Programmes, socle commun, évaluation

Evaluation des acquis des élèves : via les programmes et non le socle

Des chefs d’établissement, s’appuyant sur des options offertes par certains logiciels (Pronote par exemple), cherchent à imposer une évaluation par compétences du Socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Pourquoi est-ce un contresens ?

Feu le socle de 2005 était conçu comme une liste de connaissances et compétences minimales, tirées ou pas des programmes scolaires, et que tout élève devait maîtriser. Il fallait donc l’évaluer indépendamment des programmes. L’ensemble était prévu pour une validation en acquis / non acquis par item puis par « pilier » dans un document unique, le Livret personnel de compétences (LPC).

Le Socle de connaissances, de compétences et de culture (socle 3c) de 2015 constitue un changement de paradigme. Il n’est plus un minimum mais devient le cadre d’élaboration des programmes de l’école élémentaire et du collège. De ce fait, l’évaluation disciplinaire devient une évaluation du socle. A deux moments de la scolarité correspondant aux fins de cycle, en fin de Sixième et de Troisième, le code de l’éducation a prévu un positionnement des acquis des élèves sur les cinq domaines du socle (dont 4 items pour le domaine 1, les langages pour penser et communiquer, soit au total 8 items). Ce positionnement s’effectue sur une échelle de 1 à 4. En Troisième, il sert à l’obtention ou pas du Diplôme national du brevet (DNB). La nature pluridisciplinaire des item imposera un travail de concertation, qui se matérialisera probablement par une discussion de l’équipe des enseignants de la classe aux alentours du conseil de classe de troisième trimestre.

Évaluer par compétences des item tirés du socle 3c est donc en contradiction avec l’esprit de ce socle et la construction des programmes. En tout état de cause, ce choix relève de la liberté pédagogique des enseignants et n’est en rien une nécessité institutionnelle.

Le SNES-FSU a dénoncé la complexité des modalités d’évaluation du socle en fin de cycle, ainsi que des nouveaux bulletins scolaires. Il refuse l’inflation de travail générée par ces nouvelles modalités et appelle les collègues à ne pas renseigner les nouvelles rubriques des bulletins trimestriels.
Par ailleurs, il donnera en temps utile des consignes quant aux positionnements de fin de cycle.

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