pour produire spontanément de la réussite. Mais il ne faudrait pas pour autant renoncer au principe d’un collège pour tous qui dispense une culture exigeante. Car vivre et s’insérer dans une société développée, y être acteur et citoyen, requiert l’acquisition de savoirs et savoir-faire complexes et une maîtrise critique de l’information. Il faut donc prévenir l’échec de manière précoce et inventer des solutions tant qu’arriveront en Sixième des élèves qui auront peu tiré profit de leur scolarité antérieure. Cela suppose de l’ambition pour tous les jeunes, et un investissement éducatif à la hauteur du défi à relever. Cela suppose de rompre avec la politique budgétaire actuelle qui esquive les besoins des jeunes les plus éloignés de la culture scolaire, et de revenir sur les dizaines de milliers de suppressions de postes réalisées ou à venir. Cela suppose un renouvellement des pratiques et des contenus des enseignants en liens avec la recherche.

Cela suppose aussi de lutter contre le changement de conception que le Ministère prépare pour l’orientation scolaire qui en ferait un instrument d’éviction précoce vers des formations courtes exposant à la précarité plutôt qu’un levier de mobilisation pour favoriser les poursuites d’études et l’accès à de hauts niveaux de qualification.

Quelle réforme pour le lycée ?

La démocratisation est grippée depuis plus de dix ans. Aujourd’hui le taux d’accès au baccalauréat n’a pas progressé pour une classe d’âge depuis 1995. Un tiers d’une génération n’a toujours pas accès au niveau baccalauréat.

La classe de seconde est un enjeu essentiel de la démocratisation : c’est la « la classe de tous les espoirs et de tous les dangers ». Elle doit être repensée pour que ses enseignements de détermination jouent mieux leur rôle sans enfermer l’élève. C’est aussi le niveau où les effectifs sont le plus chargés alors que c’est un temps de rupture et de nouveauté pour les élèves qui demandent aussi un suivi important de la part des enseignants.

Le Snes est particulièrement attaché au maintien des trois voies (générale, technologique et professionnelle). Dans la voie technologique, après la rénovation de la série STG (Sciences et technologies de la Gestion) et de la série ST2S (sciences et Technologies de la Santé et du Social), il agit pour une véritable rénovation de la série STI (Sciences et Technologies Industrielles). Dans les séries Générales, la série Littéraire est en difficulté, le Snes a organisé un stage en février 2008 et fait des propositions pour son avenir (voir site du SNES)

L’année 1008-09 a été marquée par les discussions autour de la réforme du lycée. Le SNES refuse qu’elle soit pilotée par les suppressions de postes annoncées ; Il porte dans le débat les principes et positions qu’il a toujours défendus.

Après le recul du ministère en décembre 2008 face à l’ampleur des mobilisations, Richard Descoings a eu dès janvier une mission d’apaisement : dans son rapport (juin 2009), des mesures du projet Darcos rejetées par la profession seraient abandonnées. Mais le flou des propositions incite à la prudence, d’autant plus que demeurent les 17 000 suppressions d’emplois. De plus, le rapport Apparu de la commission parlementaire (juin 2009) préconise une compilation de mesures combattues par le SNES et des expérimentations, décidées sans transparence voire imposées, sont prévues à la rentrée dans une centaine de lycée sur la base des propositions de la réforme "abandonnée" !

Pour le SNES, il faut trouver des solutions dans l’amélioration des conditions de travail et de suivi des élèves, dans la formation des maîtres, dans de nouvelles méthodes de travail, dans un meilleur suivi des élèves, dans une pédagogie différenciée, dans une transformation des pratiques et du rapport au savoir qu’elles mettent en jeu. Toutes nos pistes de propositions ont un présupposé fort : les élèves, tous les élèves, sont éducables. C’est une valeur commune forte des militants syndicaux du SNES que nous sommes.
L’hétérogénéité des élèves dans une classe est-elle une bonne chose ? Oui, si elle n’est pas trop importante et si elle est gérable, répondent les études en particulier de l’IREDU (Institut de recherche en éducation). Les meilleurs élèves ne progressent pas plus vite ni moins, les moins bons sont "tirés vers le haut" ainsi que les moyens. Au total la profession est plus forte dans une classe hétérogène (cf Chapitre 2).
 
 

Le système scolaire évalué

Un lycée qui s’est diversifié

Un collège "unique" qui ne garantit pas la réussite de tous

Elargissement des publics scolarisés, démocratisation des études