Education à l’Environnement et au Développement Durable

Etat des lieux

Avec, en 2015, 12,3 millions d’élèves et 2,5 millions d’étudiants le SNES est pleinement conscient, en tant que syndicat d’enseignants et des personnels éducatifs, du rôle de levier essentiel que constitue l’Education pour mettre en œuvre la transition énergétique et écologique de l’ensemble de la société, dans une démarche globale de développement durable.

En France, l’Éducation au Développement Durable a été confiée au service public d’éducation ce qui constitue pour nous un gage de démocratisation. Ainsi ce domaine n’est pas laissé aux seuls médias et au hasard des réseaux associatifs. Mais cette mise en œuvre n’est pas sans poser des problèmes et questions sur lesquelles nous nous interrogeons syndicalement depuis longtemps.

Cette question n’est pas nouvelle pour le SNES : déjà, en janvier 1993, il organisait un colloque national s’intitulant « Enseigner l’environnement ». Monique Vuaillat, alors secrétaire générale de notre syndicat, déclarait : « il serait regrettable que le système éducatif ne développe pas un enseignement capable d’aider progressivement les jeunes à comprendre que l’Homme a franchi une étape décisive dans son rapport avec la nature. Ignorer cela, ce serait renoncer à tout devoir de formation des nouvelles générations ».

Le SNES soutient le plan de généralisation de l’éducation au développement durable mis en œuvre depuis 2004 par le ministère français de l’Education nationale et qui se décline en 3 axes :

  • L’intégration des thèmes et des enjeux du développement durable dans les programmes d’enseignement à tous les niveaux de notre système d’enseignement,
  • Le développement de démarches globales dans les établissements scolaires,
  • La prise en compte dans la formation des enseignants et des personnels d’encadrement, dans et la production de ressources pédagogiques adaptées.

Sur le plan pédagogique, en France, l’éducation au développement durable ne constitue pas un nouveau champ disciplinaire. Les enjeux et défis du développement durable sont intégrés au sein de chaque discipline d’enseignement (français, géographie, technologie, physique, sciences de la Vie et de la Terre éducation physique …). L’éducation au développement durable s’appuie également sur des projets pédagogiques croisant plusieurs disciplines afin de développer notamment le sens critique et la capacité de questionnement des élèves à partir de situations complexes. C’est mise en place pose des problèmes et des défis.

Nous réfléchissons et agissons aussi sur ces questions avec d’autres au sein du Collectif français pour l’éducation à l’environnement vers un développement durable (CFEEDD) avec lequel nous avons notamment participé à l’organisation d’Assises de l’éducation à l’environnement vers un développement durable et avec qui nous sommes en train de préparer le nouveau cycle d’assises 2016-2018. Le CFEEDD organise aussi de nombreuses actions de sensibilisation et d’éducation axées sur les enjeux liés au climat.

Nous nous voulons porteur d’un projet de culture commune émancipatrice qui donne du sens aux savoirs. Les programmes scolaires intégrant l’Education au Développement Durable doivent permettre de développer l’esprit critique des élèves et ne pas tomber dans l’écueil d’un quelconque formatage idéologique. Pour le SNES, le but de cette éducation au développement durable est de contribuer à la formation du futur citoyen capable de faire ces choix à l’abri de toutes pressions politiques, médiatiques. Dans un monde qui se durcit, où les inégalités croissent, où les conflits se développent, il est de la responsabilité du système éducatif de préparer tous les jeunes à une entrée dans la vie citoyenne et professionnelle. Cela signifie qu’il faut donner à tous les jeunes les clefs et les outils de compréhension des enjeux qui vont leur permettre de devenir des citoyens éclairés.

Autres articles de la rubrique Education à l’Environnement et au Développement Durable

  • Contacts
    Thomas Brissaire, professeur de SVT dans l’académie d’Aix-Marseille (thomas.brissaire@snes.edu)Lire la suite (25 mai)