Archives LVER

Expolangues : les langues du monde ou le monde des langues ?

Beaucoup de collègues sont venus au stand du Snes lors d’expolangues qui a eu lieu du 29 janvier au 1 février. Ces collègues venus voir les nouveautés : méthodes, multimédia... nous ont dit leur inquiétude face à l’évolution de l’enseignement des langues vivantes en France.

Bien sûr, il y a des nouveautés intéressantes : nouvelles méthodes pour l’enseignement du français langue étrangère (FLE), nouveaux livres de seconde pour la rentrée 2003 intégrant les nouveaux programmes, mais hélas "le monde des langues", selon le slogan choisi par les organisateurs d’expolangues, est mis à mal dans le service public.

Certaines langues sont en train de disparaître de l’enseignement : l’allemand est la langue la plus touchée actuellement (les suppressions de postes sont de plus en plus nombreuses). Les années passées ont vu presque disparaître des langues comme le russe.
Les langues telles que l’arabe, le berbère sont trop peu enseignées, contre tout bon sens, compte tenu du nombre important d’élèves qui, chez eux, parlent une langue dialectale. L’apprentissage de l’arabe ou du berbère pourrait être une opportunité offerte à tous de s’enrichir d’une pensée, d’une culture au lieu de produire de l’exclusion par manque de prise en compte positive de la différence. De plus, l’enseignement de ces langues dans le service public éviterait le recours par les élèves concernés à des structures non laïques.

Les langues régionales qui étaient à l’honneur à expolangues (stands, conférences) souffrent elles aussi d’horaires insuffisants (l’horaire obligatoire n’est pas respecté) alors qu’elles contribuent à la richesse linguistique de la France. Pourquoi ne pas développer les parcours romans par exemple associant enseignement du français, du latin, de l’occitan, de l’italien ou de l’espagnol quand on connaît les apports cognitifs du plurilinguisme et des études contrastives ?

Pour toutes les langues enseignées,il convient de continuer à dénoncer les conséquences dramatiques de la réforme des lycées (exposition insuffisante à la langue, manque de suivi, représentation dégradée...).

Comment alors continuer à dire que l’apprentissage des langues vivantes est indispensable dans le monde d’aujourd’hui si on s’emploie à casser cet enseignement ? Nous devons continuer à nous battre au niveau des établissements, des académies, au niveau national pour que le monde des langues ne se développe pas au détriment des langues du monde !

Thérèse Jamet-Madec

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