US 745 du 27 septembre 2014

Formation complémentaire <BR>Penser sa mise en oeuvre

Si les volontés affichées vont dans le bon sens, le ministère ne prévoit aucun moyen supplémentaire pour le retour en formation des jeunes sans diplômes.

La loi de refondation de l’École a prévu un retour en formation pour les jeunes de 16 à 25 ans qui sortent de formation initiale sans diplôme autre que le brevet. La loi sur la formation professionnelle a repris également ce concept permettant l’exercice de ce droit dans le cadre de la formation continue des adultes. Les textes réglementaires, décrets, arrêtés, circulaires sont en cours d’élaboration, les premiers ont été soumis au CSE du 18 septembre.

Deux projets de décrets définissent la mise en oeuvre de ce droit à « une formation complémentaire ». L’un garantit aux jeunes une possibilité de retour en formation s’il n’a pas obtenu de diplôme. L’autre indique que l’État « assure et encourage » les actions de qualification pour les jeunes qui sont sortis avec un diplôme non professionnel, un bac général ou certains diplômes du sup.

Droit à une formation qualifiante pour les 150 000 jeunes qui sortent chaque année sans diplôme et possibilité d’une qualification professionnelle pour ceux qui veulent s’insérer, une telle ambition marque une rupture avec les politiques qui rendaient chaque jeune responsable de ses succès ou de son échec...

Mais malheureusement, le ministère ne prévoit aucun moyen supplémentaire pour le retour en formation de ces jeunes, en gros, ils pourraient aller là où il y a des places vacantes, en lycée surtout professionnel, en apprentissage ou en formation continue. Pourtant les chiffrages sont énormes ; 600 000 jeunes à « traiter » en quelques années.

SÉCURISER LES RETOURS EN FORMATION

Au-delà des moyens, aucune réflexion n’a été menée sur la question de ce que cela veut dire que de faire revenir des jeunes non qualifiés en formation initiale, c’est-à-dire là où, précédemment, ils ont échoué. Quelles structures ? Quels parcours ? Quels contenus ? Quelles pratiques ? Quelle formation pour leurs enseignants ?... Sans réponses à ces questions, on est proche de l’effet d’annonce et on risque fort de voir les jeunes, qui bénéficieraient de ce droit, se retrouver de nouveau en difficulté et aller vers un second échec. Il importe que ces textes soient accompagnés d’une réelle réflexion sur la sécurisation des retours en formation, le SNES cherchera à imposer cette réflexion et contribuera à l’enrichir.

Thierry Reygades

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