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Un film de Vincent Goubet (France)

"Faire quelque chose" Sortie en salles le 2 janvier 2013

Ils ont été des résistants au cours de la seconde guerre mondiale. Ils avaient autour de vingt ans en 1940. Ils interviennent aujourd’hui en tant que témoins dans le film du jeune réalisateur Vincent Goubet.

Un film que tous les grands collégiens et lycéens devraient voir comme un précieux document sur le devoir de mémoire et apprendre de quelle façon, des jeunes garçons et des jeunes filles parfois à peine sortis de l’adolescence ont su s’engager dans une action de résistance qui a contribué à modifier, à partir de 1940, un cours de l’histoire qu’avait engagé la défaite de la France et la politique pétainiste.

Le film de Vincent Goubet débute par une galerie de portraits. Ce sont ceux de ces hommes et de ces femmes qui avaient, au moment du tournage, entre 87 et 98 ans.

Leurs regards semblent apaisés et d’entrée, nous savons que nous n’aurons pas à faire, avec eux, à des donneurs de leçons. Certains ont un visage connu : Raymond Aubrac, Stéphane Hessel ou Serge Ravanel, mais beaucoup parmi eux, sont des anonymes.

Ils se souviennent et nous transmettent leurs souvenirs. Ils racontent ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont cru, ce à quoi ils croient encore près de soixante-dix ans après cette période mythique de notre histoire.

Ils disent comment la résistance fut faite de beaucoup de petits gestes, de petites actions, de ce "faire quelque chose" qui, décuplé par le nombre de participants, a fini par construire une vague d’opposition.

A les entendre, il y eut aussi des prises de conscience subites, des coups de sang, beaucoup d’intuition, d’émotions, des actes de bravoure mais aussi un cortège d’erreurs, de tâtonnements, de doutes et de déceptions.

"Faire quelque chose" est un portait de la résistance à partir d’expériences individuelles, de récits parcellaires qui évoquent l’action au quotidien.

On apprend ce que représentait à l’époque la fabrication de tracts, compte tenu de la rareté du papier, de l’encre, de la clandestinité. Le danger que cela représentait à chaque étape de la fabrication, mais aussi de la distribution, le porte-à-porte, afin que les français soient informés au mieux.

L’un nous confie ses états d’âme avant un sabotage, un autre sa participation aux attentats antinazis, un autre révèle que celui qui rentrait dans la résistance avait trois mois d’espérance de vie. Un autre encore que rentrer dans le réseau n’était pas chose facile, qu’il ne suffisait pas de l’avoir décidé.

Il n’y avait pas, comme le relatent les livres d’Histoire, que des héros et des traîtres. Et si la Résistance a bénéficié d’une belle énergie fédératrice, elle fut aussi traversée par des conflits entre les différentes tendances, communistes, socialistes, gaullistes.

On comprend mieux en écoutant les témoins qui interviennent dans le film et dont les révélations s’imbriquent à la façon d’un puzzle, les raisons qui les ont amenés à s’impliquer : une force d’indignation, de défense et de refus, une aspiration à entrer instinctivement en opposition avec l’occupant pour gagner du terrain jusqu’à aboutir à l’édification audacieuse d’un programme national de résistance.

Le film de Vincent Goubet nous renvoie à notre époque et à ses nouveaux "occupants". La sécurité sociale, dont on nous rabâche qu’elle est un "trou" abyssal pour nos finances, n’a-t-elle pas été inventée dès 1944 dans une France qui manquait de tout ?

On nous culpabilise avec le coût des hôpitaux, des écoles, des retraites alors que nous sommes des dizaines de fois plus riches et plus productifs que dans la France dévastée au moment de la fin de la seconde guerre.

Il y a peut-être bien "quelque chose à faire" dit un des témoins …

Francis Dubois

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