Documentation

Documentation : une fin d’année sous le signe de la déception et de la colère

Le métier de professeur documentaliste s’articule autour de deux missions complémentaires : la formation des élèves à l’Information Documentation et la gestion d’un centre de ressources documentaires . Si le volet gestionnaire fait consensus et ne donne lieu à aucune ambigüité, la mission enseignante du professeur documentaliste, quant à elle, est à l’opposé. Malgré un recrutement par CAPES, l’absence de formalisation de contenus (via un programme spécifique s’appuyant sur les Sciences de l’Information et de la Communication) à enseigner et d’un cadrage national rend complexe et difficile au quotidien l’exercice du métier de professeur documentaliste. Pour exercer pleinement et sereinement leur métier, les professeurs documentalistes sont aujourd’hui toujours dans l’attente de reconnaissance d’une de leurs missions, celle d’enseignant. Si le SNES rappelle son attachement à cette double mission, qui confère toute sa richesse au métier, il est nécessaire aujourd’hui de trouver un équilibre entre les deux missions C’est dans ce sens, que le SNES continuera à porter ses revendications pour le métier de professeur documentaliste dans les prochains mois.

Alors que la rentrée 2014 se plaçait sous le signe des promesses, la fin de l’année scolaire, quant à elle, se teinte de déception et de colère pour les professeurs documentalistes.

Déception, car aucun des textes attendus n’a apporté la réponse souhaitée - et nécessaire - pour la profession :

La circulaire d’application du décret sur les ORS n’a pas suffisamment clarifiée la définition des heures d’enseignements ouvrant droit à un décompte de deux heures pour 1 h laissant ainsi la porte ouverte à toutes les interprétations de la part des chefs d’établissements et des IPR. Le renvoi au local n’est pas acceptable et n’améliorera probablement pas nos conditions de travail dans les établissements à la rentrée 2015. C’est dans ce sens, que le SNES interpellera l’Inspection Générale EVS et la DGRH du Ministère afin de pouvoir obtenir des réponses claires et un cadre pour la prochaine rentrée.

L’apparition de l’Éducation aux médias (EMI) dans les projets des nouveaux programmes n’a pas non plus rassurée la profession. Si, bien entendu on ne peut que se réjouir de la prise de conscience de la nécessité de former tous les élèves aux Médias et à l’Information, on ne peut cautionner le fait qu’aucun rapprochement ne soit fait avec les professeurs documentalistes dont c’est pourtant le domaine d’expertise. L’absence de référence explicite au professeur documentaliste dans l’EMI ne peut qu’interpeller et susciter la colère de la profession. Le Ministère semble toujours méconnaitre notre métier. Pourtant, après les différentes références aux professeurs documentalistes dans les discours de la Ministre de l’Éducation Nationale à la suite des évènements du 7 janvier dernier, nombreux sont les collègues à avoir cru à une reconnaissance de notre métier et à nos missions spécifiques. La désillusion est donc à la hauteur des attentes, importante.
26 ans après la création du CAPES de Documentation, les professeurs documentalistes doivent toujours se battre pour faire connaître – et reconnaître – leurs missions et leur rôle.

Enfin, la réforme du collège ( décidée et actée en catimini) est du même acabit : pas de place pour les professeurs documentalistes hormis peut-être celui d’être un accompagnateur dans le nouveau dispositif pédagogique (un de plus !) des EPI. Cette réforme, dont le décret a été publié quelques heures après une mobilisation importante des personnels, a bien pour objectif de dégrader nos conditions de travail et nos missions. Les EPI, contrairement à ce qui peut être annoncé, ne peut être un dispositif satisfaisant de formation des élèves. La baisse des horaires des disciplines, l’autonomie des établissements pour l’organisation des enseignements n’auront pour seul effet que la mise en concurrence des disciplines et nous soumettre – une fois de plus – à la hiérarchie locale. Comment croire que dans une réforme, qui dégrade les conditions de travail des disciplines et qui casse le cadre national des horaires et des enseignements, il y aura une place pour le professeur documentaliste ? Comment poursuivre les projets menés en collaboration dès lors que les horaires auront diminués et comment pourrons nous défendre l’importance d’une formation aux médias et à l’Information quand les moyens ne seront pas donnés ? Sur quel temps se fera la formation des élèves à l’Information et aux Médias ? D’autant plus qu’aucune instructions officielles ne confient de contenus et de rôle pédagogique explicite aux professeurs documentalistes.

Ces réformes (ORS, programmes, collège) ne répondent pas aux préoccupations des professeurs documentalistes voire les ignorent. Cela n’est pas acceptable. Depuis la rentrée 2014, à l’occasion des différentes rencontres avec les interlocuteurs institutionnels ou les membres du CSP, le SNES n’a cessé pourtant de porter ses revendications pour la profession mais force est de constater que le Ministère a d’autres projets pour ces personnels ! Faut-il pour autant se résigner ? La mobilisation de toutes et tous est encore plus d’actualité pour demander l’abrogation de la réforme du collège et la réouverture des débats pour une autre réforme du collège, dans laquelle le professeur documentaliste ne serait pas oublié. De même, il est important de faire entendre sa voix dans le cadre de la consultation nationale organisée par le Ministère sur les projets de programmes du 11 mai au 12 juin. A ce sujet, notons que dans le questionnaire proposé, si la Documentation apparaît bien comme discipline d’enseignement, aucune référence ou lien n’est fait avec l’EMI. Il est proposé aux professeurs documentalistes de s’exprimer sur un programme sans que celui-ci soit cité. On peut donc légitimement s’interroger sur la manière dont seront exploitées les réponses à cette consultation.

Si le nouveau décret sur les ORS clarifie la possibilité de mener un enseignement et de décompter les heures liées à la mise en œuvre de celui-ci dans son service, l’absence de référence au rôle pédagogique du professeur documentaliste (dans la réforme du collège) et le refus de rapprocher l’EMI des professeurs documentalistes (dans les projets des nouveaux programmes) en dit long sur la méconnaissance du Ministère de nos missions, sur le mépris pour la profession et les personnels ainsi que sur le manque de cohérence dans les réformes engagées et les discours tenus.

En colère et mobilisé :

  • Participer à l’enquête du SNES sur le projet de programme EMI (à venir)

Pour apporter votre contribution : documentalistes@snes.edu

P.-S.

En pièce jointe, les revendications du SNES pour la profession : un tract à diffuser sans modération

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