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Un film de Yousri Nasrallah (Egypte)

"Femmes du Caire" Sortie en salles le 5 mai

Hebba et Karim sont un couple de jeunes journalistes voués à une belle carrière. Hebba anime un talk-show politique dont l’engagement trop ouvertement anti-gouvernemental pourrait, un jour ou l’autre, compromettre la promotion qu’attend son mari au sein de son journal.
Hebba accepte de modifier le contenu de son émission et opte pour le fait divers féminin. Son Talk Show remporte un succès immédiat et passionne des millions de spectateurs avec des histoires vraies nourries de surprises et de rebondissements qui sont autant celles des bas fonds du Caire que de la Jet-set.
Mais où s’arrête la politique et où commence la condition féminine ? Avec une émission qu’elle voulait neutre, Hebba se retrouve en terrain miné et les témoignages people révèlent bientôt abus de toutes sortes, tromperies religieuses, sexuelles et politiques.
Jusqu’au jour où Hebba est amenée à raconter elle-même, sa propre histoire…
Yousry Nasrallah , le réalisateur, et Waheed Hamed, son scénariste, appartenaient à deux "familles" différentes du cinéma. L’un avait réalisé des films peu accessibles, dits d’auteur, et l’autre écrit des sujets pour des réalisations grand public. Mais l’un et l’autre avaient en commun un amour profond du cinéma et une préoccupation sincère pour l’individu confronté aux difficultés de la société moderne. Leur collaboration qui s’est avérée complémentaire débouche sur un film qui, tout en plaisant au regard, compose trois portraits attachants de femmes et trois moments de résistance.

Dans "Femmes du Caire" le rôle des hommes et celui des femmes sont inversés. Les femmes, même dominées, détiennent un certain pouvoir et les hommes deviennent des objets de désir.
En Egypte, 70% des ménages dépendent du travail des femmes. C’est une réalité mal reconnue qui, du coup, ne réduit en rien la misogynie qui règne dans la société égyptienne.
Trois histoires croisées composent "Femmes du Caire". Elles correspondent aux difficultés que traversent en tant que femmes trois "victimes" de cette misogynie. Elles ont, pour certaines pour origine un fait divers réel. Mais les trois récits, s’ils suivent une ligne de narration attendue, prennent tous leur relief lorsqu’ils deviennent des mélodrames reprenant, grâce aux décors intérieurs, aux tenues vestimentaires, aux coiffures impeccables et au jeu affecté des comédiens, le flambeau du cinéma populaire égyptien auquel il ne manquerait que les ritournelles sirupeuses.
Mais l’histoire de ces trois destins croisés de femmes qui rompent avec un conformisme pesant et la morale dominante, dépasse vite les limites du simple mélodrame pour prendre l’ampleur d’ un film politique, d’une étude plus subtile qu’il n’y paraît au premier abord, d’une société dont la misogynie naturelle subit avec des points de résistances, des modifications profondes incontournables.
"Femmes du Caire" est un film qui trouve un bel équilibre entre la tradition cinématographique égyptienne et le film engagé. Un récit où l’amour et le business passent par de nouvelles règles.
Francis Dubois

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