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Un film de Tate Taylor (USA)

"Get on up" Sortie en salles le 24 septembre 2014.

James Brown était un précurseur. Il a été célèbre sous de nombreux pseudonymes : "Monsieur Dynamite", "Le parrain de la Soul" ou " Le travailleur le plus acharné du Show business".

Le film de Tate Taylor permet de découvrir l’homme derrière la légende.

Né dans la grande pauvreté en Caroline du Sud, en plein dans la grande dépression en 1933, il a vécu des premières années difficiles.

Abandonné par sa mère quand celle-ci subissait des violences de la part d’un époux instable, puis par son père qui le confie à une parente, il connaîtra les maisons de redressement et plus tard la prison pour avoir chapardé un costume.

Puisque personne jusque-là ne lui a défini les limites, il va se prendre lui-même en charge et tenter de définir tout seul les règles du jeu.

Ses expériences difficiles de boxeur ou de chanteur de rue contribueront à canaliser l’énergie brouillonne d’un être dont il ne restera plus qu’à découvrir les qualités humaines.

Sa rage de vivre va le conduire à la célébrité et l’amener à devenir l’un des interprètes les plus influents qui allait marquer la scène Soul ou Funk et qui continue d’inspirer la plupart des artistes reconnus aujourd’hui.

Le film de Tate Taylor respecte tous les codes du "biopic". Il insiste sur les années déterminantes de l’enfance quand le gamin, déjà occupé par la musique, devait faire face à des priorités plus immédiates. Sur cet épisode certes important, les scénaristes n’ont pas fait dans la nuance : la maison est une pauvre masure au fond d’un bois, la présence du père est épisodique, la mère battue finit par quitter la maison pour mener ailleurs une vie dissolue.

Les années d’adolescence ne sont guère plus constructives. A la maison de correction succèdent les années de prison pour de menus larcins.

Le virage s’opérera quand il sera accueilli dans une famille où, pour la première fois de sa vie, il va connaître la sérénité et l’affection.

Il n’en faudra pas plus pour que son talent de chanteur explose et qu’il soit immédiatement reconnu.

Auprès de la formation qu’il avait intégrée adolescent et qui évolue vers le jazz et le blues, il se produit dans les clubs du Chitlin circuit.

Bientôt le groupe " The famous Fla mes " voit le jour et survient un premier succès " Please, please, please" . On est 1956.

Pourtant au sommet du succès, pour des raisons internes, le groupe explose. Mais même s’il est affecté par la séparation, James Brown ne tardera pas à rebondir et à fasciner son public avec sa musique, sa forte personnalité et son énergie animale.

Crooner de premier ordre, il a su naviguer en jouant sur les contrastes. Aussi émouvant que charismatique ou cruel, il pouvait écrire et chanter des ballades et passer sans transition à des rythmes endiablés. Sa voix était capable de monter en flèche ou de descendre en vrille et de passer de l’âpreté à la tendresse.

Mais son influence ne se limitera pas à la musique. En avril 1968, lors du concert de Boston Garden, il jouera le rôle de pacificateur après l’assassinat de Martin Luther King et évitera par sa simple intervention, une émeute.

En février 1969, " Look Magazine " titre à son propos : "Est-il l’homme le plus influent d’Amérique ?"

La force de son talent lui permettra de traverser sans en souffrir les différentes ères musicales et ceci même lorsque le funk céda son trône au Hip-Hop.

Tate Taylor, dans la construction de son film a laissé une large place à la musique, multipliant les scènes de concert ou de répétition. Mais il n’en néglige pour autant, l’environnement intime de la star, les personnages annexes récurrents, créant dans certaines séquences une atmosphère de douceur et d’humanité.

Quant au personnage de James Brown, il lui donne l’ampleur de l’immense vedette qu’il a été avec tout ce que ceci implique de caprices, d’autoritarisme aveugle ou de perte de la notion du respect de l’autre.

Pourtant, il se dégage du personnage et de ses mouvements variables d’humeur, une sorte d’empathie. Les démonstrations de sa grande énergie y contribuent mais peut-être aussi, lorsqu’apparaît en filigrane, sa fragilité et une lointaine solitude…

Francis Dubois

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